Comment la France est devenue un livre d’or à ciel ouvert

Devant le mémorial aux victimes du 13-Novembre à Rennes, le 16 novembre 2015. DAMIEN MEYER/AFP.

Devant le mémorial aux victimes du 13-Novembre à Rennes, le 16 novembre 2015. DAMIEN MEYER/AFP.

Les attentats de 2015 ont poussé des milliers de Français à témoigner de leur émotion par des objets, des messages et des dessins spontanés. Ces fragments d’émotion sont désormais des documents historiques en cours de collecte et d’analyse.

Les chercheurs Jan Margry et Cristina Sanchez-Carretero leur ont donné un nom difficile à traduire en français: les grassroots memorials. Grassroots désigne, en anglais, «ce qui vient de la base, de la masse populaire». Aux extrémités de 2015, lors des deux vagues d’attentats, quand pleurer ne suffisait plus, quand manifester était trop éphémère, des milliers de Français grassroots ont exprimé leurs émotions en dispersant sur le sol des bougies, des fleurs et des messages destinés à qui voudrait bien les lire. Des sortes de livres d’or spontanés et à ciel ouvert disséminés partout sur le territoire, des lieux des attaques et de la place de la République à Paris jusqu'aux parvis des hôtels de ville en région.

Les flammes s’éteignent vite à l’air libre et les végétaux fanent, mais les objets et papiers peuvent traverser les mois et les années. Ils constituent une masse de témoignages auquel le recul du temps va conférer le statut de document historique sur la brutalité des chocs que furent, dans les foyers et les consciences, les attaques. Ils disent et diront la douleur, l’incompréhension, l’espoir, la volonté de paix mais aussi les fissures d’une société défiée sur l’essentiel.

Ce phénomène avait déjà été observé lors des attentats de New York en 2001, de Madrid en 2004, de Londres en 2005 ou de Boston en 2013 (une partie des documents de Boylston Street ont d'ailleurs été archivés en ligne). En France, s’il s’était produit quelque chose d’approchant autour du pont de l’Alma lors de la mort de Lady Di en août 1997, il a fallu 2015 pour confronter les gens à ce besoin d’extérioriser un mélange indéfinissable de détresse et de souffle, que résume ce papier laissé par une main anonyme à Rennes, en janvier 2015:

«Votre disparition cause en France (et même dans le monde!) un véritable rassemblement sociétal. On admire des défilés, des mots, des pensées plus beaux les uns que les autres se répandre à travers toutes les communautés, les religions, les pays, les âges… Je ne sais si cette beauté humaine va continuer, mais je suis à cet instant très fière de ma France.»

Pas de collecte officielle à Paris en janvier

Si cet écrit est lisible un an après, c’est qu’un effort a été fait pour le conserver. A Paris, où la municipalité avait été prise de court, il n’y a pas eu de collecte après les attentats de janvier 2015: seul le collectif «17, plus jamais» s’est donné la peine de récolter ces objets, dont «des bouquins d’enfant, des livres d’or magnifiques, des dessins sublimes, des peluches, des trucs adorables» selon Sabrina[1], inspiratrice d’un mouvement qui n’envisage pas de se constituer en association. La collection a été transmise dimanche aux archives de la mairie de Paris, laquelle a, en revanche, agi en décembre pour récupérer des témoignages des attentats du 13 novembre, comme dans plusieurs autres villes. À Rennes, Saint-Etienne et Toulouse, ce travail avait été mené dès début 2015 par les archives municipales. Aux Etats-Unis, où ce type de documents fait l’objet d’une attention constante, la bibliothèque de Harvard a lancé une opération de collecte relative aux attentats de janvier 2015 et compte à terme centraliser sur un site les collectes menées dans plusieurs villes de France.

Encore en cours de «sauvegarde», les documents de novembre 2015 ne sont pas, au contraire de ceux de janvier, accessibles au public, si ce n'est sous la forme de photos prises au moment des collectes par les archives municipales. Mais pour les deux périodes, l'examen des sources disponibles laisse en tout cas entrevoir un matériau d'une richesse à peine descriptible.

