The Lanesborough rouvre à Londres et le résultat est so british

The Lanesborough | Avec l’aimable autorisation du groupe Oetker

The Lanesborough | Avec l’aimable autorisation du groupe Oetker

C’est la superbe localisation au cœur du Londres légendaire qui fait tout le prix et la splendeur de ce mini palace de cent clés tout près de Buckingham Palace.

Le bâtiment de style Regency, d’une blancheur immaculée, l’ancien Saint-Georges Hospital jusqu’en 1980, est situé entre Knightsbridge, les jardins du palais de Sa Majesté et le «Park» verdoyant si aimé des Londoniens.

C’est le quartier le plus sélect de la capitale anglaise. Là, tout près de Park Lane, les mètres carrés atteignent des prix stratosphériques, bien plus élevés qu’avenue Montaigne à Paris –l’offre est plus que restreinte et les candidats acheteurs de tous pays, à commencer par les Émirats.

L’origine aristocratique du Lanesborough, imposante demeure aux vastes salons de «mansion» (château), remonte à 1719, construite pour James Lane, le dernier vicomte de Lanesborough, et restauré magistralement ces dernières années par le studio d’architecture Alberto Pinto à la demande du groupe Oetker, propriétaire du Bristol à Paris, de l’Hôtel du Cap-Eden-Roc, à Antibes, de l’Apogée, à Courchevel, du palais Namaskar, à Marrakech, entre autres adresses de luxe.

Collection huppée pour happy few

Inauguré à la fin de l’été 2015, le Lanesborough s’inscrit au mieux dans cette collection huppée pour happy few: c’est un nouveau cinq étoiles de rêve à côté du Dorchester, du Savoy, du Ritz de Londres et du Connaught cher à Rex Harrison et Yul Brynner. À noter qu’au Lanesborough une entrée privée a été conçue pour la reine Elizabeth II.

Oui, la belle hôtellerie londonienne se porte mieux que bien: il n’y a aucun palace à vendre au bord de la Tamise. La splendide rénovation du Lanesborough, étendue sur trois ans, en est la preuve. Il s’est agi pour les têtes pensantes du groupe Oetker de faire de ce palace post-victorien une résidence privée dotée d’une «intimacy», ce qu’elle était au XVIIIe siècle. On retrouve bien visible dans ce bâtiment imposant un peu de l’héritage architectural du Londres de l’aristocratie ancestrale –c’est le quartier mythique de Westminster, the best of the city!

The Lanesborough | Avec l’aimable autorisation du groupe Oetker

Le studio Alberto Pinto a fait de ce palace post-victorien une résidence privée dotée d’une «intimacy», ce qu’elle était au XVIIIe siècle

Dirigé par Linda Pinto, le studio Alberto Pinto, conseillé par une kyrielle d’artisans décorateurs anglais spécialisés dans la miroiterie, les bronzes, les plafonds, les plâtres, les laques, le mobilier –300 personnes en tout–, a dû métamorphoser un ancien hôtel, ex-hôpital, en résidence quasi privée pour la clientèle la plus exigeante, et connaisseuse de l’essentiel des prestations de service. Vivre au Connaught, au Ritz enrichit la mémoire, le goût et le savoir (bien) vivre. Pour le groupe Oetker, un défi formidable.

Dans ce genre de reconstitution à l’ancienne, tout est dans le coup d’œil, l’espace, l’atmosphère old fashioned, les détails, les couleurs, bien au-delà des canapés de velours, des portraits de lords et ladies, des tentures et des lustres en arrondi.

Dépaysement chic

Ici, les rites de séjour incarnent l’art de vivre façon club anglais: la cérémonie du thé (ou du champagne à 17 heures), le service ultra prévenant (vingt-trois private butlers), les seize limousines à disposition dont une Rolls Royce Phantom, les sept salles à manger privées aux tables en acajou, la courtoisie des bagagistes et valets, les gouvernantes qui lustrent les chaussures. Tout ce rituel si particulier à la gentry crée une sorte de dépaysement chic, fait de bienveillance et d’égards.

