L'économie repart, sans force
Industriels et banquiers sont bien moins optimistes que les gouvernements.
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Le G20 de Pittsburgh s'était félicité de la reprise dans une formule qui restera célèbre: «ça a marché». Les plans de relance et les facilités monétaires des banques centrales, unies dans le même effort de Washington à Camberra, de Londres à Brasilia, sont parvenus à stopper l'hémorragie de l'économie mondiale. La Grande dépression de type 1929 a été évitée. Dès lors la question se pose: faut-il débrancher le malade sachant que les frais engagés pour le sauver se montent déjà à plusieurs milliers de milliards de dollars? Est-il temps d'envisager un repliement des aides et à un durcissement des politiques monétaires?
Les banques vont bien, au moins en apparence. Toutes engrangent des profits comme avant la crise, voire meilleurs, et elles commencent des deux côtés de l'Atlantique à rembourser les Etats. C'est le cas, en peu de jours, de BNP Paribas et de la Société Générale en France pour un total de près de 10 milliards d'euros, preuve de leur bonne santé. D'ailleurs les «stress tests» effectués en Europe pour soumettre les banques à des hypothèses de fortes dépressions ont montré qu'elles pouvaient «tenir le coup». Les banques iraient donc bien. Pourtant le scepticisme du patron de HSBC doit inciter à la prudence.
Car il confirme les calculs du FMI (Fonds monétaire international): les institutions financières n'auraient effacé que la moitié de leurs pertes subies pendant la crise. Et c'est pour cela que le risque d'un nouveau plongeon dans une spirale dépressive ne peut pas être écarté. Ces pertes sont de 3 400 milliards de dollars selon le FMI, un peu moins que l'estimation précédente de 4 000 milliards de dollars des mêmes économistes du Fonds monétaire international. Pour se recapitaliser et être en mesure de prêter de façon normale aux économies, il faudrait encore que les banques européennes lèvent 310 milliards de dollars et les américaines 130 milliards. On en est loin, ce qui signifie que les circuits financiers ne sont pas assainis et qu'ils ne le seront pas avant longtemps et que le crédit continue à être rare.
Voilà pourquoi les industriels sont en général sceptiques, et en tout cas prudents. C'est le cas de General Electric, la plus grande entreprise industrielle du monde. Les pays émergents repartent plus vite que les pays riches mais la reprise chinoise ralentit déjà, explique Nani Beccalli. Les sidérurgistes tablent sur une chute de 15% de leurs ventes cette année et le marché ne repartirait que de 5-8% en 2010. Dans les autres secteurs, les carnets de commandes s'améliorent aussi mais très lentement pour le bâtiment ou de façon artificielle et grâce aux aides publiques dans l'automobile.
L'économie mondiale repart mais sans réelle force. La croissance ne sera que de 1% dans les pays riches l'an prochain, selon le FMI. Le chômage en hausse partout (il a doublé aux Etats-Unis) pèse sur le moral des ménages. En outre, chacun sait que la dette accumulée va contraindre un jour ou l'autre à relever les impôts, mieux vaut donc épargner. Conséquence: il ne faut plus trop compter sur le moteur de la consommation, elle montre d'ailleurs des signes de faiblesse dans les pays où elle était la plus résistante comme en France.
Il faudrait pour bien faire que l'investissement privé reprenne et vienne progressivement prendre le relais des dépenses des Etats. Mais c'est là que le crédit bancaire manque: il est encore rare et, demain, une remontée probable des taux d'intérêt va le rendre aussi plus cher. «Ca a marché». Oui, mais le travail est loin d'être achevé. Les économies sont en convalescence et pour longtemps.
Eric Le Boucher
Lire également: Une reprise lente et injuste et La reprise n'en est pas une.
Image de Une: locomotive à vapeur Luke MacGregor / Reuters
Mis à jour le 07/10/2009 à 11h59










































Au moins autant que d'être attaché à "la Poste de Papa", non,
ce "il faudrait..." ?
Ce qu'il faudrait peut-être, c'est déboucher la vision du "vulgus"
sur l'économie de la plupart des sentences savantes
et des commentaires serviles...
Indigentiment.
Dans les backs office tout le monde sait qu'il y a encore de la M.... jusqu'au plafond, BNP et Soc gen ne font pas exceptions, (les francais sont réputés les meilleurs pour l'étaler un peu partout pour ne pas que cela se voit trop...).On est loin d'un retour à la mornale et de connaitre toute l'ampleur des dégats. S'il y avait la moindre rechute, un effet domino serait dramatique pour les banques qui reprennent des risques sur les marchés. Elles ne sont pas plus prètes à préter aux entreprises Ce qui pose la question ou mettre ses billes, l'or revient en grâce ce n'est pas un signe de confiance dans les marchés et le futur.
Je vous prie de bien vouloir excuser l'aspect candide de ma question, mais, ce système financier ,économique ne sort pas du néant, c'est nous qui l'avons créé, ne sommes-nous pas capables de maîtriser notre création ou d'être créateurs d'un autre système moins dangereux?
Eric, je doute que la santé des banques soit aussi bonne que celle que l'on voudrait bien nous faire croire. Leurs profits ne sont-ils pas pour beaucoup l'effet d'une spéculation facile en ces temps incertains et donc "abusive"? voire effet bulle en préparation?
alors sera t il en V, en U, en L, en W, vigoureuse comme la virgule de NIKE, ou en racine carrée
telle est la question, en tout cas une chose est sure, elle court elle court la reprise, tel le furet, elle passe par ici elle passera par là.
La récession a une définition technique, il s’agit d’au moins deux trimestres consécutifs de croissance négatifs. Par conséquent, dès que la croissance redevient positive, d’un point de vue technique, la récession est terminée. C’est simple, vraisemblable, voire vrai à l’aune de la définition technique de la récession, mais c’est absurde et surtout insuffisant pour apprécier la fin d’une crise comme celle que nous traversons cette définition ne repose que sur des statistiques relatives à l’évolution du Produit Intérieur Brut, or les statistiques relatives au PIB sont comme le Bikini, ça montre tout, mais ça cache l’essentiel. Et dans le cas présent, l’essentiel est ailleurs (crédit, chômage, dette publique, surliquidité, bulles à venir…)
elle continuela crise : chômage, pénurie de crédit, risques belliqueux (c'est l'arme reprise par excellence), et impots nouveaux du fait de l'équivalence ricardienne qui va jouer du fait des différents plans de relance. Autant le dire, ca va être dur et ce n'est qu'un euphémisme. surtout pour les jeunes (il serait intéressant d'ailleurs de vois le taux d'emploi des stagiaires 6 mois de cet été), les actifs (car les hausses de salaire c'est pas pour demain au contraire de la hausse des cotisations), les séniors. donc en fait pour tout le monde