La nouvelle vie espagnole du réfugié agressé par une journaliste hongroise

Osama Abdul Mohsen, au centre, descend les escaliers de son nouvel appartement, dans la banlieue de Madrid, le 17 septembre 2015 | REUTERS/Andrea Comas

Osama Abdul Mohsen, au centre, descend les escaliers de son nouvel appartement, dans la banlieue de Madrid, le 17 septembre 2015 | REUTERS/Andrea Comas

Osama Abdul Mohsen, réfugié syrien que l’on avait vu chuter à la frontière entre la Serbie et la Hongrie après un croche-pied d’une journaliste, habite désormais en Espagne. Récit d'une nouvelle vie, entre espoir et solitude.

Qu’est devenu Osama Abdul Mohsen, ce réfugié syrien agressé par une journaliste hongroise à la frontière entre la Hongrie et la Serbie, en septembre 2015? Dans un long article, Osama Abdul Mohsen se confie à Der Spiegel et raconte sa nouvelle vie en Espagne. La diffusion dans le monde entier, y compris en Espagne, des images du croche-patte que lui avait fait la journaliste Petra Laszlo a changé le cours de sa vie.

Lorsque Miguel Ángel Galán, le directeur du Centre national de formation d’entraîneurs de football de Getafe, dans la banlieue de Madrid, a appris qu’il était entraîneur, il décide de l’appeler. À peine arrivé en Allemagne, Osama Abdul Mohsen se voit donc invité en Espagne pour poursuivre sa carrière d’entraîneur de foot, commencée avec le club d’Al-Fotuwa en première division syrienne.

Osama Abdul Mohsen et deux fils grimpent alors dans un train pour Madrid. Une fête organisée en son honneur l’attend à son arrivée à la gare d’Atocha et, quelques jours plus tard, il rencontre en personne Cristiano Ronaldo. Zaïd, son plus jeune fils, a même la chance d’accompagner le joueur sur la pelouse avant un match du Real Madrid.

«Simple spectateur»

Désormais, il bénéficie d’un appartement tout équipé dans la banlieue de Madrid, grâce au personnel du Centre national de formation d’entraîneurs de football de Getafe, qui lui a obtenu son permis de travail en lui offrant un poste. Officiellement, il est chargé de mettre en place «une section chargée d’établir des contacts avec des clubs de foot dans le monde arabe». Mais, pour l’heure, ce travail reste une simple façade: il lui faut d’abord apprendre l’espagnol. En attendant, les soirs ou les samedis après-midi, il se rend au centre sportif de Getafe. «Là, il se sent comme un véritable étranger. Personne ne le connaît, personne ne lui dit bonjour. On ne fait pas appel à lui. Il est un simple spectateur», écrit Der Spiegel.

Pour voir les matches à la télévision, il a désormais son adresse attitrée: le café Marroquin. Un bar tenu par des patrons marocains, égyptiens et tunisiens où l’on parle arabe le plus souvent. Comparé aux autres migrants, on dit d’Osama Abdul Mohsen qu’il a la belle vie. Sa soudaine notoriété lui a tantôt valu une réputation d’homme important et influent, tantôt celle d’être proche du Front al-Nosra, un groupe terroriste proche d’al-Qaida. «Je n’ai rien à voir avec ça», balaye-t-il, comme résigné face à la rumeur. 

Pour Noël, Miguel Ángel Galán a organisé une conférence de presse pour interpeller le Premier ministre Mariano Rajoy et lui demander d’accélérer les démarches afin que la famille d’Osama Abdul Mohsen obtienne enfin l’asile en Espagne et qu’il puisse faire venir sa femme, qui est encore en Turquie.

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