Monde

Nous n’avons pas besoin de plus de temps libre, mais de plus de temps avec nos proches

Repéré par Aude Lorriaux, mis à jour le 11.01.2016 à 18 h 12

Repéré sur New York Times, Sociological science

Une étude de deux sociologues américains sur les moments de bien-être dans la semaine plaide en faveur des week-ends et contre le travail le dimanche.

Take my hand / Stephan Hochhaus via FlickrCC License by

Take my hand / Stephan Hochhaus via FlickrCC License by

Pour être heureux, nous avons besoin d’une certaine dose de temps libre, c’est certain. Mais nous faut-il plus de temps libre que les deux jours chômés habituellement donnés par semaine ou du temps libre bien placé, et bien passé, avec nos proches, à la fin de la semaine, quand tout le monde est disponible?

Deux scientifiques américains, Cristobal Young et Chaeyoon Lim, ont mené deux études qui tendent à privilégier la seconde hypothèse. Selon la première étude réalisée en 2014, nous sommes tous beaucoup plus heureux le week-end que la semaine. Tous, y compris ceux qui ne travaillent pas et ont donc théoriquement autant de temps libre et sinon plus du lundi au vendredi que du samedi au dimanche. Leur courbe émotionnelle est exactement la même que celle des autres: ils sont plus heureux le week-end, c’est-à-dire quand ils peuvent profiter pleinement de leurs proches.

«Notre vie n’existe que par et pour les week-ends»

Les auteurs ont alors mené une seconde étude, dont ils publient les résultats dans le New York Times, en utilisant les données d’une enquête fédérale sur la façon dont les Américains utilisent leur temps. Les sondés devaient indiquer par exemple à quels moments ils mangent, travaillent, dorment, font du sport et passent du temps avec leur famille et amis. Les sociologues ont trouvé que les moments passés avec les proches correspondaient effectivement aux moments de «bien-être» déclarés dans la première étude. L’augmentation du temps passé avec les proches compterait pour près de la moitié du pic de bien-être ressenti le week-end. Et c’est là aussi le cas pour les chômeurs.

«Notre vie entière n’existe que par et pour les week-ends», estiment les chercheurs. Par suite, vouloir créer plus de flexibilité en entreprise en réaménageant les emplois du temps des individus, notamment en les faisant massivement travailler le dimanche ou en horaires décalés, à des moments où ils pourraient profiter de leurs proches, menace l’équilibre social, jugent Cristobal Young et Chaeyoon Lim. «Cela risque d'exacerber le déclin de l’engagement civique et des interactions sociales», préviennent les chercheurs. Un problème que l’on résume d’ordinaire par l’expression «Bowling alone», littéralement «jouer au bowling tout seul», soit l’augmentation du nombre d’Américains pratiquant des activités seuls, mise en exergue par le sociologue Robert Putnam. La solution, plaident les chercheurs: restons sur des rythmes de vie standardisés.

 
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