Monde

Les limites de la comparaison entre le 13-Novembre et l'attentat de Jakarta

Temps de lecture : 2 min

Selon certains experts, l'attaque menée en Indonésie doit aussi se comprendre au regard de l'histoire particulière du pays.

Une jeune Indonésienne lors d'un regroupement pour les victimes de l'attentat suicide du 14 janvier à Jakarta (Indonésie). JUNI KRISWANTO/AFP.
Une jeune Indonésienne lors d'un regroupement pour les victimes de l'attentat suicide du 14 janvier à Jakarta (Indonésie). JUNI KRISWANTO/AFP.

«Il y a une forte probabilité que ce soit l’œuvre d'un groupe en Indonésie lié à l'EI [...] qui suit l'exemple des attentats de Paris», a déclaré un porte-parole de la police nationale indonésienne, Anton Charliyan, après l'attentat qui a fait deux morts, en plus des cinq assaillants, et au moins 24 blessés, jeudi 14 janvier.

L'attaque menée dans la capitale indonésienne présente pourtant des motivations et des caractéristiques propres au pays, explique Foreign Policy:

«L’attaque a été perpétrée en réponse à certaines conditions particulières du pays, et ne peut pas être comprise si on la sort du contexte de l’histoire du terrorisme interne à l’Indonésie –et comment le gouvernement l’a violemment contré.»

Depuis qu’elle a pris son indépendance des Pays-Bas en 1945, l’Indonésie a régulièrement eu affaire à des mouvements terroristes. Le pays a connu très vite l'émergence de mouvances telles que l’organisation Darul Islam, qui accusait le pays d’apostasie et a mené plusieurs rebellions armées dans les années 1950 et 1960 avant de disparaître. De ce mouvement sont nés plusieurs groupes, tels que «Laskar Jihad, qui avait lancé une campagne contre le christianisme, et la Jemaah Islamyah, qui a été l’auteur des explosions à Bali en 2002», explique The Atlantic.

L'ttaque du 14 janvier s'inscrit dans un schéma continu d’attaques contre les forces de l’ordre. Le centre commercial où l’explosion a eu lieu était près d'un poste de police. «Depuis les attaques de 2002, nous avons connu une escalade dans les attaques. Les forces de l’ordre ont commencé à traquer les radicaux», explique Fatriyan Zamzami, le rédacteur en chef du journal indonésien Republika, à Foreign Policy. Plus récemment, «presqu'aucune semaine ne passait sans que la police n’arrête quelqu’un suspecté d’être sympathisant de Daech», ajoute-t-il. «Toutes ces arrestations ont pu motiver les attaques.»

Toutefois, il s’agit de la première fois dans l’histoire récente de l’Indonésie que des civils se voient attaqués. C’est également le premier attentat revendiqué par Daech en Asie du Sud, dans un pays où, selon une étude du Soufan Group, «seulement» 700 combattants ont rejoint l'EI en Syrie et en Irak, sur un total de plus de 254 millions d'habitants (à titre de comparaison, le rapport estime que 1.700 Français environ ont rejoint les rangs de l'EI).

Graphique extrait du rapport du Soufan Group.

«L'Indonésie est le plus grand pays musulman au monde, où la grande majorité est modérée. Nous avons toujours condamné le radicalisme et le terrorisme», explique la journaliste indonésienne Rita Ariani Widiadana.

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