Au Canada, un gros débat a eu lieu pour savoir si le cannabis thérapeutique est kasher

Cannabis Sativa M a n u e l via Flickr CC License by

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Le but était de savoir si les Juifs pouvaient consommer l’huile de cannabis.

Ce genre de polémique n’est pas prête d’arriver en France, mais outre-Atlantique, au Canada pour être précis, la question a été posée: la marijuana médicale doit-elle être kasher pour que les personnes de confession juive puissent en consommer? Après tout, la loi juive est très précise quand il s’agit du type de produits consommables ou la façon dont ils sont préparés, comme l’explique le site CBC, qui relaie ce débat pour le moins cocasse

La plus grand agence canadienne de certification kasher a dû statuer sur la question après que MedReleaf, une entreprise qui produit du cannabis thérapeutique, a déclaré qu’elle allait bientôt vendre des médicaments kasher. «Après beaucoup d’interactions et d’échanges», note le site de la CBC, le conseil Kashruth a décidé que la religion juive ne requière pas que les gens malades consomment des médicaments kasher. 

«Quelque chose qui est médicinal, qui est prescrit par votre docteur, dont vous avez besoin pour votre santé, n’a pas besoin d’une certification kasher», a expliqué au site l’un des dirigeants de l’agence, Richard Rabkin. 

Neil Closner, patron de MedReleaf et juif pratiquant, s’est félicité de cette décision, qui confirme que «le cannabis est considéré comme kasher pour tous les consommateurs» avant d’expliquer qu’il espère bientôt se lancer aussi sur le marché du cannabis kasher à visée récréative. 

«Si l’ont peut démontrer que quelque chose peut réduire la souffrance, notamment pour une maladie du corps, ou de l’esprit, alors ce serait plus ou moins kasher, expliquait à Vice il y a quelques mois le docteur Ajay Chaudhary, spécialiste des religions à l’université de Columbia. Enfin, je veux dire "kasher" dans le sens familier dans ce cas. Si cela va sauver une vie, soulager une souffrance, ou même si vous mourrez de faim, un sandwich au jambon pendant Yom Kippour sera OK.»

Bien sûr, la décision de l’agence canadienne ne fait pas l’unanimité. Il y a deux ans, note CBC, la Kosher Check, une autre agence de certification de Colombie-Britannique, a penché «en faveur d’une certification des produits médicaux à base de cannabis». Si la préservation de la vie compte plus que tout dans le judaïsme, le rabbin Mendy Feigelstock a expliqué au micro de CBC qu’il faut distinguer les différents produits faits à base de cannabis. De la marijuana séchée est kasher puisqu’il s’agit d’une plante. Mais c’est différent selon lui en ce qui concerne les huiles, les capsules, les brownies ou les cookies préparés avec du cannabis. 

Avant juillet dernier, les vendeurs de cannabis n’avaient pas le droit de commercialiser leur produit sous forme de capsule. La loi ayant évolué, le débat autour du cannabis kasher n’a donc pas fini d’agiter la communauté juive au Canada. 

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