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Gênes, la ville qui a vu naître la Vespa veut désormais l'interdire

Des scooters garés dans les rues de Gênes, en mai 2015 | Tiia Monto via Wikimedia CC License by

Des scooters garés dans les rues de Gênes, en mai 2015 | Tiia Monto via Wikimedia CC License by

Le maire de Gênes s'apprête à interdire la circulation des scooters les plus polluants, dont les modèles de Vespa les plus anciens. Une mesure qui ne passe pas.

Interdire la Vespa? Et puis quoi encore? Dans les rues de Gênes, cette ville côtière du nord de l'Italie, on ne parle plus que de ça, ou presque. Depuis que le maire de la ville, Marco Doria, a annoncé l'interdiction à la circulation de certains scooters –dont les plus anciens modèles de Vespa– dans le cadre de la lutte contre la pollution de l'air, le débat a pris une ampleur inattendue. De nombreux Génois ont exprimé leur mécontentement et jugent inconcevable de voir disparaître ainsi la mythique Vespa (ou «la guêpe» en italien) dans la ville qui l'a vue naître, à la fin des années 1940. 

L'accord, signé en décembre 2015 par la municipalité, prévoit d'interdire à la circulation à partir du mois de février les modèles de Vespa construits avant 1999, considérés comme les plus polluants. Entre 7 heures et 19 heures, ces véhicules ne seront donc plus autorisés à arpenter les rues du centre-ville. Les réactions, assez virulentes parfois, ont fédéré une mobilisation importante parmi les quelques 20.000 propriétaires de vieux modèles de Vespa directement concernés par la mesure.

Un héritage culturel

Bien que conscients des enjeux environnementaux et du bienfondé de l'initiative, bannir la Vespa à Gênes, surtout l'année où elle fêtera son soixante-dixième anniversaire, n'est pas quelque chose que les Génois semblent prêts à accepter. L'émoi, dans les rues comme sur les réseaux sociaux, a même poussé la mairie a rétropédaler, explique La Repubblica. La mesure, prévue pour février, n'entrera finalement en vigueur qu'en avril, le temps que tout le monde puisse trouver des alternatives pour se déplacer autrement qu'en scooter.

Si l'agacement des Génois peut paraître exagéré et peu respectueux de l'environnement, il convient de garder en tête que, dans cette ville, le scooter est un mode de transport presque sacré. Il fait non seulement partie de l'ADN de la ville, mais aussi d'un héritage culturel auquel ses habitants n'ont pas l'intention de se séparer. À l'exception de Venise, Gênes est la ville en Italie qui compte le moins de voiture et le plus de scooters par habitant.

Un enjeu de santé publique

Comme pour enfoncer le clou, les défenseurs de la Vespa aiment à rappeler que l'offre en matière de transports publics dans la ville est faible. Dans un dessin publié en avril 2015, Lucile, une illustratice expatriée en Italie qui tient le blog-BD Fumettomatic, résumait assez bien l'importance place que peuvent prendre les scooters dans la vie des Génois.

Même s'il se retrouve aujourd'hui débordé par les e-mails de protestation, Italo Porcile, un expert en environnement sollicité par la mairie de Gênes, n'entend pas lâcher le morceau. «J'adore la Vespa, j'en ai eu une moi-même. Mais l'Euro O [le modèle visé par la mesure, produit avant 1999] pollue terriblement et la santé publique importe davantage», a-t-il expliqué au Corriere della Sera. N'en déplaise aux propriétaires de Vespa, Gênes devrait donc logiquement suivre l'exemple de Rome et Milan qui ont déjà pris la décision d'interdire ces modèles à la circulation.

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