Les parkings vont-ils disparaître?

Les parkings bondés sont-ils voués à disparaître? | Nic Redhead via Flickr CC License By

Les parkings bondés sont-ils voués à disparaître? | Nic Redhead via Flickr CC License By

Une ville entière qui passerait au modèle des voitures automatiques mutualisées économiserait 90% de l’espace de parking actuel.

Que fait une voiture 95% du temps? Elle est garée sur une place de parking. Depuis que le marché de l’automobile a explosé au milieu du XXe siècle, les villes ont dû réserver voire sacrifier une part importante de leur espace pour les entreposer. Des chercheurs ont estimé que les États-Unis disposait d’environ 1 milliard de places de parking, quatre fois plus que de véhicules. Mis bout à bout, ces parkings s’étendraient sur un État plus grand que le Connecticut, signale un article de Mother Jones.

Or cet article se penche sur l’impact que pourrait avoir la voiture automatisée, si elle se généralisait, sur ces espaces de stockage. L’automatisation de l’automobile irait de pair avec un changement de statut des véhicules, qui seraient non plus des biens individuels mais une vaste flotte de voitures à l’usage partagé, sur le modèle des courses urbaines que déploie Uber, qui planche d’ailleurs sur la question des voitures sans chauffeur.

Kara Kockelman, spécialiste de l’ingénierie du transport à l’université de Texas-Austin, estime par exemple qu’une voiture sans chauffeur pourrait remplacer douze voitures classiques. Ces véhicules passeraient beaucoup moins de temps immobilisés puisqu’ils seraient utilisés en permanence par un voyageur et ils auraient, en outre, moins de distance à maintenir entre eux sur les routes. L’optimisation serait d’autant plus importante que les usagers de services de VTC plébiscitent déjà le covoiturage avec d’autres passagers allant vers la même destination.

Économie d’espace

Selon le modèle de la chercheuse, une ville entière qui passerait au modèle des voitures automatiques mutualisées économiserait 90% de l’espace de parking actuel. Cet espace ainsi libéré pourrait se transformer en parcs ou corridors verts, comme l’ont expérimenté les villes de Seoul ou de New York.

Concurrençant à la fois le transport individuel et en commun, la voiture autonome est pour l’instant un projet développé par des entreprises privées, qui, si le marché s’ouvrait, pourraient rapidement devenir hégémoniques sur ce secteur. Avec comme conséquence une privatisation des données de déplacement, pourtant essentielles aux pouvoirs publics pour comprendre et adapter le système de transports urbains.

En attendant le jour encore lointain où les Google Car et les berlines Uber automatisées auront remplacé les voitures individuelles, des municipalités ont déjà mené des politiques visant à réduire l’espace grignoté par les parkings, souligne l’article de Mother Jones. Par exemple en mettant au point une tarification fluctuante des places, en fonction de la demande aux différentes heures de la journée. Ou bien comme à Los Angeles en demandant aux promoteurs de ne prévoir plus que 1,3 place de parking par logement au lieu de deux.

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