Un écolier musulman interrogé par la police pour avoir écrit «terrorist house»

Officiers de police britanniques (image d’illustration) | Matt J Newman via Flickr CC License by

Officiers de police britanniques (image d’illustration) | Matt J Newman via Flickr CC License by

Un petit musulman de 10 ans a fait une erreur d’anglais qui lui a valu une visite de la police.

En Angleterre, un élève musulman de 10 ans a fait une erreur d’anglais qui lui a valu une visite de la police: en décembre, il a écrit à l’école qu’il vivait dans une «maison terroriste» au lieu d’une «maison de ville». En anglais, «terraced house», expression qui désigne les maisons de ville en rangée typiquement anglaises, ressemble un peu à «terrorist house» et l’enfant s’est trompé de mot, rapporte la BBC.

Le jour suivant, la police du Lancashire est venue interroger le garçon chez lui et l’ordinateur de ses parents a été examiné.

Les enseignants de l’école primaire n’ont pas pensé qu’il s’agissait d’une erreur de langue et ont donc signalé l’enfant aux autorités, conformément à une nouvelle loi sur le contre-terrorisme, selon laquelle les professeurs ont le devoir d’alerter la police lorsqu’un élève est soupçonné d’être en voie de radicalisation.

Réaction excessive

La famille de l’enfant, qui n’a pas été nommé par les médias pour protéger son identité, dit avoir été choquée par l’incident et demande à la police et à l’école de leur présenter des excuses.

Depuis l’été 2015, le Counter-Terrorism and Security Act oblige plusieurs institutions, dont les écoles, à participer à la prévention de toute radicalisation extrémiste potentielle en leur sein. Selon les recommandations du gouvernement, les enseignants sont tenus de repérer les enfants qui pourraient se radicaliser et de les référer à Channel, un programme antiradicalisation. Les critiques de ces mesures maintiennent que cette obligation les encourage trop souvent à réagir de manière excessive.

Par exemple, la famille d’un autre enfant musulman a lancé une action judiciaire contre l’école de leur fils, qu’ils accusent de discrimination. Lors d’un cours de français sur l’environnement, le collégien de 14 ans avait parlé d’«écoterrorisme» et, une semaine après avoir prononcé ce mot, il avait été interrogé par des spécialistes lui demandant s’il avait des liens avec l’État islamique...

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