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En Allemagne, des réfugiés privés de baignade après des plaintes pour harcèlement sexuel

Toilettes / tangi bertin via Flickr CC License By

Toilettes / tangi bertin via Flickr CC License By

A Bornheim, la mairie a interdit l'accès à la piscine aux réfugiés de sexe masculin après des plaintes de baigneuses. Une mesure vivement critiquée par la classe politique allemande et les réseaux sociaux.

La nuit de Cologne continue de hanter les esprits en Allemagne. Cette semaine, la mairie de Bornheim, une petite ville de 50.000 habitants située dans les environs de Bonn, a décidé d'interdire l'accès des réfugiés de sexe masculin âgés de plus de 18 ans à la piscine municipale, rapporte le site de la station de radio allemande internationale Deutsche Welle. Raison invoquée: plusieurs usagères et employées de la piscine se sont plaintes d'avoir été harcelées sexuellement par des hommes résidant dans un centre d'accueil pour réfugiés situé dans les environs.

Interviewé par l'agence de presse protestante Evangelischer Pressedienst (EPD), Markus Schnapka, chargé des questions sociales à la mairie de Bornheim, a précisé qu'il ne s'agissait que d'une «mesure provisoire»:

«Dès que les services sociaux du centre d'accueil pour réfugiés nous annoncerons que le message a été reçu, nous suspendrons cette mesure.»

Markus Schnapka a d'ailleurs organisé cette semaine une journée d'information au centre d’accueil pour rappeler aux réfugiés de sexe masculin les règles de savoir-vivre à respecter en Allemagne vis-à-vis des femmes, assisté par plusieurs traducteurs.

«Nul ne doit être discriminé»

Cette mesure radicale a été vivement critiquée par la classe politique allemande, notamment via les réseaux sociaux allemands, le hashtag #Bornheim apparaissant aujourd'hui en tête des tendances de Twitter. Le député au Bundestag Niema Movassat, membre du parti Die Linke, reproche par exemple à la municipalité rhénane d'agir en toute illégalité:

«Est-ce qu'à Bornheim on connaît l'article 3 de la loi fondamentale?»

Cet article de loi, en ligne sur le site du Bundestag, contient notamment la phrase suivante:

«Nul ne doit être discriminé ni privilégié en raison de son sexe, de son ascendance, de sa race, de sa langue, de sa patrie et de son origine, de sa croyance, de ses opinions religieuses ou politiques.»

Un carnaval annulé

Autre symptôme de la panique semée en Allemagne par les harcèlements de masse qui ont lieu à Cologne durant la nuit du Réveillon : la municipalité de Rheinberg am Niederrhein, dans la Ruhr, 4.500 habitants pour 500 réfugiés, a annoncé qu'elle annulait cette année la tenue de son carnaval, par crainte de débordements, rapporte l'hebdomadaire Der Spiegel, qui cite au discours indirect un membre de la mairie:

«Les gens du centre d’accueil pour réfugiés ne connaissent pas carnaval et pourraient se comporter de façon inappropriée.»

Rheinberg am Niederrhein est à ce jour la seule ville allemande à avoir annulé un grand rassemblement populaire. À Cologne, qui accueille chaque année un des plus grands carnavals au monde, la mairie a fait savoir peu après les événements de la Saint-Sylvestre que les festivités feraient cette année l'objet de mesures de sécurité renforcées.

 

 

 

 

 

 

 

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