«Un muffin = 25 minutes de course»: une indication utile sur les étiquettes?

Des exemples d'emballages créés par la RSPH/ Capture d'écran de la Royal Society for Public Health. 

Des exemples d'emballages créés par la RSPH/ Capture d'écran de la Royal Society for Public Health. 

Une association anglaise travaillant sur l’amélioration de la santé publique souhaite mettre en place des étiquettes alimentaires indiquant combien de minutes d’activité physique sont nécessaires pour brûler les calories que l’on s’apprête à ingérer.

Un petit paquet de chips, c’est 171 calories, que l’on peut brûler en trente-et-une minutes de marche ou seize minutes de course à pied… Est-ce que ce genre d’information peut nous aider à faire des choix alimentaires plus sains? Au Royaume-Uni, la Royal Society for Public Health (RSPH) affirme que oui.

Cette association dédiée à la santé publique via l’information et l’éducation a en tout cas appelé à inscrire sur les étiquettes un «équivalent d’activité», des pictogrammes servant à montrer combien de temps d’exercice serait nécessaire pour brûler les calories contenues dans les aliments ou boissons. Le Guardian explique ainsi que l’organisation a diffusé des exemples d’emballages pour inspirer les industriels et le gouvernement, montrant un personnage en train de courir, de nager ou de faire du vélo avec le nombre de minutes de sport correspondant à l'élimination des calories contenues dans le produit. 

Comme le rapportait Slate.fr en 2014, Sarah Bleich, professeur de santé publique à l’Université John Hopkins, a déjà fait des expériences sur cette mesure à Baltimore: l’effet dissuasif escompté avait bien été observé. Ashlei James, étudiante dans une université texane, avait réalisé le même genre de tests en 2013, avec les même résultats.

Régime alimentaire

Pour la RSPH, les consommateurs sous-estiment donc le temps d’exercice équivalent à des produits de tous les jours: généraliser ces indications pourrait donc aider à lutter contre l’obésité. D’après une étude réalisée pour le compte de l’organisation, les deux tiers des Anglais seraient favorables à une telle mesure: 53% des 2.010 adultes interrogés ont déclaré que cela les pousserait à faire des changements de comportements positifs: choisir des produits plus sains, manger des petites portions, faire plus d’exercice physique…

Shirley Cramer, la directrice de la RSPH, déclare dans le communiqué de l'association:

«L’inscription de l’équivalent d’activité sur les étiquettes fournit un moyen simple de rendre les calories contenues dans les aliments et les boissons plus reliées à la vie quotidienne des gens, tout en rappelant doucement aux consommateurs la nécessité de conserver un mode de vie actif et un poids de forme.»

Cette mesure, qui rattache une donnée concrète de la vie quotidienne à un nombre de calories quelque peu abstrait, peut cependant être jugée assez simpliste. D’abord, nous avons tous des métabolismes différents et on ne brûle pas le même nombre de calories pour un même exercice physique (sans compter que l'on court ou nage à des vitesses et intensités différentes!). Les chiffres sont donc purement indicatifs.

En outre, toutes les calories ne se valent pas et ces indications font l'impasse sur l'équilibre global de l'alimentation. Asseem Malhotra, cardiologue qui conseille le National Obesity Forum, explique ainsi au Guardian qu’il faut tout faire pour encourager l’activité, mais que, «ce que ce genre d’étiquettes ne fait pas, c’est expliquer que des calories différentes ont des effets métaboliques différents sur le corps». Pour lui, il faut faire attention à ne pas donner l’impression que l’ont peut compenser un mauvais régime alimentaire en faisant beaucoup de sport. 

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