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Antony Hegarty, première personne trans’ nominée aux Oscars depuis quarante ans

La chanteuse (ex-Antony and the Johnsons) est nominée dans la catégorie Meilleure chanson originale aux côtés du compositeur et activiste J. Ralph. La dernière fois qu'une personne transgenre avait été nominée aux Oscars remonte à 1976.

C’est, en quelque sorte, historique, même si la nouvelle est passée presque inaperçue: les Oscars 2016 ont choisi parmi les nominés de la catégorie Meilleure chanson originale le titre «Manta Ray», extrait du documentaire Racing Extinction, composée par J. Ralph et chantée par Antony Hegarty, une personne transgenre. 


C’est la deuxième personne trans’ nominée aux Oscars, la première fois remontant, selon le site Jezebel, aux années 1970, lorsque Angela Morley fut nominée en 1974 pour son travail de compositrice sur le film Le Petit Prince puis en 1976 pour The Slipper and the Rose.

«Sans la biodiversité, je ne suis rien»

Comme le documentaire, la chanson de  J. Ralph et Antony Hegarty évoque de façon organique les mille facettes de la nature, dont les «rayons» et les «coutures» nourrissent le narrateur. Elle est un plaidoyer, un appel à l’humanité à préserver ces myriades, échos de notre richesse intérieure. Plantes, arbres et fleurs apparaissent comme fragiles, «enfants» qui se meurent en nous et dont nous sommes responsables.

«Without biodiversity
I'm nothing
It's like I never
Existed»

«Sans la biodiversité/ Je ne suis rien/ C’est comme si/ Je n’avais jamais existé», chante Antony (toutes les paroles de la chanson sont reproduites ci-dessous, à la toute fin de l'article).

Le documentaire Racing extinction, diffusé en France le 12 décembre sur Discovery Channel mais qui n’est pas sorti au cinéma, décrit la disparition des espèces et la lutte d’activistes pour l’empêcher. Le réalisateur Louie Psihoyos, directeur exécutif de l’Oceanic Preservation Society et photographe reconnu, a déjà reçu en 2010 l'Oscar du meilleur documentaire pour The Cove – La Baie de la Honte, sur le massacre annuel de milliers de dauphins au Japon.

Fluidité

Antony Hegarty a longtemps été la tête pensante du groupe Antony and the Johnsons avant de rebaptiser son projet artistique Anohni. Sa sensibilité et sa voix douce et cristalline ont été louées par de nombreux musiciens de Dido à Philip Glass, en passant par Lou Reed et Björk, avec laquelle le groupe a collaboré sur l’album Volta. Des noms célèbres comme Boy George, Rufus Wainwright et Devendra Banhart ont participé au disque qui l'a portée à la célébrité, I am a bird now, en 2005, dont est notamment extrait le morceau «Hope There’s Someone», qui raconte de manière touchante la peur de mourir et de rester seul.

Revendiquant la fluidité entre le masculin et le féminin, la chanteuse et compositrice a déclaré dans une interview qu’elle préférait dans sa vie quotidienne qu’on l’appelle par le pronom féminin, même si, dit-elle, elle n’a donné aucune «consigne à la presse en ce sens».

In The trees
Between the leaves
All the growing
That we did
 
All the loving 
And separating 
All the turning
To face each other 
 
I divide
In the sky
In the the seams 
Between the beams
 
All the loving 
And separating
All the turning 
To face each other
 
Without biodiversity
I'm nothing
It's like I never 
Existed
 
Without my home
With no reflection 
I cease to exist
 
And my children 
Are dying now
Inside me 
 
All I love
All I know
All I've known 
 
I am dying now
Inside me 
My children
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