Le «syndrome du Titanic»: monsieur Hulot de retour au cinéma
Le film de Nicolas Hulot sort mercredi.
- Image de une: Fjord de Akobshavn, en Norvège. Jacob Strong/Reuters -
Les aventures du Mr Hulot de Jacques Tati s'achèvent en 1973, l'année de ma naissance. Tati, c'était dans l'esprit d'une gamine — moi — née avec le premier choc pétrolier, les préparatifs et achats annuels pour la rentrée des classes et la virée avec sa mère dans le quartier Barbès à Paris, boulevard Rochechouart... Oui, je suis de cette génération des «X et Y» ou «Baby Bust et Why» de Tati discount», un des symboles du consumérisme, de l'ère des «Trente destructurantes», d'une société qui depuis 1979 entretient un modèle vicié et périmé. Je suis de ceux qui se demandent quand acceptera-t-on de reconnaître que cela fait 30 ans que l'on vit en crise pour enfin imaginer passer à autre chose.
«Je suis une enfant de cette société de consommation»*
De 1949 (Sortie de «Jour de Fête» de Tati) à 2009 (Sortie du «Syndrome du Titanic» de Hulot), en 60 ans, nos choix de développement ont fait plus de dégâts humains et environnementaux que dans toute l'histoire de l'humanité. Je ne pense pas que Jacques Tati aurait trouvé les ressources de nous faire rire face à la crise économique et sociale latente derrière laquelle s'esquisse une autre crise intimement liée à la première qui s'aggrave et s'exprime avec violence. Klauss, Mitch, Katrina ou encore Lothar et Martin ne sont pas des personnages de fictions et de cinéma, ce sont des cyclones et des tempêtes qui se multiplient, tuent des centaines, des milliers de personnes et dont les dégâts coûtent des millions, des milliards d'euros. C'est le dérèglement climatique qui nous promet l'aggravation de la misère dans le monde / pour tout le monde et des flux migratoires de près d'un milliard de personnes.
En 2009, quand Mr Hulot fait son cinéma, c'est presque sans surprise, que celui qui aujourd'hui a un prénom (Nicolas) et qui tente avec d'autres, de sensibiliser, d'alerter et d'accompagner, d'anticiper le changement plutôt que de le subir, ne nous amuse pas. Parce que le monde a changé et que le film de Nicolas Hulot est une invitation à admettre simplement que la croissance et les modèles d'hier sont bel et bien morts et à amplifier l'action vers un autre modèle de société plus solidaire et plus écologiste. Parce que le fantasque Mr Hulot de Tati, lui, n'a pas connu le deuxième choc pétrolier de 1979. Il n'a pas vécu la crise ouverte de la sidérurgie en Lorraine dont le plan de redressement n'évitera pas que la marche des sidérurgistes à Paris tourne à l'émeute...
Il n'a pas vécu les années Thatcher et le développement des idées libérales et monétaristes, ni les promesses socialistes des années 90 actives, technologiques et gaies, les années Tapie et Mitterrand où tout était permis. Il a échappé, 20 ans plus tard, en 1999 à Tony Blair et Gerhard Schröder qui portent une social-démocratie européenne adaptée aux exigences du libéralisme...
« Le modèle économique dominant n'est plus la solution»*
C'est vrai que le «Syndrome du Titanic» nous renvoie une image féroce et barbare de notre société humaine. Mais sa vision est à la mesure de ce système développé, entretenu et inique. Il réaffirme une évidence: les réponses aux crises sociales et écologiques sont plus que jamais indissociables! Avec un peu d'honnêteté, ce n'est pas compliqué de reconnaître que la crise des équilibres du vivant ébranle les équilibres sociaux en pénalisant d'abord les plus démunis, aussi bien dans les pays du Sud que dans les Etats industrialisés et que l'environnement n'est pas qu'une préoccupation de bobos. Ce n'est pas si difficile à comprendre que nous devons répondre à une crise systémique (sociale, économique, financière, énergétique, écologique, climatique...) et que cette crise globale nous oblige raisonnablement à engager des mutations radicales vers un autre modèle économique pour offrir un nouvel horizon de civilisation.
Les solutions pragmatiques, responsables, réalisables pour opérer la transformation existent (depuis le Pacte écologique: le New Green Deal). Nous ne disons pas que cette mutation sera facile mais qu'elle est nécessaire, qu'il est encore temps, que nous avons encore les moyens d'agir et que le génie humain a encore la marge de démontrer ce qu'il comporte de meilleur! Le refus du fatalisme est le moteur de nos actions, le ciment de nos convictions et le sens de notre engagement. Ce projet collectif auquel je crois et pour lequel je me suis engagée, après Alsace Nature et FNE, au sein d'Europe Ecologie, suppose de l'audace et de l'imagination: nous en avons et nous l'utilisons!