La collecte devant le Bataclan, le 22 décembre 2015. REUTERS/Eddie Keogh.

L’anthropologue Béatrice Fraenkel, qui a étudié les messages laissés après le 11-Septembre, estime que ce genre d’événements crée une «communauté imprécise», dont l’uniformité apparente –des bougies, des fleurs, des papiers en hommage aux victimes– cache quelque chose de beaucoup plus complexe que le simple énoncé de condoléances. Trois types de réactions-types se manifestent: les «souhaits d’un monde meilleur», les «expressions de deuil collectif» et les «condoléances aux victimes», selon Gérôme Truc, auteur de Sidérations. Une sociologie des attentats, tout juste paru aux PUF. En janvier, certaines personnes «se sont senties concernées par l’attentat avant tout à titre personnel», écrit le chercheur. «D’autres auront pu l’être sur un mode plus impersonnel, par l’entremise d’une commune appartenance les rapprochant davantage des victimes: en tant que journalistes, dessinateurs, juifs ou policiers. D’autres encore ont pu le vivre sur ce même mode, mais en tant que Parisiens, Français, voire aussi –pourquoi pas?– en tant qu’Européens ou qu’Occidentaux.»

Dans un article écrit pour l'ouvrage à paraître Le Défi Charlie. Les médias à l'épreuve des attentats, Maëlle Bazin, doctorante à l’IFP sur les «écritures publiques en situations de crise», note pareillement la diversité d’interprétation du «Je suis Charlie», qui peut aussi bien être une identification aux victimes qu'un soutien à la ligne éditoriale du magazine ou un encouragement plus général à la liberté d’expression: «Charlie n’existe pas. Ou plutôt Charlie existe en chacun des individus qui s’y identifient.»

Des tickets de métro au bavoir pour enfant

Hors de Paris, le volume des documents abandonnés fut beaucoup plus riche et volumineux pour Charlie que pour les événements de novembre. L’hypothèse de l’accoutumance morbide doit être balayée: les Français choisirent surtout, semble-t-il, de résister sur le terrain choisi par les terroristes. En novembre, il fallait aller en terrasse et au spectacle pour s’affirmer face aux balles. En janvier, il fallait dessiner à la place des dessinateurs, écrire à la place des polémistes, créer à la place des artisans d’une liberté d’expression bafouée.

Ce souci de créativité réparatrice est perceptible dans la forme comme le fond. «Cela va de pancartes faites pour être montrées lors de la manifestation du 11 janvier, parfois très travaillées, à des mots laissés par les personnes qui viennent se recueillir et tirent une page d’agenda de leur sac ou un billet de spectacle», décrit Marie Penlaë, archiviste aux Archives municipales de Rennes. Dans la capitale bretonne et à Toulouse, on a trouvé, comme supports aux messages, un tee-shirt, un bavoir pour enfant, le calendrier de l’équipe de foot locale, des tickets de métro, des cartes postales, une carte à jouer, un sac commercial Guy Degrenne, le carton d’un décodeur, une planche d’une vieille commode...

À Rennes, une page d’agenda «mercredi 7 janvier» a été découpée pour qu’y soit écrit, en caractères malhabiles: «Je suis Charlie». Une autre main a découpé les pages du 20-21 septembre, date de naissance de la République, pour écrire: «Charlie est maintenant immortel. Nous n’avons pas peur.» L’imagerie de la série cartoonesque «Où est Charlie?» est détournée, avec, cette fois, une réponse inverse: «Partout». Un passant a photocopié le manifeste présidentiel de Coluche de 1981 en remplaçant le nom de l'humoriste par Charlie et les politiques par «djihadistes».

