Culture

Quand la musique de David Bowie explosait sur grand écran

Boris Bastide et Jean-Marie Pottier, mis à jour le 11.01.2016 à 15 h 49

Le cinéma a largement pioché dans le catalogue du musicien anglais décédé ce dimanche 10 janvier 2016. Souvent pour le meilleur.

Denis Lavant dans «Mauvais Sang» de Leos Carax

Denis Lavant dans «Mauvais Sang» de Leos Carax

La dernière fois qu'on a entendu la musique de David Bowie au cinéma, c'était dans Seul sur Mars de Ridley Scott, où son «Starman» ornait une des scènes sur la planète rouge. En quarante ans environ (sa musique a réellement commencé à être utilisée sur des BO à la fin des années 1970 et le site IMDB répertorie 452 occurrences à son nom dans la catégorie soundtrack), sa discographie a fourni au cinéma un grand nombre de moments mémorables. En voici quelques-uns.

Moi, Christiane F., droguée, prostituée (Uli Edel, 1981)

La musique de Bowie est au cœur de ce film allemand, avec une BO composée de pas moins de neuf de ses chansons, dont une version bilingue anglo-allemande de «"Heroes"», rebaptisée «"Heroes"/"Helden"». Une scène le montre interpréter sur scène le morceau «Station to Station».


Absolute Beginners (Julian Temple, 1986)

Pas la meilleure période musicale pour Bowie, qui fournit un single inédit pour la BO de ce film de Julian Temple.


Mauvais sang (Leos Carax, 1986)

Sans doute l'une des utilisations de la musique de Bowie qui a le plus marqué des générations de cinéphiles. Alex (Denis Lavant) allume la radio alors qu'il est en compagnie d'Anna (Juliette Binoche) et tombe sur un morceau de Serge Reggiani, à laquelle succède la voix d'un présentateur qui annonce «L'Amour moderne», c'est à dire «Modern Love», un des singles de Let's Dance (1983). Il se lance alors dans une course folle dans la rue, que le cinéaste américain Noah Baumbach a répliquée avec sa muse Greta Gerwig dans le film Frances Ha.


Lost Highway (David Lynch, 1997)

Déjà auteur d'une apparition mémorable en tant qu'acteur dans Twin Peaks: Fire Walk With Me (1992), Bowie voit cette fois-ci son morceau «I'm Deranged» orner le générique du film, qui reprend le motif de la ligne d'autoroute qui défile, déjà apparu dans Sailor et Lula.


Presque célèbre (Cameron Crowe, 2000)

Le film de Cameron Crowe sur l'initiation d'un jeune journaliste musical un peu naïf à l'univers rock des années 1970 ne pouvait faire l'impasse sur David Bowie. On y entend donc une reprise par le chanteur britannique du «I'm Waiting For The Man» du Velvet Underground, au moment où un de ses avatars se réfugie dans un ascenseur pour échapper à ses fans.

 

Dogville (Lars Von Trier, 2003)

Cette fois-ci, c'est au générique de fin que Bowie a droit: le single «Young Americans» y défile sur des images de pauvreté aux États-Unis, coda ironique à un film dénonçant l'hypocrisie des petites villes américaines.


La Vie aquatique (Wes Anderson, 2005)

Le quatrième film du cinéaste texan est une véritable déclaration d'amour à Bowie, avec ses standards repris à la sauce bossa-nova par le musicien-moussaillon Seu Jorge et sa superbe utilisation de «Life on Mars?» lors des retrouvailles entre Bill Murray et Owen Wilson. Mais rien qui atteigne en beauté la façon dont «Queen Bitch», une des chansons les plus jouissives de Hunky Dory, rythme le générique de fin en forme de défilé du gang des personnages.


C.R.A.Z.Y (Jean-Marc Vallée, 2005)

La passion que voue le personnage principal de C.R.A.Z.Y. à David Bowie est une des plus belles illustrations du choc esthétique que pouvait représenter l'univers du musicien pour ceux attirés par la marge. Un modèle déviant, libérateur, créatif comme une incitation à explorer de nouvelles voies, sans cesse se réinventer. Combien d'adolescents se sont-ils ainsi répétés dans leur chambre: «Can you hear me Major Tom?»

 

Control (Anton Corbijn, 2007)

Sans doute une des meilleures descriptions de l'influence qu'a pu avoir Bowie sur la génération new-wave et post-punk, à la fin des années 1970: on y voit Ian Curtis, futur chanteur de Joy Division (groupe baptisé dans un premier temps Warszawa, en référence à une chanson de l'album Low), se prendre pour son idole en se trémoussant devant sa glace au son du «Jean Genie» de Aladdin Sane.


Inglourious Basterds (Quentin Tarantino, 2009)

Avec l'auteur de Pulp Fiction, l'hommage ne pouvait être que référentiel: dans cette scène montrant Shoshanna (Mélanie Laurent) se préparer pour une première de film où Hitler doit être assassiné, le cinéaste utilise «Cat People (Putting Out Fire)», chanson composée par Bowie et Giorgio Moroder pour un remake du film de Jacques Tourneur tourné en 1982.


Ironiquement, la BO du film sans doute le plus sous influence Bowie, Velvet Goldmine, ne comprend elle aucun morceau de lui.

Boris Bastide
Boris Bastide (106 articles)
Éditeur à Slate.fr
Jean-Marie Pottier
Jean-Marie Pottier (944 articles)
Rédacteur en chef, responsable de la newsletter politique «Le Jour d'après». Auteur de «Indie Pop 1979-1997» et «Ground Zero. Une histoire musicale du 11-Septembre» (Le Mot et le Reste).
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