«Je ne suis pas née écologiste, je le suis devenue»*
Et le film de Nicolas Hulot, pour moi, invite à l'action et constitue incontestablement une pierre supplémentaire à la construction et à l'acceptation du projet de société qui nous permettra de sortir durablement de la crise globale à laquelle nous devons faire face et dont nous ne sortirons pas sans un volontarisme collectif et politique fort !
Le cinéma de Jacques Tati, qui portait un regard drôle et ironique sur notre société et nous amusait avec nos excès dans «Play Time» ou «Trafic», est bien loin. En 2009, fini le Monsieur Hulot, personnage tendre et amusant, place à un autre Monsieur Hulot, qui porte un regard sensible et grave sur notre société et nous interroge sur d'autres excès. «Le Syndrome du Titanic» sera t-il aussi accessible que les films de Tati? Je le pense, parce qu'il offre à voir et à comprendre, nous renvoie à nos contradictions et nos paradoxes. Il s'adresse de manière personnelle à des personnes conscientes, intelligentes et responsables. Ce que nous sommes tous.
Ma génération ne connaît pas la sécurité de l'emploi, n'a pas connu le monde sans sida, elle est née avec les débuts de l'intérêt du grand public pour l'écologisme qui a évolué au fil des catastrophes et des risques du progrès révélés (Tchernobyl, amiante, Sandoz, Amoco, AZF, etc). Elle a grandi, avec le développement des moyens de communication, dans les contradictions, l'illusion et le virtuel. Elle n'a plus aucune croyance et s'est créée ou s'est vue imposer de nouveaux repères... Et pourtant c'est une génération qui a de l'imagination et cultive l'espoir, un tout autre espoir que celui des «baby boomer» et de leurs héritiers dont l'idéal est le capitalisme et le droit à la possession, ceux qui se demandent depuis 30 ans quand reviendra la croissance.
Ces nostalgiques de l'allégresse de cette période de forte croissance économique des «Trente glorieuses», caractérisée par une croissance forte de la production industrielle, qui n'ont mené aucune réflexion critique des conséquences de ce modèle de développement et ont reporté sur les générations suivantes le coût de leurs choix passés. Bien sûr, il appartient à chacun de nous de prendre de la hauteur et de la distance face à toute chose et tout événement. Mais à quel moment cette distance et cette hauteur de vue deviennent-elles de l'indifférence, du cynisme, du fatalisme ou de l'inconscience?
«Le Syndrome du Titanic» ouvre une fenêtre sur le monde et la société. On peut décider d'ignorer cette réalité. On peut discuter sans fin si une autre manière de présenter cette réalité aurait plus d'impact. On peut s'interroger sur les effets que produira ce film sur chacun d'entre nous et dans nos comportements à venir. On peut encore se dire «bon très bien et après?». Ou encore, on peut rentrer chez soi, reprendre une vie «normale» et espérer le prochain Ushuaia Nature pour se changer les idées...
Je suis ressortie simplement déstabilisée de la projection du film. Parce que celui-ci m'a touchée dans l'intimité de la réflexion qui m'a conduite à être là où je suis aujourd'hui. J'y ai retrouvé des mots, des auteurs, des hommes, des images, des expériences qui ont construit ma réflexion, mon regard sur le monde et m'ont conduite à m'engager.
Sandrine Bélier
Les citations avec * sont tirées ou adaptées du film «Le Syndrome du Titanic».
Image de une: Fjord de Akobshavn, en Norvège. Jacob Strong/Reuters
Mis à jour le 06/10/2009 à 17h09










































pourquoi s'affiche-t-il un message me disant que je ne suis pas autorisé à poster des commentaires?
Merci de votre réponse
Il y a quelque audace à comparer Nicolas Hulot - animateur de télévision, reconverti dans l'écologie et bientôt, nous dit-on, dans la politique - avec Jacques Tati, cinéaste et artiste, s'il en est.
J'ai vu tous les films de Jacques Tati.
Je n'ai pas vu le film de Nicolas Hulot mais j'ai regardé la bande annonce mise en ligne par madame Bélier.
La différence saute aux yeux, et aux oreilles, tout de suite.