La littérature offre de nombreuses références qui permettent d’opposer la culture à l’obscurantisme. Les poèmes «Liberté» d’Eluard ou «Liberté où es-tu?» d’Aragon sont opposés aux faits macabres. À Toulouse, le cerveau d’Albert Einstein est convoqué pour esquisser un tragique sourire: «Il n’y a que deux choses infinies : l’univers et la connerie humaine… Mais en ce qui concerne l’univers, je n’en ai pas encore acquis la certitude absolue.» À Rennes, en janvier comme après le 13-Novembre, on recopie à la main le poème «Funeral Blues» de W.H. Auden, célèbre pour son usage dans le film Quatre mariages et un enterrement et qui faisait déjà partie des textes qui circulaient abondamment dans les boîtes mails des Américains après le 11-Septembre.

Un dessin de Charb pour les victimes du 13-Novembre

En janvier, la star des panneaux, c’était évidemment le cri de ralliement «Je suis Charlie», slogan entré instantanément dans l’histoire, comme le «Todos ibamos en ese tren» («Nous étions tous dans ce train») du 11 mars 2004. «Il y en a qui ont simplement repris la typographie, avec la couleur noire, et d’autres qui en ont fait un matériau, avec des collages, en modifiant des pronoms, en intégrant d’autres victimes, en se réappropriant la formule...», détaille Maëlle Bazin.

Courage
Humour
Avenir
Résistance
Liberté
Intelligence Expression

Un message en forme d'acronyme laissé à Rennes après les attentats de janvier 2015

Beaucoup ne s’embarrassent pas du graphisme originel de Joachim Roncin et l’écrivent grossièrement à la main. Le mot d’ordre se conjugue au pluriel («Nous sommes tous Charlie!»), dans toutes les langues («Som Charlie Hebdo», «Ich Bin Charlie», «Yo Soy Charlie» et même «Me eo Charlie», en breton, ou «Tots ethos occitans son Charlie», en occitan). Charlie peut se faire acronyme («Courage Humour Avenir Résistance Liberté Intelligence Expression»), se voir adjoindre des renforts («Je suis CHARLIE. Je suis JUIF. Je suis MUSULMAN. Nous sommes la FRANCE») ou infiltrer la Déclaration des droits de l’homme de 1789 («La CHARLIbrE communication des opinions et des pensées est un des droits les plus précieux de l’homme…»). De même qu'en novembre, chaque mémorial offrait une place particulière aux victimes locales, montrant comment des événements vus comme parisiens se sont diffusés des métropoles aux villages, en janvier, certaines villes accordaient une attention spéciale à l'enfant du pays: Bernard Maris était «un homme transversal, un homme pont», écrit ainsi une admiratrice de Toulouse, ville où l'économiste fut le professeur de centaines d'étudiants[2]. «Ta vie fut tolérance, fraternité, respect, et on te continue. Je suis Bernard.»

Derrière «Je suis Charlie», il y a d'autres symboles, comme la colombe, bien sûr, mais surtout le crayon, placé face à une kalachnikov, dans la main de la Statue de Liberté ou dans celle d’une silhouette de James Bond surmonté du logo «My Name is Charlie». D’ailleurs, un crayon coupé en deux, cela fait deux crayons: à Toulouse, celui de derrière fait l’amour à l’autre pour donner naissance à quatre adorables petit crayons, qui deviendront grands.

En novembre, ces symboles et slogans ont été renouvelés, Charlie cédant la place à Paris, le crayon à la Tour Eiffel, au drapeau tricolore ou au fluctuat nec mergitur. «Les messages du 13 novembre sont évidemment moins axés sur la liberté d’expression et plus sur la défense d’un style de vie, et avec une tonalité plus patriotique», analyse Marie Penlaë. «En novembre, on a aussi beaucoup plus d’objets religieux, des chapelets, des extraits de la Bible ou du Coran, des offrandes bouddhistes ou encore le "Pray for Paris", qui se rapproche un petit peu du "God Bless America" post-11 septembre», complète Maëlle Bazin. Mais nombreux sont ceux qui, venus se recueillir pour les victimes de novembre, gardaient en tête une pensée pour celles de janvier: à Rennes, après le 13-Novembre, trônait sur le mémorial une couverture de Charlie titrée «L’amour plus fort que la haine», signée Charb et montrant le dessinateur embrasser un barbu à pleine bouche.

