Égalités / Monde

Des discothèques danoises interdisent les réfugiés qui ne parlent pas anglais, danois ou allemand

Temps de lecture : 2 min

Le comportement de certains nouveaux arrivants est critiqué.

La page Facebook du Buddy Holly, un des clubs concernés.
La page Facebook du Buddy Holly, un des clubs concernés.

Au Danemark, plusieurs femmes se sont plaintes d'avoir été harcelées par des demandeurs d'asile dans des boîtes de nuit des villes de Thisted, Haderslev et Sonderborg. Depuis, au moins trois établissements ont mis en place une règle destinée à interdire la plupart des migrants: seuls les clients qui parlent anglais, danois ou allemand sont acceptés, rapporte The Local.

C'est notamment le cas de Buddy Holly, une discothèque de Sonderborg, où seuls les anglophones, germanophones et danophones sont autorisés à l'intérieur. Et selon l'association danoise des restaurants et boîtes de nuit, plusieurs autres établissements songent à des mesures similaires.

Une mesure discriminatoire

Le directeur de cette association a ainsi tenté de justifier l'interdiction par aptitude linguistique:

«Si vous avez un groupe de clients qui a un comportement menaçant, alors cela constitue un problème de sécurité si vous ne pouvez pas dialoguer avec eux.»

Pour la section locale d'Amnesty International, ce genre d'interdiction générale en fonction de la langue est clairement discriminatoire.

Interviewé par le Copenhagen Post, le propriétaire d'une discothèque de Haderslev, lui-même d'origine syrienne, critiquait ainsi le comportement des nouveaux arrivants syriens:

«Parmi les réfugiés et demandeurs d'asiles qui sortent le soir, beaucoup ne connaissent pas les règles. Quand ils voient une fille, ils deviennent fous, ils essayent de la toucher ou de s'agripper à ses vêtements.»

Codes sociaux inadaptés

Certains établissements ont embauché plus de gardes de sécurité, mais un effort d'éducation des réfugiés est aussi en cours dans le pays. Selon la chaîne de télévision publique DR, citée par l'AFP, des assistantes sociales se rendront ce mois-ci dans deux centres d'accueil de demandeurs d'asile à Sonderborg afin d'expliquer les codes sociaux à adopter en soirée.

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«Ce n'est pas parce qu'une femme sourit qu'il faut aller s'installer près d'elle et la toucher. C'est évident que c'est inacceptable dans la société danoise, et personne ne doit avoir de doutes à ce sujet», avait affirmé une des femmes à l'initiative de ce projet éducatif.

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