Monsieur Hulot, hurluberlu débonnaire et silencieux, plein de poésie, nous montrait notre société et ses défauts sans avoir l'air d'y toucher. Nous nous sentions libres d'adhérer ou pas à sa vision.
Nicolas Hulot, bavard logorrhéïque, nous assène ses convictions écologistes à grand renfort d'images et de musique chocs. Nous sommes piégés.
Pourquoi ne puis-je m'empêcher de sentir comme de la moquerie dans ce parallèle maladroit (digne de la cour d'école) avec M. Hulot, un facteur? C'était déjà lourdingue sur son propre blog, il faut qu'elle en remette une couche...
C'est sympa de promouvoir les films des "copains" mais je ne sais pas si ces images méritaient une telle liste de banalités doublée d'une image moqueuse sans aucun intérêt sinon celui de parler de soi encore une fois... L'empreinte carbone d'un tel noircissement de pages et d'étalage de la vie sans intérêt de Mme Bélier ne vaut pas le coup d'être dépensée. J'ai de plus en plus l'impression à la lecture des histoires d'enfoncements de portes ouvertes de Mme Bélier qu'elle n'est pas l'intervenant idéal dont l'écologie a besoin pour faire passer ses messages qui ne font que parler d'elle et d'elle et d'elle.
Que celui qui a irrésistiblement eu envie d'aller voir "Le syndrome du Titanic" à la lecture de l'article de Mme Bélier me jette la première pierre. Je ne suis pas né écolo non plus, si ça intéresse quelqu'un. Ah mais non, suis-je bête, la motivation de Mme Bélier n'est que de tirer sur tous les camps, communistes, socialistes, droite, centristes, abstentionnistes, déserteurs et nihilistes.
Permettez mais je ne pense pas que c'est en opposant deux générations, les vilains baby boomers profiteurs et les gentils écologistes qui n'ont vécu qu'à travers la crise ou le sida que l'on fera avancer les choses. Je ne pense pas non plus que l'on peut-être un excellent porte parole d'une crédibilité absolument nécessaire quand on a passé sa vie de journaliste à silloner le monde en avion ou récemment à bord d'un jet de l'armée, pour ensuite faire la leçon à monsieur tout le monde,.Ni plus quand vos sponsors sont EDF, Suez ou France Télécom, le nucléaire et l'industrie de la téléphonie qui est actuellement un des plus grand pollueur de la planète. Et encore moins quand votre marque Ushuaïa, a été épinglé par Greenpeace comme contenant des produits dangereux, dont un déodorant ayant la vertu de troubler l'ordre hormonal des femmes enceintes. Je crois également que lorsqu'on se prétend écologiste il vaut mieux avoir une cohérence de discours et ne pas déclarer comme certain représentant de ce nouveau dogme que la catastrophe de l'Erika n'était pas une catastrophe écologique. Je crois surtout que ce n'est pas en portant la vindicte sur une génération ou les tenants de tel principe d'une croissance qui effectivement se fait attendre et en vérité ne reviendra jamais en l'état que l'on permettra aux idées utiles d'avancer. Cette conscience de vengeance qui animait hier les marxistes désireux de faire table rase du passé, et qui pousse aujourd'hui des écologistes à se scandaliser que l'industrie du pétrole défende le CO2, comme si l'oxyde de carbone était un genre d'invention démoniaque qu'il fallait éradiquer totalement, en faisant fi bien entendu de la moindre logique chimique et biologique. Le fanatisme en toute chose est dangereux, l'émotivité est facile à créer en montrant une mouette engluée, et le scandale n'est jamais loin quand on expose les horreurs de la déforestation. C'est un procédé facile et minable qui ne fait nullement avancer cette cause, et qui par la même ne tient nullement compte d'une autre réalité : à savoir que oui il y a le feu, mais qu'il existe aussi des millions d'individus sur cette planète qui crêvent de faim dans la plus belle indifférence et que pour les sauver, il faudra aussi utiliser des procédés ne collant pas avec l'orthodoxie dominante.
Quand les écologistes, et vous même mademoiselle, cesseront d'opposer deux modes de vie, tout en criant systématiquement au loup, même quand le loup est mort depuis belle lurette, quand les écologistes seront capable de prendre en considération que ce n'est pas la planète qu'il faut sauver du désastre mais les êtres humains qui y vivent. Quand enfin on cessera d'ériger en vérité absolu et fanatique absolument tout et n'importe quoi en occultant les règles les plus élémentaires de la vie de chaque nation, alors oui l'écologie aura réellement gagné un combat, et cette logique de la préservation au lieu de la consomation/destruction deviendra évidente à chacun. Pour le moment elle est si peu évidente qu'à vous entendre le monde est binaire, les gentils verts et les très, très méchants qui ne pensent qu'à croitre.
