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Le PSG s'en prend à M.I.A. qui a détourné un de ses sponsors, la chanteuse contre-attaque

@MIAuniverse

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L'artiste britannique avait détourné «Fly Emirates» en «Fly Pirates», dans son dernier clip.

Voilà une nouvelle publicité dont le club parisien se serait sûrement bien passé. M.I.A. a publié en début de journée sur son compte Twitter la mise en demeure envoyée par le PSG à sa manageuse qui lui demande d'arrêter la diffusion d'un passage de son clip «Borders», de ne pas réutiliser l'image du club sans lui demander l'autorisation, et de lui fournir une compensation pour le préjudice subi.

Le préjudice? L'artiste britannique a sorti à la fin du mois de novembre la vidéo de son morceau «Borders», qui doit apparaître sur son prochain album. On pouvait la voir au milieu de réfugiés qui tentent de traverser la mer sur des bâteaux bondés, et de passer par-dessus des murs et clôtures. Et comme le notait alors Pitchfork, on pouvait voir dans la vidéo que l'une des tenues portées par M.I.A. était un maillot du PSG dont le sponsor «Fly Emirates» avait été remplacé par «Fly Pirates».

Dans un premier passage traduit par L'Équipe, le directeur général délégué du club écrit ceci:

«Plus que d'être surpris, nous ne comprenons simplement pas pourquoi nous sommes associés, via notre logo et le maillot de notre club, à une telle dénonciation. Cette association est d'autant plus difficile à comprendre que rien dans nos activités et nos préoccupations quotidiennes ne suggère que nous ayons un quelconque lien avec les problèmes soulevés par M.I.A. (...) Nous considérons que l'usage de notre marque et de notre image dans un clip dénonçant le traitement des réfugiés est une source de discrédit pour notre club, et va à l'encontre de notre politique de communication.»

Le PSG met en avant deux articles du Huffington Post et de Konbini. Dans ce dernier, on pouvait lire ce passage:

«À la place du “Fly Emirates qui estampille le maillot de l’équipe parisienne, on peut lire “Fly Pirates: une vive critique à l’égard du pays organisateur de la Coupe du Monde de football de 2022, où 1200 travailleurs immigrés ont péri sur les chantiers durant la construction des stades.»

Et c'est visiblement ce qui n'a pas plu au club parisien:

«En causant un préjudice d'image, vous avez excessivement pris avantage de la grande réputation de notre club. Nos actions sont donc une source de préjudice économique et de préjudice d'image. [...] En effet, les articles de presse présentés ci-dessus indiquent que l'usage de notre maillot a largement contribué à attirer l'attention du public et de la presse au clip de M.I.A.»

Le tout, avant de demander des changements dans les 24 heures, suivant la réception. Le message ayant été reçu le 21 décembre, et la vidéo n'ayant pas bougé, on peut donc légitimement penser que l'artiste et son équipe n'ont rien décidé de faire pour l'instant.

 

Un but contre son camp?

Le problème, c'est que si le PSG se plaint des quelques retombées (et quelques articles) publiées au moment de la sortie de la vidéo, il risque de découvrir l'effet Streisand très, très vite. En cherchant à supprimer l'image, le club parisien risque au contraire de contribuer à ce qu'elle circule beaucoup plus, et à la diffuser auprès de gens qui ne l'auraient pas forcément vu et qui vont donc chercher à la visionner. C'est visiblement ce qui est en train de se passer actuellement, et au vu des nombreuses réactions, le PSG est loin d'être le grand gagnant de l'histoire.

D'autant que s'attaquer à M.I.A. en pensant qu'elle va accepter gentiment de se ranger, n'est peut-être pas l'idée du siècle.

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