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En Espagne, un bébé recueille une voix pour la présidence du Congrès des députés

Pablo Iglesias, Carolina Bescansa et son bébé, le 13 janvier 2016 | REUTERS/Juan Medina

Pablo Iglesias, Carolina Bescansa et son bébé, le 13 janvier 2016 | REUTERS/Juan Medina

Une députée espagnole s'est rendue au Congrès des députés avec son bébé de 6 mois mercredi 13 janvier: la présence de l’enfant dans l’hémicycle a suscité de nombreuses critiques.

C’est le joli troll de ce 13 janvier. En Espagne, lors du vote qui devait permettre d’élire le président du Congrès, un des députés a décidé de voter en faveur d’un bébé de 6 mois, raconte El Pais. L’auteur de ce bulletin ne s’est pas fait connaître mais il est précisé que «le vote a été naturellement annulé». Dommage pour bébé Diego, qui est probablement devenu la plus jeune personne à recueillir un suffrage lors de cette élection.

Cela n’est qu’un détail de la journée mouvementée du 13 janvier mais il fait partie de la petite polémique qui monte de l’autre côté des Pyrénées. El Mundo indique ainsi que la députée de Podemos, Carolina Bescansa, est arrivée avec son bébé de 6 mois dans les bras:

«Le bébé a défilé dans les rangs de Podemos, est allé avec Pablo Iglesias, et sa mère l’a allaité quelques minutes avant de se présenter (sans succès) comme candidate à la présidence du Congrès. [...] Ce n’est pas la première fois qu’elle se rend à une représentation publique de son parti avec fils ni la première fois qu’elle va avec au Congrès. La semaine dernière, elle s’y est rendue pour la première fois, accompagnée de son bébé.»

«Lamentable»

Beaucoup se demandaient si Carolina Bescansa devait garder son bébé de 6 mois dans l’hémicycle. Elle a dû défendre son choix, note El Pais, qui rappelle au passage –comme de nombreux critiques– qu’il existe une garderie destinée aux enfants du personnel du Congrès et à ceux des députés depuis 2006 (contrairement à la France). La députée a rappelé, comme le note El Mundo, qu’elle ne pouvait pas laisser son enfant seul, «parce qu’elle doit l’allaiter, puisqu’il ne se nourrit pas au biberon».

Reste que certains députés et membres du gouvernement n’ont visiblement pas apprécié la présence de l’enfant, comme le rapporte la BBC. Le ministre de l’Intérieur actuel, Jorge Fernandez Diaz (PP), a qualifié ce geste de «lamentable», quand la députée socialiste Carme Chacon a indiqué que ce n’était «franchement pas nécessaire». D’autres lui ont reproché de chercher à attirer l’attention. Le site Les Nouvelles News souligne par ailleurs que «des groupes féministes ont également déploré le geste de la députée, en y voyant le signal que c’est aux femmes de s’occuper des enfants».

Carolina Bescansa a donc expliqué qu’elle se «sentait privilégiée» et qu’elle défendait «le droit pour tout parent d’élever leur enfant de la façon “qu’ils peuvent ou souhaitent”», poursuit la BBC. Interrogée par plusieurs journalistes à l’issue de la séance, elle a également dit ceci, raconte Reuters:

«La majorité des mères dans notre pays n’ont pas la possibilité d’élever leurs enfants et de les amener à leur travail. [...] C’est très surprenant que le fait qu’une mère se rende à son travail avec son jeune bébé fasse les gros titres. [...] Il est temps que l’on voie dans les institutions ce qu’il y a dans la vie de tous les jours, je crois qu’il est temps que notre Chambre ressemble plus à notre pays.»

La BBC rappelle qu’elle n’est pas la première élue espagnole à amener son enfant en séance. En mai 2012, Iolanda Pineda était venu avec le sien au Sénat. Par ailleurs, depuis 2010, la députée européenne italienne du PPE Licia Ronzulli «amène régulièrement sa fille Vittoria avec elle au Parlement européen à Strasbourg». Comme nous l’écrivions dans ce Grand Format publié en 2012, et mis à jour un an plus tard, «pour elle, c’est un moyen de défendre les droits des femmes et de militer pour une meilleure conciliation entre vie privée et vie professionnelle».

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