D'abord, êtes-vous certain(e)s que l'illustration est bien légendée ?
Si la vue est prise en Norvège, le réchauffement est moins grave
que ce qui est annoncé !
Blague à part, si la question est de se payer la peau de Hulot,
par plaisir ou en croyant que couper une tête de Cassandre
conjure le mauvais sort, alors tous aux canots de sauvetage !
(Et, sachant qu'il n'y en aura pas assez pour tout le monde...).
Notre rapport à notre environnement est suffisamment
lourd de conséquences pour dépasser la dimension
d'un seul personnage avec ses contradictions,
réelles ou apparentes, non ?
Aux incrédules, qu'il suffise de penser
qu'il y a quand même des jours où il est conseillé
de ne pas forcer sur sa fonction respiratoire
en raison de la qualité médiocre de l'air !
(Au-delà de trois minutes, et il faut déjà être entraîné,
il devient difficile de continuer à se retenir de respirer...)
Ce n'est que Paris, France, années 2000, encore épisodiquement.
Bien sûr, Londres a perdu son fog si caractéristique
et des progrès ont été accomplis localement
mais d'autres concentrations industrielles,
délocalisées "comme il se doit"
en ont largement compensé
les méfaits dans un bilan global.
Il est sans doute vain de s'escrimer
tant que l'économie du marché sans frein
ne se sera pas emparé de la manne
de la dépollution pour la titriser à sa guise
comme les famines et toutes les pénuries
sorties de son ventre fécond en malheurs.
Juste à la décharge (publique) du père Hulot,
il serait éclairant de revoir l'inquiétante beauté
fascinante de "Koyaanisqatsi" (Google est là
pour les plus jeunes et long(ue)s à entendre).
Pour rendre hommage à la Science et, parmi
ses humbles serviteurs, à un grand toxicologue
curieux de la qualité de l'air : dans les années vingt
(1900), la tour Eiffel fut le support d'une expérience
qui a mis en évidence une "voûte des fumées"
au-dessus de Paris, révélation déjà gênante
à l'aube de l'industrie automobile.
Qui s'en souvient ?
Les vendeurs de masques contre les épidémies
ne seraient-ils que les précurseurs de ceux
qui vendront l'air respirable
à une population
qui n'aura plus le loisir
ou même l'envie de s'en indigner ?
Estoufflement.
Oui mais bon, si le fog londonien s'est retiré c'est parce que les usines polluantes ont été déplacées, le charbon abandonné et le péage à l'entrée de la ville imposé par nécessité. Ce même péage que les parisiens ont tant de mal à accepter mais qu'il faudra bien ici aussi imposer un jour pour convaincre les accros de la bagnole qu'elle n'est vraiment pas indispensable (en ville) à la grande majorité.
Et puis hier en vous relisant m'est venu une autre évidence Mlle Bélier, que votre argumentation au sujet des 30 glorieuses et de cette croissance qui ne reviendra jamais est en réalité complètement à côté de la plaque. Actuellement parmis les plus gros pollueurs, nous avons les chinois et les indiens. Eux la croissance + 10 ils connaissent tout juste et les 30 glorieuses n'ont jamais appartenu à leur vocabulaire. Il y a peu une amie qui vie en Chine me disait "aujourd'hui c'est la première fois depuis que je suis là qu'il fait beau à Pékin" (en un an) et de m'expliquer la raison : la crise économique. Vingt millions de chômeurs dont on ne sait que faire et dont les usines fermées libèrent le ciel de leur suie. C'est cela la réalité. Les plus gros bouffeurs de thon rouge de la planète ne sont pas les baby boomers de vos hydres mais les japonais qui ne sont pas très motivés par l'idée de les débarasser de leur sushis. Et loin de moi de rejeter la faute vers les autres, l'écologie est une affaire collective, mais j'ai tout de même du mal avec ce centrisme ethnologique qui voudrait que le mal vienne d'occident et exclusivement de là, quand des pays émergeants et à vrai dire de plus en plus émergé reproduisent le schémat par 5 emprunté aux nations occidentale à l'époque de votre naissance. Je suis à peine plus vieux que vous de 9 ans et quand vos confrères dans les années 80 parlaient déjà de couche d'ozone, en France et ailleurs on leur riait au nez. Croyez bien qu'en lisant votre argumentation à coup de raccourcis nombriliste vous servez un peu plus la soupe à ces même rieurs. Vous êtes sortie de là pleine d'émotion et de révolte indignée nous dites vous à propos de ce syndrome, eh bien croyez bien qu'en vous lisant et après voir vu son réalisateur s'évanouir dans un jet je ne suis pas prêt d'aller m'indigner avec vous. Et au reste avec aucun de ces écolos de la dernière minute qui à l'instar d'Arthus-Bertrand ou de votre nouveau gourou de la conscience propre ont trouvé dans ce combat une nouvelle façon d'exalter leur passion d'eux même.
