Le premier test de grossesse connecté et parfaitement dispensable

Le premier test de grossesse connecté.

Le premier test de grossesse connecté.

Ça nous pendait au nez. Lors du CES (Consumer Electronics Show) de janvier 2016, la société américaine First Response a présenté ce qu'il convient bien d'appeler le premier test de grossesse connecté. Comme une suite logique aux applications dédiés à l'ovulation, aux règles, ou au suivi de grossesse, il est désormais possible de découvrir si on est enceinte en se connectant sur son smartphone. Mais non sans être passée par l'inévitable étape «pipi sur un bâtonnet».

Le «First Response Pregnancy Pro», qui sera proposé pour la modique somme de 20$ environ (contre 2 euros en moyenne pour un test classique) contient un bâtonnet standard mais muni d'un dispositif bluetooth qui lui permet d'être connecté à l'application ad hoc, «Cycle & Ovulation» (disponible sur iOS et Android).

L'application adapte son message en fonction de vos attentes

Ainsi, après que le bâtonnet a recueilli l'échantion d'urine, l'application prend le relais et c'est elle qui égrenera le compte à rebours avant l'annonce du résultat (trois minutes d'attente environ). Et comme il s'agit visiblement de ne surtout pas rester désoeuvrée pendant ce laps de temps, l'application propose de divertir l'utilisatrice de différentes manières.Il est en effet possible d'activer les options «Calme-moi», «Eduque-moi», ou «Divertis-moi» et de choisir de patienter en visionnant des images d'animaux mignons ou une liste d'informations médicales.

Mais c'est surtout à l'annonce du résultat qu'est censée s'incarner la révolution technologique. Le Wall Street Journal explique en effet qu'il est possible de paramétrer l'application en amont et de signaler si l'on espère ou non tomber enceinte. On peut ainsi imaginer que si vous n'avez pas de projet de grossesse, le résultat positif sera annoncé sobrement.

A l'inverse, si vous espériez être enceinte mais que le résultat est négatif, l'appli fournit alors des conseils pour booster la fertilité censés avoir été élaborés avec l'aide de spécialistes. Si le résultat est positif et qu'il s'agit d'une bonne nouvelle, les outils intégrés livreront quantité d'information telles que la date présumée d'accouchement, les effets physiologiques à prévoir ou les questions à poser à son médecin.

Les données personnelles des femmes enceintes valent 1,5 dollar 

Même s'il s'agit d'un énième nouveau gadget de santé connecté qui peut paraître a priori inoffensif, l'apparition de ce produit pose tout de même la question de la collecte des données, et particulièrement celles des femmes enceintes. Sur Internet, les données personnelles d'une femme enceinte valent 1,5 dollar contre 10 cent pour une personne lambda. C'est ce qu'avait calculé Janet Vertesi. En 2014, cette professeur de sociologie à l'université américaine de Princeton, s'était livrée à un exercice fort intéressant. Elle avait tenté de faire en sorte qu'aucune entreprise, particulièrement sur le web, ne soit au courant de sa grossesse. Ce qui impliquait de dédaigner Facebook, Twitter et même ses cartes de crédit. Un numéro de contorsionniste qui l'avait amenée avec être identifiée comme «quelqu'un de probalement engagé dans des activités criminelles».

Pas sûr, alors, qu'un objet qui va donc détecter et enregistrer une grossesse en temps réel, aide à limiter la traque et la collecte de données ô combien personnelles.

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