Photo extraite de la collecte réalisée à Rennes fin novembre 2015 (Archives municipales de Rennes).

Hommages complétés et corrigés

Dans cet océan de témoignages intimes, la politique intérieure, la géopolitique et les positions tranchées sur le fait religieux ne sont jamais non plus très loin, traduisant la diversité des débats. Sur le mémorial rennais, après le 13-Novembre, une main anonyme s'interroge: «Est-ce l’Etat qui vous a tués pour avoir décidé de faire une guerre qu’on pense de toute façon interminable?» –une version interrogative du célèbre slogan «Vos guerres, nos morts». Dans la même ville, en janvier, un message disait «Je suis nigérian» pour dénoncer le «génocide» commis par Boko Haram; en novembre, une autre main lui répond, en écho: «Je suis Paris, tout comme je suis Kobané». «L’islam ne dit pas de tuer», se scandalise un musulman de Toulouse dans un panneau double face, dont l'autre côté dit: «L’islam est une religion de paix» . Un autre écrit que «la religion n’est pas responsable» –il ne sait pas qu’un an plus tard, presque jour pour jour, le journal qu’il «défend» choisira pour une la figure d’un Dieu universel, avec ce message: «L’assassin court toujours».

Les sceptiques, les découragés, voire les complotistes, ont aussi profité de l’espace public, laissant la marque d’une société vraiment pas totalement alignée sur ce que sont les racines du mal et les bons usages de la liberté de penser. A Rennes, on peut ainsi lire «Je suis policier. Je suis gendarme. Je suis un Français exclu» ou «Je suis Charlie M’Bala M’Bala», en référence au nom de famille de l’humoriste Dieudonné. À Toulouse, on voit, au feutre noir, un «Je suis musulmane et je ne suis pas Charlie» ou, sur un classique «Je suis Charlie», cette mention: «On ne peut pas limiter la liberté d’expression, mais la liberté d’expression est limitée par les sionistes.»

La phrase est à son tour raturée, avec une vigueur telle que le carton finit criblé de trous. Car ces hommages ne sont pas figés: on répond à ce qu’a écrit l’autre directement sur le papier, on bonifie, on corrige, on s’énerve, on valide. À Rennes, Siméon, 4 ans, écrit ses premiers mots: «On doit pas faire la guerre, on s’aime et on est tout gentil.» En dessous, quelqu’un a écrit en grosses lettres d’un rouge sombre: «C’EST PAS COMPLIQUÉ BORDEL!!!» Un passant a carrément déposé un bloc-notes en écrivant: «Allez-y, exprimez-vous dans ce bloc-notes!». Des gens le feront. A Toulouse, sur une feuille A4, un texte d’inspiration complotiste liste point par point ses reproches à la République: «Le président soutient les terroristes en Syrie et en Irak», par exemple. «Faux, on ne soutient pas Daech et Boko Haram», répond un autre manifestant avec son stylo. La page finit raturée, contredite, désarticulée entre des séries de slogans définitifs, telle une vulgaire page de commentaires non modérée sur un site Internet.

Archives municipales de Toulouse.

Certains ont préféré des actes de vandalisme aux mots pour faire passer leur désaccord. «Dès le mois de janvier, on a eu des saccages désastreux, assure Sabrina, de «17, plus jamais». Des mecs anti-Charlie sont venus tout péter et arracher des unes. On a prévenu, mais personne n’en avait rien à foutre à ce moment-là. En février, il y en a eu au mois trois gros, avec de tout: du fanatique islamiste, des fascistes avec des croix gammées… On a même été menacés de mort, à titre collectif, et certains personnellement. On a aussi trouvé des documents très limites quand on faisait nos nettoyages: des trucs de soutiens à Daech, plastifiés, écrits sur des  journaux coréens, chinois. On les a amenés à la police, qui les a pris.»