Il faudrait arrêter de se poser en victime à chaque fois qu'un effort écologique est demandé ou suggéré au citoyen. Pointer le doigt vers la Chine ou l'Inde ne changera rien, montrer l'exemple oui. vous n'avez même pas la moindre idée des importantes décisions environnementales qui sont prises dans ces pays.
Tenter l'expérience des transports publics ou du vélo et laisser tomber sa voiture n'est pas une punition, essayez d'abord, vous râlerez après.
Si Pékin suffoque aujourd'hui c'est bien grâce au magnifique modèle occidental du tout en bagnole. Il y a 20 ans Pékin était envahie de vélos. Si Paris était envahie de vélos dans dix ans, elle servirait de modèle à d'autres métropoles. Les chinois visitent Paris en masse, ne l'oubliez pas, et l'occident est un modèle de développement. Montrer l'exemple est essentiel.
Et arrêtez de traiter Hulot de gourou de l'écologie, il n'y a rien de plus faux. Ce n'est qu'un gourou des médias, aucun écologiste sérieux ne se reconnaît en Nicolas Hulot. Il nous montre de belles images, il communique. C'est tout. Quelle idée saugrenue de lui coller une étiquette de gourou de l'écologie! Les vrais gourous de l'écologie vous ne connaissez même pas leur nom. C'est comme dire que Greenpeace est l'exemple de la lutte environnementale, c'est singulièrement manquer de culture dans ce domaine. Greenpeace dérange, communique, se sert des médias. Tournez-vous vers des instituts tels que World Watch pour parler de gourous de l'écologie, ceux qui influencent véritablement les décisions politiques mondiales en matière d'écologie. Les sphères d'influences ne sont pas celles que le journal de 20 heures cherche à vous faire avaler à grand coup de populisme.
Éteignez la télé!
Mon cher Cyril avant d'annoner n'importe quoi auprès de n'importe qui il serait aussi bien de savoir de quoi on parle. D'une part vous me jetez la pierre en m'invitant à donner l'exemple. Je n'ai pas de voiture, je n'utilise que mes pieds, le vélo où les transports en commun, et s'il y a de l'amiente sur les freins des trains ce n'est pas à moi que vous devez ainsi en récriminez. Ensuite je ne regarde pas la télé qu'exceptionnellement et uniquement pour me souvenir que je n'aime pas ça. Voiçi pour moi. Ensuite béat de votre leçon vous venez me parler des chinois qui hier avaient tous un vélo et aujourd'hui, béats devant le modèle occidental, vont vers la voiture. Je vous inviterais en échange de ma télé à ouvrir quelques livres, si possible écrit par des chinois et relatant de leur pays. Un pays qui hier était pour l'essentiel plus tourné vers l'agriculture que l'industrie, au point où les tenants du marxisme se grattaient l'esprit pour savoir si leur révolution était orthodoxe aux préceptes de Hegel et de Marx. Le vélo n'est pas apparu par vertu écologiste et disparu sous l'influence de l'horrible occident. Cette évolution est dût à deux éléments, Deng Xiao Ping qui a venté l'économie de marché et la nécessité de s'enrichir, et le boom économique que connait la Chine depuis les années 80, et qui va en croissance. De même qu'il en est ainsi en Inde, pays pourtant bien plus tourné vers le sacré et la préservation de ce qui constitue le sacré dans l'hindouisme. C'est un fait, c'est idiot, mais ceux qui n'avaient d'autre choix que de posséder un vélo pour se transporter, ont aujourd'hui loisir de se payer des moyens de transports plus moderne. Et quand la Chine envisage de faire sauter des montagnes entière au Tibet afin de contrôler le chateau d'eau de l'Asie ce n'est pas non plus l'effet du zorrible occident mais bien de la volonté hégémonique de cette nation, autant que de la nécessité d'irrigué des territoires aussi gigantesques que pauvre en eau.
