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Facebook est dans la position étrange de décider ce qui est une tragédie

Capture d'écran du «Safety check» de Facebook pour les attentats de Paris.

Capture d'écran du «Safety check» de Facebook pour les attentats de Paris.

Le réseau social n'a pas activé la fonctionnalité «Safety Check» lors des attentats à Jakarta, ce 14 janvier.

«Un grand pouvoir implique de grandes responsabilités.» Et Facebook le découvre un peu plus chaque jour. Jeudi 14 janvier, des terroristes «ont visé un poste de police, un café Starbucks et un théâtre avec des engins explosifs», raconte l'AFP qui précise que ces attentats revendiqués par Daech ont tué deux civils. Vingt personnes ont également été blessées, et les cinq terroristes sont morts.

Mais contrairement à ce qui s'est passé à Paris le 13 novembre dernier, ou au Nigeria, une semaine plus tard, Facebook n'a pas déclenché sa fonctionnalité «Safety Check», qui permet aux utilisateurs du réseau, de confirmer à leurs amis qu'ils sont bien en sécurité, en appuyant sur un bouton. À la place, le site e27 indique que les gens se sont organisés d'eux-mêmes notamment en faisant remonter le hashtag #SafetyCheckJKT sur Twitter. Facebook est pourtant largement utilisé en Indonésie. En 2014, le réseau social assurait qu'il y comptait près de 70 millions d'utilisateurs.

Facebook avait déjà été largement critiqué en novembre dernier, pour avoir décidé de lancer «Safety Check» lors des attentats de Paris, mais pas quelques jours plus tôt, alors que Beyrouth était la cible d'un attentat meurtrier, revendiqué par Daech.

Au moment de l'attaque au Nigéria, Mark Zuckerberg avait précisé que l'entreprise était «maintenant en train de travailler rapidement pour développer de nouveaux critères et une nouvelle politique et déterminer quand et comment ce service peut-être utile»

«Étendue, échelle, impact»

Comme le note le Washington Post, on ne sait cependant pas quels sont ces critères, mais le site rappelle qu'Alex Schultz, le directeur de la croissance de Facebook expliquait le lendemain des attentats de Paris que dans le cas des catastrophes naturelles, ils appliquaient plusieurs critères «dont l'étendue, l'échelle et l'impact». Or, comme le résume le quotidien américain, «quand on parle d'attentats, presque par définition cela revient à s'intéresser au nombre de personnes blessées ou tuées»:

«Compter des corps peut sembler être une manière horrible de quantifier l'importance d'une attaque. Mais dans les minutes ou les heures si précieuses qui suivent une attaque où un outil comme Safety Check peut faire le plus grand bien, Facebook doit prendre ces nombres en compte avec d'autres facteurs, comme les retours d'experts et les conversations qui se déroulent sur sa plateforme, pour évaluer quand utiliser ce outil.»

Le tout avant de finir sur cette conclusion: «Malheureusement, cela veut dire que les efforts faits par Facebook pour fournir de l'aide en temps de crise le mettent dans la situation peu enviable qui consiste à décider ce qui compte comme une tragédie ou non.»

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