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Airbnb transforme plusieurs quartiers parisiens en «musées à ciel ouvert»

Paris / Moyan Brenn via Flickr CC License By

Paris / Moyan Brenn via Flickr CC License By

Le centre de la capitale se vide peu à peu de ses «vrais» habitants.

Airbnb continue de transformer Paris: selon France Bleu qui consacre un article au phénomène, «plusieurs arrondissements du centre de la capitale perdent des habitants alors que Paris en gagne globalement».

«Des quartiers entiers vont-ils devenir réservés aux touristes?», se demande le site de France Bleu. En décembre, Le Point révélait que sur l'étroite Île Saint-Louis, très prisée des touristes, 17% des logements étaient désormais des meublés touristiques loués sur Airbnb. En juin dernier, le site du Wall Street Journal s'était penché sur les flux de loueurs Airbnb à Paris et écrivait qu'à l'été 2014, Le Marais, à cheval sur les IIIe et IVe arrondissements, avait reçu 66.320 loueurs, soit un peu plus que le nombre d'habitants.

Sur l'ensemble de la capitale, il y aurait 60.000 offres Airbnb dont 20.000 ne seraient pas légales, selon des chiffres avancés par une association qui fédère les hôteliers et autres professionels de l'hébergement et du tourisme, l'AhTop. Il s'agit des meublés loués plus de 120 jours par an, seuil à partir duquel un propriétaire «doit mettre sur le marché de la location “classique" une surface équivalente dans le même secteur», explique France Bleu.

Les écoles et le petit commerce trinquent

Selon le site, cette explosion du nombre de meublés loués pour de courtes périodes aurait comme conséquence de faire fuir les habitants réguliers, épuisés par les nuisances qu'entraîne le fait d'habiter dans des immeubles qui se transforment en hôtels. Les maires des Ier, IVe et VIe arrondissements font le même constat, poursuit le site, à savoir que «si on n'enraye pas le développement de ce type de tourisme, leurs quartiers vont devenir des musées à ciel ouvert, vidés de leurs “vrais habitants.»

Car en plus des revenus qui échappent au fisc en cas de logement non déclaré, la généralisation de la location de court terme à des conséquences sur la vie du quartier: les habitants de passage n'envoient pas leurs enfants dans les écoles et fréquentent moins les petits commerces. Des contrôles de la direction du logement et de l'habitat seront menés ce mardi 12 janvier pour vérifier la légalité des logements proposés à la location.

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