Ensuite un gourou est, quelqu'il soit, un individu qui se sert de son aura et de son charisme pour guider les uns et les autres su la voie d'une croyance, quelqu'elle soit, un guide spirituel, un maitre à penser. C'est la définition même, et en ces termes, considérant que monsieur Hulot a l'oreille de nôtre président et qu'aujourd'hui on le voit un peu partout annoner son discour religieux, pardonnez mais il a exactement les traits qui définisse un gourou. Donc encore une fois ouvrez un livre avant d'inviter les autres à éteindre des télés qu'ils méprisent.
Enfin monsieur, tout à votre assurance de cuistre, vous venez m'expliquez que je me pose en victime, je vous invite donc à bien lire ce qui est écrit. C'est précisemment l'inverse que je demande, qu'on ne pause pas les choses en terme de victime et de bourreau. Les gentils trentenaires contre les vilains baby boomer et qu'avant de réclamer un effort, il serait peut-être intéressant d'examiner les terme de cet effort. Un barrage n'est pas particulièrement écologique par principe, il prive des terres de ses alluvions, il noie certaine région et en assèche certaines autres. Pour autant c'est un des grands rêves de la Somalie que d'en construire un afin de permettre à ses populations de profiter du Nil, population qui sera bientôt supérieur à la très peuplé Egypte. Cette question de l'eau, qui va très bientôt devenir vitale, occupe également le sud et le nord de l'Espagne, l'Inde, le Bengladesh, la Chine, l'Egypte et la Somalie donc. L'enjeu est assez succint : manger à sa faim. Mais pour le moment les solutions envisagées et possibles consiste à provoquer probablement certaine catastrophe écologique. Vous qui venez m'inviter à ne pas pleurnicher et prendre mon vélo (bien piètre invitation issu de la propagande de votre téléviseur, il y a plein de chose à faire au niveau individuelle, essayez les toilettes sèches par exemple), permettez donc que je vous invite à vous rendre en Somalie et à expliquer à ses crêves la faim sans conscience que leur idée d'irrigation sera mauvaise pour l'écologie. Permettez que je vous invite à aller en Chine et expliquer au lambda que cette voiture dont il a rêvé pendant trente ans et qu'il paye à crédit en travaillant comme un chien, eh bien il peut se la mettre où je pense, parce que voyez-vous l'occident s'est trouvé une nouvelle conscience.
Mais permettez surtout, avant d'abuser de raccourcis à réfléchir un poil plus en terme d'équilibre humain autant qu'écologique, et que l'un ne se passe nullement de l'autre. bref qu'au lieu de m'assaisoner de vos clichés sortit tout droit de votre télé, de on dit et du café du coin, vous alliez respirer un coup pour vous demander comment on peut concilier le fait de nourrir 1 milliard et demi de chinois, satisfaire leur besoin de confort et leur aspiration à une vie moins rustre tout en permettant que l'écologie ne devienne pas l'enjeu de quelques gourous, fabriquant d'ennemis en tout genre, et amateur de caricature tel que vous qui n'ont strictement aucune chance de se faire entendre, mais l'enjeu partagé par tous.
Une dernière chose, votre condescendance. Il y a dix ans le tout solaire était considéré comme une litote onéreuse par nos élites, et je ne doute pas que vous en fassiez parti au regard de vos affirmations et à mon endroit et à l'endroit de la Chine. Aujourd'hui le premier producteur en matière de panneau solaire, le numéro un du secteur est chinois. Les grands travaux entrepris par Mao pendant le Grand Bon en Avant ont été cataclysmiques du point de vue écologique et a donné son lot de millions de mort. Aujourd'hui la Chine révise son jugement et n'entreprend plus sur un simple coût de tête. Seulement elle a un milliard et demi d'individus, à gérer, 50 ethnies, de 5 confessions différentes, le tout répartit sur un territoire gigantesque, et qui il y a à peine vingt ans comptait essentiellement sur son agriculture. Un milliard et demi d'individu à qui on a promit la croissance et la suprématie en Asie. Un milliard et demie d'individus à qui il faut assurer du travail, de manger à sa faim et surtout de ne pas régesser vers un passé qui offert le loisir à la condescendance de l'occident de la qualifier de "malade de l'Asie". Le modèle occidentale ils s'en cognent sinon en terme de limite à dépasser. Comme me l'expliquait un ami qui a passé sa vie à faire du business avec la Chine, en dix ans Shangaï a bâtit l'équivalent de dix fois la Défense.
