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La drôle de lettre de Jawad B., «bouquet missaire», «marchand de sommeil à ses heures perdues»

Montage à partir d'une capture d'écran de l'interview de Jawad B. à BFMTV le 18 novembre 2015 | Slate.fr

Montage à partir d'une capture d'écran de l'interview de Jawad B. à BFMTV le 18 novembre 2015 | Slate.fr

Le logeur des responsables présumés des attentats de Paris et Saint-Denis a envoyé une missive aux juges d'instruction pour clamer son innocence.

Le 18 novembre dernier, après que le Raid a lancé son assaut contre l'appartement où séjourneait Abdelhamid Abbaoud, le responsable présumé des attentats de Paris et Saint-Denis, un homme surgit devant les caméras de BFMTV: Jawad Bendaoud.

«J’étais pas au courant que c’était des terroristes, moi. […] Si je savais, vous croyez que je les aurais hébergés?»

La France, encore sous le choc, voit cet homme se faire arrêter par la police alors qu'il est encore au micro de BFMTV. Sa supposée candeur est moquée par de très nombreux internautes, il devient le bouffon dont le pays avait besoin. Il est alors mis en garde à vue pendant six jours avant d'être mis en examen et incarcéré à la maison d'arrêt de Villepinte. Une enquête du Monde révèlera ensuite que Jawad Bendaoud en savait plus qu'il ne voulait bien le dire.

«Je mangeais des lentilles au bœuf dans le salon…»

L'Obs publie aujourd'hui une lettre qu'il a envoyée à l'un des juges chargé du dossier des attentats du 13 novembre pour dire son son innocence. «L’écriture est régulière, ronde, presque enfantine», note l'hebdomadaire à propos de cette lettre de dix-huit pages transmise en décembre dernier. S'il n'y a là pas matière à rire, sa maîtrise de la langue française et son propos suscitent une nouvelle fois les moqueries.

Voici ce qu'il écrit pour justifier qu'il n'a pas réalisé que les personnes qu'il logeait étaient impliquées:

«Je mangeais des lentilles au bœuf dans le salon avec mon père, à aucun moment le mot “Belgique n’a été évoqué, raconte-t-il encore. Il y avait une pancarte de Paris, une carte avec des dessins d’explosion. [...] Je ne savais pas que des Belges avaient participé à des attentats. Si j’avais su oui, j’aurais pu tilter.»

 

«Le monsieur Abaoud, le chef de Daech ou je ne sais pas quoi, je ne l'ai vu que 5 minutes, le temps qu'il soit rentré dans l'appartement et que je lui fasse visiter.»

Pour expliquer son activité:

«Je suis marchand de sommeil à mes heures perdues. (...) Je n'ai rien à voir avec Daech, ni de loin ni de près.»

Il dit ne pas vouloir devenir le «bouquet missaire» (!) de cette affaire, vivre un enfer et ne pas avoir bien vécu toutes les blagues qui ont été faites après son passage à la télévision, qu'il dit ne pas avoir demandé. L'Obs souligne, toutefois, qu'il n'explique pas un point très important de l'enquête, un coup de fil reçu de Belgique.

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