«Déposez des hommages, lisez ceux des autres»

«Et maintenant?» La question, répétée sur plusieurs lignes en caractères de plus en plus gros, a été assénée sur un panneau à Rennes. Elle vaut aussi pour ces centaines de témoignages, devenus des pièces pour l’histoire. A Toulouse, chaque papier, même le plus petit, a été enveloppé dans un film translucide mais conçu pour protéger de la lumière et l’humidité. «Ici, on a des documents de plus de mille ans», fait observer la documentaliste. Rennes assume ne pas avoir mené un effort de restauration surjoué: «Les documents étaient à même le pavé, donc s’il y avait des traces de chaussures ou des déchirures, on n’a pas tout fait pour les enlever.» La pluie a fait son oeuvre sans rien demander à personne, comme sur ce texte de Voltaire dont l’encre violette a bavé, laissant lisible un «mais […] jusqu’au bout pour que vous puissiez le dire».

Place de la République, le 10 janvier 2016. YOAN VALAT/POOL/AFP.

Les espaces où les messages ont été déposés ont connu une «sacralisation», selon Marie Penlaë: l'objectif de la collecte est donc de donner à ces derniers «une autre vie». «Qui a enlevé nos bougies? Qui a enlevé nos crayons? Qui a balayé notre colère? Qui masque nos larmes? Rendez-nous ce que nous avons déposé ICI!!!», pestait un Rennais anonyme en janvier. La question du retrait des documents a été bien sûr particulièrement sensible à Paris, où le collectif «17, plus jamais» estime que l'opération menée par la municipalité le 22 décembre n'était qu'un coup médiatique («Ils ont dit "On va tout numériser, tout garder, tout nettoyer", ils ont fait ça sur 50 mètres devant les caméras, mais à 2 heures du matin, ce sont les camions à ordure qui se sont occupés du reste», affirme Sabrina) tandis que la municipalité affirme que les camions de nettoyage ont reçu pour consignes «très strictes» de ne ramasser que bougies consumées et fleurs pourries, et de laisser le reste à disposition des archives. Plus globalement, début janvier, la mairie de Paris appelait à «concilier le besoin de recueillement et de mémoire de chacun» et celui de rendre «aux habitants et aux riverains un cadre de vie plus apaisé», par exemple aux parents de très jeunes enfants du XIe, soucieux de ne pas vivre dans un quartier transformé en cimetière.

Cimetière, mot parfois utilisé à dessein pour désigner ces lieux, pourtant difficiles à définir: «Certains parlent de mémorial, d’autres d’autel, d’autres de tombes», pointe Maëlle Bazin. «On peut y ajouter des adjectifs: on se demande s'ils sont spontanés, éphémères...» À Paris, place de la République, l’éphémère est devenu permanent, et il n’est presque plus possible de distinguer ce qui vient de Charlie et du 13-Novembre, ce qui rend hommage à l’un ou à l’autre, comme si les deux évènements avaient fusionné. C’est aussi là, dans leur habitat naturel, que l’observation des documents est, ou aurait été, riche d’enseignements: «Ce qui serait passionnant, ça serait d’observer, sur six mois, la place de la République ou le siège de Charlie Hebdo: à quelle heure on vient, qui vient, qui dépose quoi… Je rêverais que quelqu’un filme en permanence la place de la République!», pointe Maëlle Bazin.

On y verrait souvent Sabrina et ses amis du collectif «17, plus jamais» militer pour que le flot ne se tarisse pas. «Quand je suis en haut de la statue de la République, je dis aux gens qui passent en bas: "Déposez des hommages, lisez ceux des autres". Je leur crie: "Tournez la tête, regardez vous!" Il y a des gens de toutes les couleurs. C’est magique ce qui se passe à République. C’est nous le peuple, on peut se bouger!» «C’est nous le peuple», comme un résumé de l’élan de vie déstructuré qui traverse les grassroots memorials depuis le 7 janvier 2015.

1 — Sabrina ne communique plus son nom de famille depuis qu’elle et son collectif ont reçu des menaces. Retourner à l'article

2 — Dont l'un des auteurs de l’article, qui l'a eu comme professeur d’économie à l’IEP de Toulouse entre 1995 et 1997. Retourner à l'article

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