Au Lanesborough, la civilisation britannique dans ce qu’elle a de plus raffiné se donne à vivre sans que l’on vous impose quoi que ce soit. C’est le meilleur du meilleur dans la «way of life» du XXIe siècle.

Le vicomte n’est plus là mais son âme plane dans ces lieux de mémoire et de distinction. On ne vient pas séjourner ici, près de Buckingham, sans se prêter au jeu des apparences et des réalités réinventées par le génie anglais propagé dans ces châteaux de l’ère victorienne et après –jusqu’au Lanesborough d’aujourd’hui.

Il faut dire que le groupe Oetker n’a pas lésiné sur les moyens et le train de vie quasi royal: 260 employés pour à peine 150 hôtes ô combien choyés par les personnels. Défaire et ranger vos vêtements, les repasser s’impose, tout comme le thé de bienvenue.

Confort bien anglais

En fait, le modèle d’hôtellerie de luxe pour ce projet, ce fut le Bristol de Paris, sacré Meilleur Hôtel d’Europe en 2015 par une revue professionnelle (Conde Nast Traveller UK): les deux unités ont des liens forts.

Éric Fréchon, le maestro trois étoiles d’Épicure, le magnifique restaurant du palace parisien, a été nommé chef patron du Céleste, la table au dôme de verre du Lanesborough, cent places, une mezzanine, un confort bien anglais, une lumière plaisante, et des maîtres d’hôtel et serveuses en nombre. Le service est à l’unisson de l’ensemble.


Restaurant Céleste du Lanesborough | Avec l’aimable autorisation du groupe Oetker

En cuisine, l’ex-second d’Éric Fréchon à Paris, Florian Favario, formé chez Marc Veyrat et Thierry Marx, applique les leçons et méthodes du Bristol, la recherche et le respect des produits anglais: Saint-Jacques dodues d’Écosse, cabillaud à la chair feuilletée, chevreuil écossais, agneau cuit rosé, lièvre du Devon et canard sauvage –la sole en saison, très bien.

La vingtaine de plats est enrichie de légumes, de truffes et d’huile d’olive: la soupe de cresson au caviar de Cornouailles (34 livres), les poireaux grillés en tartare d’huîtres de roche (25 livres), le carpaccio de Saint-Jacques à la marmelade d’agrumes au thé et yuzu (26 livres), le homard bleu cuit dans sa carapace, purée de châtaignes, tagliatelles de céleri (48 livres), et le bar de l’Atlantique en papillotes d’artichauts, fleurs d’algues (38 livres). Tout cela compose une carte abondante, variée où les accompagnements ne manquent pas. On n’est pas dans l’épure. Le chef donne, offre, se décarcasse. Au Lanesborough, la générosité est la règle.

After Eight et sorbet menthe, croustillant au chocolat (13 livres) de Nicolas Rouzaud, venu aussi du Bristol, admirable festival de chocolat Guanaja au praliné, même prix.

Le prochain Michelin anglais devrait étoiler Céleste, heureux croisement des pratiques françaises (légèreté) et des traditions anglaises (lait de ferme et pomme au four). Pour l’heure, le Lanesborough connaît une telle vogue –la fabuleuse chambre jaune plébiscitée– que c’est comme si cette résidence hôtelière cinq étoiles avait toujours existé: elle se dresse là où elle devait être. Voilà ce que les Anglais appellent un «masterpiece hotel».

The Lanesborough

Hyde Park Corner

Tél.: +44 20 7259 5599

Au Céleste, menu végétarien, cinq plats à 70 livres, menu dégustation, 5 plats à 85 livres, accords mets et vins à 125 ou 140 livres. Carte de 75 à 130 livres.

Au Garden Room, dégustation d’eaux-de-vie anciennes, cognac 1770 et cigares de Cuba d’avant Fidel Castro.

Tea sommelier, spa, voiturier.

Chambres à partir de 600 livres.

Le site

 

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