Aux Etats-Unis, la douleur des femmes noires dont les cheveux sont fouillés dans les aéroports

Les cheveux des femmes Noire sont considérés sont sujets à des contrôles très fréquents.  | Stephen Depolo via Flickr CC License by

Les cheveux des femmes Noire sont considérés sont sujets à des contrôles très fréquents. | Stephen Depolo via Flickr CC License by

Une jeune femme raconte les douleurs qu'elle a ressenties quand un agent a fouillé dans ses tresses. Après avoir tweeté son histoire, elle s'est rendue compte qu'elle n'était pas la seule dans ce cas. La justification des autorités? Les cheveux crépus et tressés sont considérés comme des «anormalités».

Johnetta Elzie s’apprêtait à prendre l’avion pour St. Louis (Missouri) lorsqu’elle se fait fouiller à la sécurité. Rien d’anormal à première vue. Scanner et palpations sont le rituel de millions de voyageurs chaque jour. Oui mais voilà, Johnetta est noire et ses cheveux sont tressées. Deux caractéristiques qui lui ont valu, raconte-t-elle sur Teen Vogue et à Slate.fr, de se faire fouiller les cheveux, lui causant une intense douleur sans que l'agent qui a procédé à cette fouille ne s'en émeuve. 

Membre du mouvement #BlackLivesMatter, qui organise des manifestations pour dénoncer le racisme, elle raconte à Slate.fr la fouille qu'elle a subie. En tant que noire, elle est habituée, dit-elle, à être fouillée un peu plus que les autres personnes. La machine scanne ses bras, sa poitrine, son dos. Puis un agent de sécurité s'avance et lui demande de lever les bras et palpe différentes parties de son corps. Il se met à sa grande surprise à fouiller ses cheveux tressés et semi attachés:

«J’ai eu tellement mal que je lui ai crié dessus. C’était un réflexe car j’ai vraiment eu mal. Mais j’ai ressenti aussi qu’on me manquait de respect. Il fallait vraiment que je réagisse. Elle m’a regardé avec beaucoup d’étonnement, comme si elle avait peine à croire que je puisse avoir mal.» 

Les autorités refusent de prendre sa plainte

 
Lorsqu’elle partage sa frustration sur Twitter, elle reçoit alors des «centaines de réponses de femmes noires qui racontent une histoire semblable». De nombreuses twittos lui expliquent avoir subi des contrôles humiliants. «On espère toutes tomber sur un agent de sécurité noir pour éviter ce genre de désagrément», lâche Johnetta Elzie dans les colonnes de Teen Vogue.

Traduction: «Ils fouillent mes cheveux à chaque fois. Tsss»

Elle a ensuite, selon ses dires, essayé de porter plainte, sans succès. Contactée par Slate.fr, elle confie:
 

«Son supérieur (de l'agent, ndlr) a refusé de prendre ma plainte au sérieux. Il a ensuite avoué que cette femme avait été la cible de plusieurs plaintes pour avoir été malpolie et brutale avec des femmes noires, en fouillant leur corps ou leurs cheveux»

Solange Knowles avait déjà dénonce ces pratiques

 La TSA («Transport Security Administration», l'Agence nationale américaine de sécurité dans les transports) a des consignes strictes en matière de fouilles corporelles. En mars 2015, un accord qui consistait à interdire les fouilles à caractère racial avait été conclu. En avril de la même année, des «entrainements anti-discrimination» devaient être mis en place dans les aéroports, avait annoncé la TSA. «Le profilage racial n’est pas toléré chez nous» avait confirmé l’agence à BuzzFeed.

C'est grâce à l'action de Novella Coleman, avocate et passagère, rapporte Refinery 29. Lorsqu’elle avait fait noter à un agent qu’il s’agissait de ses cheveux naturels et non d’extensions, celui-ci avait retorqué qu'il devait passer en revue «les extensions et les anormalités». A la suite de cet incident, Novella Coleman avait décidé de poursuivre la TSA en 2012. La même année, Solange Knowles – la sœur de Beyoncé Knowles – avait dénoncé ces pratiques qu’elle avait elle-même subies.

Ce genre de fouilles continue pourtant d’avoir lieu. Malgré les engagements de la TSA d’instaurer des «entraînements anti-discrimination», la militante de #BlackLivesMatter affirme qu’ils sont effectivement mis en place seulement dans les aéroports de Los Angeles et de Minneapolis. «Malgré l'accord, je n'ai jamais eu de réponses sur pourquoi je continue à être fouillée à chaque fois», dénonce-t-elle. 

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