Mort de David Bowie: «En juillet, vous m'aviez dit que vous étiez malade. Nous n'en avons jamais reparlé»

Image extraite du clip de «Blackstar»

Image extraite du clip de «Blackstar»

Les musiciens et techniciens de l'album «Blackstar» ont témoigné de la façon discrète dont la maladie du musicien avait pesé sur l'enregistrement.

Dans les heures qui ont suivi la mort brutale de David Bowie, à l'âge de 69 ans, plusieurs de ces collaborateurs sur l'album Blackstar ont témoigné de leurs relations dans les derniers mois de sa vie, et de la façon discrète dont il avait évoqué devant eux le cancer qui a fini par l'emporter. C'est par exemple le cas du réalisateur suédois Johan Renck, auteur des deux ultimes clips de la star, «Blackstar» et «Lazarus», et qui a témoigné dans un post touchant publié sur Instagram:

«En juillet, vous m'aviez dit que vous étiez malade. Nous n'en avons jamais directement reparlé (à part quand vous faisiez des blagues morbides). Cela a, évidemment, teinté nos discussions de travail d'un sous-texte nébuleux et déviant, mais je n'étais pas capable de m'en emparer, donc je l'ai pris comme une remarque sur la mortalité, un clin d'œil adressé à l'après, un commentaire sur le concept d'héritage. Qu'était-il possible de faire d'autre?»


Ivo van Hove, le metteur en scène du spectacle musical «Lazarus», a lui raconté au New York Times que le musicien lui avait fait part de sa maladie en novembre 2014 sur Skype, tout en lui demandant que le bruit ne s'ébruite pas –le cast, dont l'acteur Michael C. Hall, n'en a pas été informé: «C'était très étrange», a-t-il expliqué, avant d'affirmer que la chanson «Lazarus» était l'œuvre «d'un homme en détresse totale, qui trouve une issue, dans son imagination, afin de pouvoir être toujours vivant, libre, tel un oiseau».

«Vous pouvez maintenant mieux comprendre de quoi parle Blackstar», a expliqué à Rolling Stone Tim Lefebvre, qui tient la basse sur l'album. «Je savais que David était malade, mais pas à ce point. Il nous a fait comprendre à tous sa fragilité, mais nous n'avons pas réalisé. Quand il chantait, quand il jouait, il avait de la force et un vrai punch.»

Le producteur Tony Visconti, aux manettes sur Blackstar, a témoigné qu'il «savait depuis un an que cela se passerait comme cela» mais ne pas y avoir été «préparé», ajoutant: «Sa mort n'a pas été différente de sa vie –une œuvre d'art.»

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