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Sur Tinder aussi, la chance en amour se travaille

Vincent Manilève, mis à jour le 13.01.2016 à 15 h 50

La très populaire application de rencontre use (et abuse?) des algorithmes pour vous faire rencontrer des gens.

Love | Found Animals Foundation via Flickr CC License by

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Le dimanche 3 janvier, affalé sur votre canapé et alors que vous n’aviez pas encore digéré votre foie gras du réveillon, il se peut que Tinder vous ait envoyé une notification assez étrange.

«Mouahaha #tinder tu vas trop loin! Qui est chaud? #newyork»

Et ce, peu importe où vous étiez dans le monde, des Etats-Unis à la France.

«3x fois plus de chance de matcher!», proclamait l’application, c’est-à-dire que les utilisateurs avaient logiquement plus de chance de rencontrer quelqu’un parce que ce dimanche-là, il y avait un regain d’activité. Mais pourquoi au fait? Comment expliquer que les utilisateurs de Tinder, partout à travers le monde, se mettent soudainement à tenter leur chance l’application? Sur le blog qu’il tient sur Libération, le journaliste Vincent Glad explique qu’il s’agissait du «Dating Sunday», jour béni du rendez-vous amoureux, baptisé ainsi par les sites de rencontre. Impossible de savoir s’il s’agit d’une arnaque purement marketing, mais le journaliste explique que «le Dating Sunday tombe juste après deux échéances majeures dans la reprise en main de la vie sentimentale des célibataires», à savoir Noël et le Nouvel An, moments tragiques où le célibat et la solitude ne sont pas tolérés.

Mais parler de chance est quelque peu exagéré. Vincent Glad explique justement que le dimanche est le «prime-time des sites de rencontres» et que le début d’année, selon des statistiques Facebook, correspond à la période la plus heureuse pour des 25-44 ans. En envoyant cette notification, Tinder sait donc pertinemment comment travailler et annoncer à ses utilisateurs qu'ils vont pouvoir optimiser leur chance d’avoir un «match».

Le travail des développeurs de l’application ne s’arrête pas là. Votre propre activité sur Tinder et vos caractéristiques personnelles sont aussi utilisées. Dans une interview accordée à Fast Company il y a quelques jours, le patron de Tinder Sean Rad a avoué que sa société utilise un algorithme de «désirabilité» pour faire des suggestions en conséquence. «Ce n’est pas uniquement parce que beaucoup de gens vous swipent à droite [le fait de signaler qu’une personne vous plaît, ndlr], explique-t-il. C’est très compliqué. Cela nous a pris deux mois et demi juste pour construire l’algorithme parce que beaucoup de facteurs rentrent dedans.» En clair, cela veut dire que Tinder va juger votre profil et vous suggérer des personnes ayant le même «score» que vous. C’est un peu l’histoire du capitaine de l’équipe de football américain qui sort avec la cheerleader dont est amoureux le geek du lycée, qui ne pourra jamais l’approcher. Tinder espère donc ainsi rentabiliser au maximum chacun de vos swipes en vous proposant des profils «à votre niveau».

Même à votre niveau personnel, vous pouvez cependant bousculer la chance et faire en sorte de ne pas être qu’un swipe left (action qui désigne le fait d'écarter un utilisateur) comme un autre. Une récente étude menée par l'entreprise, relayée par le site Mashable, montre que la majorité des utilisateurs, hommes ou femmes, mettent des photos de profil dont les vêtements ne les aident pas vraiment à se démarquer. «72% des hommes et 56,2% des femmes sur Tinder ont tendance à porter du basique, écrit le site, choisissant des couleurs neutres quand il s’agit de leurs vêtements», le noir en tête. Vu que la façon de s’habiller en dit souvent beaucoup sur la personne (porter un costume pour affirmer un certain statut social, par exemple), Tinder donne un conseil à ses utilisateurs: «Etant donné que la vaste majorité des gens utilisent des couleurs neutres, les personnes qui veulent se distinguer devraient porter une couleur éclatante.» Le pull jaune kaki sera donc le prix à payer si vous voulez mettre toutes les chances de votre côté.

Retrouvez l'ensemble de notre dossier réussite, avec notre partenaire Question(s) de chance.

 

Vincent Manilève
Vincent Manilève (353 articles)
Journaliste
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