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Les sympathisants de gauche sont tout aussi dogmatiques que les conservateurs

Les anciens présidents George H.W. Bush et son fils George W. Bush à Dallas, Texas, le 25 avril 2013 | REUTERS/Mike Stone

Les anciens présidents George H.W. Bush et son fils George W. Bush à Dallas, Texas, le 25 avril 2013 | REUTERS/Mike Stone

Une série d’études remet en question l’idée selon laquelle les conservateurs auraient des opinions politiques plus bornées. Tout dépendrait plutôt des thèmes abordés.

Les recherches sur les opinions politiques aboutissent souvent au constat selon lequel les conservateurs (ou hommes politiques de droite) sont plus dogmatiques que les libéraux (ou ceux de gauche). Une équipe de chercheurs examine la question à nouveaux frais dans la revue Political Psychology, et remet en cause le consensus.

Pour le psychologue Lucian Gideon Conway et son équipe, le dogmatisme, défini comme l’ensemble des croyances établies fermées à la discussion, est aussi fort chez les sympathisants de gauche que chez ceux de droite. Pourtant, les expériences menées en utilisant une échelle de dogmatisme créée dans les années 1960 ont tendance à associer les conservateurs à une rigidité politique plus prononcée. Il se trouve que pour les auteurs de l’étude, cette échelle est biaisée, car elle accorde trop d’importance à des thèmes qui sont généralement plus importants pour les conservateurs, comme la religion ou la défense nationale.

En mettant au point une échelle de mesure du dogmatisme moins biaisée, c’est-à-dire accordant de l’importance à des sujets clivant prisés à droite (la religion) ou à gauche (l’écologie et la lutte contre le réchauffement climatique), les chercheurs ont constaté des niveaux comparable des opinions dogmatiques dans chaque camp politique. En particulier, les libéraux adhéraient à l’idée que celui ou celle qui satisfait avant tout la recherche de son bonheur individuel, au détriment de l’environnement, méritait le mépris.

Les chercheurs ont ensuite voulu tester une autre hypothèse généralement avancée: les conservateurs auraient moins tendance à considérer les différents points de vue sur un sujet. Or là encore, l’équipe a constaté que ce degré de complexité dépendait plutôt du thème abordé. Les conservateurs ont montré plus de complexité dans leur approche de la peine de mort ou des réfugiés, quand les sympathisants progressistes ont fait preuve de plus de complexité sur d’autres enjeux, comme les relations sexuelles avant le mariage ou la Bible. Cette forme de parallélisme dans les deux camps politiques se retrouverait d'ailleurs chez les candidats, en tout cas ceux de l'élection présidentielle américaine de 2004, dont les discours ont été analysés: George W. Bush comme John Kerry développaient chacun une pensée plus articulée que l'autre sur certains sujets.

Précisons que l’étude est relatée par Reason, un site libertarien. Mais le journaliste l’assure, il n’a pas d’opinions dogmatiques, seulement des opinions bien informées...

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