La civilisation chinoise a 4000 ans et un nombre incalculable d'invention à son actif, qui vont de l'astrobal à l'irrigation, en passant par la navigation en haute mer ou le pétard (pas celui que vous fumez), fort de sa culture et de sa puissance actuelle, à vrai dire le modèle occidentale en régression aurait plutôt tendance à lui évoquer du mépris. Et croyez bien que si les chinois viennent à Paris ce n'est pas pour copier notre merveilleux modèle de vie, mais parce que d'une part ils profitent de moyens et d'une liberté dont ils ont amplement privé pendant des années, mais aussi parce que pour eux nous sommes le passé. Un passé charmant, certes mais le passé, là où ils sont l'avenir. Et si vous doutez du haut de votre condescendance de cette vérité, allez donc vous renseigné auprès de Danone sur le bon usage que font les chinois des joint venture, et comment on peut largement en effet s'inspirer d'un modèle pour... le supplanter.
"Je suis ressortie simplement déstabilisée de la projection du film. Parce que celui-ci m'a touchée dans l'intimité de la réflexion qui m'a conduite à être là où je suis aujourd'hui. J'y ai retrouvé des mots, des auteurs, des hommes, des images, des expériences qui ont construit ma réflexion, mon regard sur le monde et m'ont conduite à m'engager."
Ah bon? Alors pas moi! J'attendais beaucoup, beaucoup mieux. Un film qui soit au moins à la hauteur du film d’Al Gore.
Il y a une scène dans le film de Hulot qui montre une église extraordinaire et inquiétante à Lagos en Afrique où des centaines d'Africains, visiblement des classes aisées, s'extasient et se félicitent au sujet de rien en particulier dans un bâtiment somptueux. Leur 'foi', on doit comprendre, semble lier le bon dieu et le business.
Ce film, soutenu par une promo à la Hollywood semble en être inspiré! Une longue lamentation culpabilisante avec des images chocs mais dénuée du moindre information détaillée et sans aucune solution à proposer autre qu'une sorte de ‘prière à la Hulot’. La foi, quoi, en substance.
Ca va être ça maintenant l'écologie? Une nouvelle religion avec nous les coupables sermonnés par ces nouveaux prêtres de l'écologie?
Je n’accepte pas que le progrès n’a que du mauvais. Ceux qui le veulent n’ont que retourner à l’Europe de l’après guerre quand non seulement les démunis mais tout le monde étaient mal logés, mal nourris et mal soignés.
Il est vrai qu’il y a un déséquilibre entre nord-sud qui est inacceptable. Mais pourquoi les Japonais, les Coréens et les Taïwanais qui mouraient de faim en ’45 sont aujourd’hui prospères tandis que la plupart des gens de Lagos vivent dans le misère ? Ce n’est pas seulement la faute du progrès des occidentaux.
Pour préserver notre niveau de vie tout en respectant l'environment concentrons-nous sur des faits, des propositions, des idées et on s’en sortira. Et laissons les nouveaux prêtres de l'écologie et leurs lamentations dans leurs églises !
Tout à votre ignorance issu de je ne sais quel on dit capté sans doute chez des ainés vous venez nous annoner que le fog a disparu de Londres grâce au déplacement des usines polluantes et à l'instauration d'un péage... Non monsieur, les usines polluantes n'ont pas débarrasser les alentours de Londres, il y a un ou deux ans l'une d'elle a si bien flambé que le ciel de Londres était comme la nuit. Ensuite le péage a été instauré pour une raison essentielle : la sécurité de Londres. Puisqu'en fait de péage il s'agit de s'identifier contre une certaine somme auprès de lecteur électronique (pour votre information lire "Petite Histoire de la Voiture Piégée"). Enfin est surtout le fog a disparu et depuis un baille de Londres depuis les années 60 parce que l'on a fait des travaux sur la tamise et qu'on a abandonné le charbon pour l'électricité et le gaz (pas du tout polluant comme on le sait), mais ici on ne parle pas du fog mais du smog...
Et d'ailleurs puisque vous nous parlez de la vertu londonnienne qui aurait trouvé La solution grâce à ce péage dont vous dites n'importe quoi, je vous renvoit à cette photo : http://xiii.net/blog/images/Fog-Londres-Canary%20Wharf.jpg ... en effet comme vous pouvez le voir, le ciel de Londres est limpide....
D'abord, merci de préciser avec justesse
que c'était le smog, et non le fog, qu'il fallait citer.
Leçon de faillibilité et donc d'indulgence.
Au point de renoncer à croiser le fer
à propos du droit de questionner
qui ne doit pas escamoter la méthode
du dit questionnement ni même sa forme.
