Égalités / Monde

Au Japon, il est enfin illégal d'interdire aux pop stars d’avoir des petits amis

Temps de lecture : 2 min

Jusqu’à présent, la jurisprudence japonaise autorisait l’obligation faite aux membres de girls band d’être célibataires.

Au Japon, les membres des girls band doivent donner l’impression d’être pures, et donc célibataires (image d’illustration) | David, Bergin, Emmett and Elliott via Flickr CC License by

Les chanteuses de girls band japonais ont un droit constitutionnel à avoir des relations amoureuses. C’est la conclusion rendue le 18 janvier par le juge d’un tribunal de Tokyo, qui a déclaré qu’une pop star de 23 ans ne pouvait pas être obligée de payer une amende pour le simple fait d’avoir eu une relation amoureuse, rapporte le quotidien Asahi Shimbun.

La société de production de la chanteuse, qui est restée anonyme, lui avait demandé de payer 9,9 millions de yens (soit plus de 77.000 euros) pour avoir dérogé à son contrat, qui stipulait qu’elle ne devait pas avoir de relations avec ses fans.

«Pouvoir sortir avec un membre du sexe opposé fait partie du droit à la poursuite du bonheur. Même en tenant compte du contexte particulier aux groupes d’idoles, ce genre d’interdiction est excessif», a déclaré le juge Katsuya Hara.

Au Japon, il est attendu que les membres de girls band (souvent qualifiées d’«idoles») soient pures et innocentes mais aussi célibataires, afin de mieux alimenter les fantasmes des fans, qui peuvent ainsi imaginer avoir une chance avec la fille de leurs rêves.

Réputation

La chanteuse qui vient de gagner son procès avait signé son contrat en 2012 et commencé à sortir avec un fan en 2013, puis avait demandé à quitter le groupe et n’avait pas participé à un concert prévu. Or, pour le juge, la société de production ne pouvait légitimement obtenir une compensation que s’il était prouvé que la star avait révélé sa relation dans le but explicit de nuire à la réputation de l’agence.

La décision du juge Katsuya Hara est un revirement de jurisprudence par rapport à un procès de septembre 2015, au cours duquel un autre juge avait conclu qu’une chanteuse de 17 ans devait bien payer une amende de 650.000 yens (plus de 5.000 euros) pour avoir eu une relation avec un jeune homme.

«La révélation qu’une idole s’est associée à un membre du sexe opposé dégrade son image», avait alors déclaré le juge Akitomo Kojima.

Lorsqu’elles ne payent pas d’amendes, il arrive que les idoles se punissent elles-mêmes. C’était notamment le cas de Minami Minegishi (du groupe AKB48), qui s’était rasé la tête et avait posté une vidéo d’excuse lorsqu’il avait été révélé qu’elle avait passé la nuit chez son petit ami.

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