Monde

Au Japon, une station de train est-elle ouverte pour une seule passagère?

Repéré par Robin Panfili, mis à jour le 11.01.2016 à 15 h 46

Repéré sur City Lab, Sydney Morning Herald, CCTV News

Pas sûr, mais l'histoire aura eu le mérite de relancer le débat sur le sentiment d'abandon que ressentent les populations les plus isolées.

Dans ce coin reculé de l'île d'Hokkaido, située dans le nord du Japon, il n'est pas question de laisser les gens à l'abandon, et encore moins lorsqu'il est question d'accès à l'éducation. C'est, s'il en fallait une, la morale de cette histoire insolite, relayée par CCTV News et CityLabChaque matin, une lycéenne attend, toute seule, sur le quai de la gare Kami-Shirataki que le train vienne la récupérer pour l'amener jusqu'à son lycée. Juste pour elle, le train s'arrête deux fois par jour, une fois le matin, à 7h04, et une autre le soir, à 17h08, pour ramener la lycéenne chez elle après les cours. 

L'histoire est unique en son genre. Il y a trois ans, la Japan Railways –l'équivalent de la SNCF en France– prévoyait de fermer la gare en question, faute de passagers, avant de se rendre compte que cette lycéenne l'empruntait tous les matins pour aller étudier. La société a finalement décidé d'adapter les horaires de passage du train avec ses heures de cours et de maintenir l'arrêt dans la gare de Kami-Shirataki jusqu'en mars, date à laquelle elle devrait obtenir son diplôme.

 

Une photo publiée par supersoya (@supersoya) le

 

Une version romancée?

Après l'émoi suscité par cette histoire au Japon, certains journaux ont nuancé la version exposée par CCTV News. Pour le Straits Times, qui cite le journal taïwanais Apple Daily, la réalité n'est pas aussi simple. En fait, la lycéenne prendrait le train dans la station voisine Kyu-Shirataki en compagnie de dix autres camarades. Le train du matin partirait à 7h15 et ils bénéficieraient de trois trains pour rentrer chez eux le soir.

La seule chose qui est sûre, pour le moment, c'est que la gare de Kami-Shirataki fermera bien en mars prochain, au même titre que ses deux stations voisines Kyu-Shirataki et Shima-Shirataki. Là encore, The Straits Times tempère: la date de fermeture choisie par la Japan Railways n'aurait rien avoir la date de remise de diplôme de la jeune lycéenne.

 

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Le problème ferroviaire japonais

Cette histoire, dont les contours restent encore flous, a le mérite de mettre en lumière un débat qui secoue la société japonaise depuis quelques années: la mobilité et l'accès aux transports pour les populations vivant dans les régions les plus reculées du pays. 

Certains ont vu dans l'initiative de la Japan Railways une mesure exemplaire démontrant qu'aucun enfant du pays ne pouvait être oublié, surtout lorsqu'il s'agit d'éducation. D'autres ont préféré souligner l'injustice d'un système ferroviaire à deux vitesses dans le pays qui pénalise ceux qui n'ont pas l'opportunité de vivre à proximité de grandes villes et de ces nouvelles lignes de train à grande vitesse ultra-performantes.

Ces dernières années, près de vingt lignes ferroviaires ont été fermées dans la région d'Hokkaido, notamment à cause de la baisse du nombre d'habitants, laissant à ceux qui n'ont pas déménagé un important sentiment d'abandon.

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