Qu'il s'agisse de remise en cause de l'orthodoxie
en matière d'effondrement de tours, d'avions abîmés
ou d'évolution climatique et environnementale,
il n'est pas mauvais, mais déjà exigeant,
de dépasser les stades émotifs et croyants,
sans parler d'intérêts qui dictent des croisades,
pour mettre en marche des processus raisonnés
(analyse, synthèse) qu'il convient ensuite de nourrir
de faits, de mesures, de causalité, de connaissance,
et pas seulement de suppositions et d'hypothèses.
En rester au stade de l'hypothèse permet l'évasion
vers la fiction et... la poésie, pour n'y voir aucun mal.
Le soupçon peut - hélas ! - aussi être instrument
de déstabilisations intentionnelles.
Du bon usage du doute, n'est-ce pas ?
Peut-être commencer
par écarter les jugements trop personnels,
en particulier sous forme d'attaque ou d'invective,
trier ses arguments, les hiérarchiser, les éprouver
préalablement à leur déploiement avec les cribles
à sa disposition ou alors les formuler de manière
interrogative, sinon par politesse, par prudence
envers la malice du réel qui n'emprunte
pas toujours la voie de l'évidence ?
Enfin, il y a encore et souvent
la place de l'interprétation
qui autorise le désaccord
comme au début
il était permis
de douter.
(R)échauffement.
Hello Sandrine et messieurs-dames les commentateurs énervés.
C'est super intéressant, avec un regarde extérieur tel que le mien (pas très calé ni en politique ni en écologie même si je m'y intéresse), de voir comment on peut polémiquer de manière très virulente sur quelque chose qui devrait à la base rassembler tout le monde.
Ca me fait penser à un truc ça... Copenhague ? Kyoto ? La taxe carbone ?
C'est bien d'être critique et indépendant mais j'ai l'impression qu'il manque 2-3 qualités aux écologistes, aux politologues et plus globalement aux français (je sais je généralise un peu mais bon) pour être dans le vrai. Un peu d'humilité d'abord, un brin de remise en question face à des arguments sensés (ce qui implique de ne pas être trop susceptible mais je sais c'est dur), un soupçon d'ouverture (donc d'écoute) et un peu plus d'empathie (donc moins d'égo et ça aussi je sais c'est dur). Et puis surtout de l'optimisme...
Le film de Nicolas Hulot est très pessimiste à l'inverse de celui de Yann Arthus Bertrand. Il aurait donc du vous plaire... Mais surtout, même s'il est emmené par une vedette médiatique plus qu'un véritable écolo ou politicien, il va dans le bon sens. Et vous devriez au moins retenir ça. Nicolas Hulot s'occupe de la médiatisation de l'écologie. C'est ça son métier. Son métier n'est pas d'avoir de brillantes idées écolo ou politiques, c'est juste un porte parole très médiatique et adoré par les français. Il le dit lui même : il bosse avec des gens vraiment calés, sérieux et professionnels. Il n'est que leur relais.
Alors allez-y de la critique, c'est important, mais pensez à rédiger l'antithèse après la thèse. Comme ça on aura une belle synthèse intelligente au lieu d'un verbiage pompeux clairement pas constructif.
Mon avis c'est que ce film ne dit pas tout ce qu'il faut comme il le faut mais il le dit au plus grand nombre et le message général (malgré tout plutôt bien traité je pense) passe bien et la conscience écologique des gens prend encore un peu d'ampleur. Même constat avec le film de Yann Arthus Bertrand. Chacun son combat...
De mon côté j'ai appris beaucoup de choses déjà (oui je le rappelle j'ai beaucoup à apprendre en la matière) en lisant cet article, en lisant les commentaires de Cyril, de Pirate et de Polémikoeur. Vos avis semblents tous sensés et sont intéressants. Ils se contredisent parfois mais sont souvent complémentaires.
Vous seriez tous bien plus utiles à penser ensemble, avec enthousiasme et optimisme, à ECHANGER en fait, plutôt qu'à tirer chacun la couverture à soi. On dirait une compétition à celui qui parle le mieux, qui sait le plus de choses... On sent des personnalités jalouses, susceptibles, hargneuses, aigries... Ca fait flipper !
Dernière chose : quitte à critiquer le film, intéressez vous à des éléments concrets du film qui vous ont révolté plutôt que de recentrer le débat sur Nicolas Hulot. c'est comme si vous critiquez le dernier film de Coppola en ne parlant que de lui, du fait qu'il n'est qu'un grand réalisateur hollywoodien incapable de réaliser un vrai beau film d'auteur...
Voilà j'ai encore fait mon "donneur de leçons" désolé. Mais j'ai écrit ça à chaud, avec le contexte d'un type dégoûté par les échecs écologiques à répétition de ces derniers temps. Ne le prenez pas trop mal !