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Être quasiment mort de froid peut vous sauver la vie

Les pieds dans la neige (image d’illustration) | stuartpilbrow via Flickr CC License by

Les pieds dans la neige (image d’illustration) | stuartpilbrow via Flickr CC License by

Le froid extrême peut mener à la perte de conscience et à la mort. Mais, parfois, le refroidissement du corps se produit à un rythme qui permet de protéger la personne de la mort.

En février 2014, Justin Smith est tombé en rentrant chez lui et il a passé douze heures dans la neige, par une température de -20 degrés Celsius. Quand son père l’a retrouvé, il avait l’air mort, son cœur ne battait plus et ses lèvres étaient bleues mais, comme l’explique le Washington Post, le fait de presque mourir de froid lui a sauvé la vie.

Un médecin aux urgences de l’hôpital local a lancé le processus de réanimation cardiaque, décidant de suivre ce dicton d’urgentiste: «Tu n’es pas mort tant que tu n’es pas chaud et mort.»

 

Le personnel médical a effectué des massages cardiaques pendant deux heures et Smith a ensuite été transféré dans un autre hôpital, où il a été réanimé par une machine d’oxygénation par membrane extracorporelle. Son cœur s’est remis à battre et, c’est ce qui est remarquable dans son cas, son cerveau n’a pas été endommagé.

«Lorsque le corps atteint des températures très basses, cela peut préserver le cerveau et le fonctionnement des autres organes», a expliqué un des docteurs au site Medical Daily

Préserver les organes

Le froid extrême ralentit la respiration et le rythme cardiaque à des niveaux dangereusement bas, qui mènent à la perte de conscience et à la mort. Mais, parfois, le refroidissement se produit à un rythme qui permet de protéger la personne de la mort: le métabolisme ralentit et les cellules ont ainsi moins besoin d’oxygène, ce qui les protège d’une dégradation fatale. Smith s’est donc réveillé avec un fonctionnement cérébral intact et, alors qu’il était donné pour mort, il s’en est sorti en perdant ses orteils et ses deux auriculaires.

Le docteur Gerald Coleman, qui a permis de réanimer Justin Smith, a ensuite appris que son patient avait la température corporelle la plus basse (moins de 20 degrés) jamais enregistrée pour quelqu’un ayant survécu un cas d’hypothermie.

Depuis quelques années, les médecins se demandent si ce genre de froid extrême peut être utilisé pour préserver les organes de personnes qui se retrouvent aux urgences. Plusieurs interventions expérimentales de ce genre ont déjà eu lieu dans deux hôpitaux américains. 

Dans un hôpital de Pittsburgh, des chirurgiens introduisent une solution saline dans les artères de personnes blessées par arme à feu, afin de faire descendre leur température corporelle, ce qui permet aux docteurs de gagner du temps tout en préservant le fonctionnement du cerveau.

Il s’agit d’un traitement encore au stade expérimental mais qui est aussi utilisé pour soigner des bébés prématurés. En 2013, le Wall Street Journal expliquait que les prématurés qui souffrent de traumatisme cérébral sont placés sur une couverture avec un liquide froid qui fait baisser leur température de 6°C, ce qui permet aux docteurs d’avoir soixante-douze heures pour gérer une crise médicale tout en préservant le fonctionnement cérébral de l’enfant.

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