Égalités

Les étudiantes jugées les moins belles sont moins bien notées qu'elles devraient

Temps de lecture : 2 min

Les professeurs ne notent pas à la tête du client, mais à la tête de la cliente, selon une étude américaine. Une discrimination que l'on ne retrouve pas chez les étudiants masculins.

Les filles jugées les moins attirantes sur photo seraient pénalisées dans leur notation. | Dave Herholz via Flickr CC License by

Les étudiantes attirantes récolteraient de meilleures notes que leurs camarades au physique jugé moins avantageux. C'est ce que tend à démontrer une étude dévoilée lundi 4 janvier par deux économistes américains, Rey Hernández-Julián et Christina Peters, et reprise par la publication Inside Higher Ed.

Dans le test élaboré par les deux universitaires, la discrimination existe en dépit du fait que le professeur soit un homme ou une femme. En revanche, aucune différenciation n'est faite en fonction du physique chez les étudiants masculins.

Aucune différence chez les étudiants homme

Pour arriver à ces résultats, Rey Hernández-Julián et Christina Peters ont demandé à des bénévoles de regarder les photographies des étudiantes et des étudiants de la Metropolitan State University of Denver, et de les noter en fonction de leur attractivité.

Les deux économistes ont ensuite examiné les notes scolaires récoltées par ces étudiants. Ils les ont également comparées à celles obtenues lors de l'équivalent du bac, afin de vérifier l'aptitude scolaire des intéressés.

Pour les étudiants, aucune différence de traitement n'est à signaler. Pour les étudiantes, en revanche, un point (sur dix) de plus au niveau de l'attractivité mène à obtenir des notes augmentées de 0,024 point (sur quatre). Si on ramène la note scolaire à dix, un point supplémentaire d'attractivité ajoute 0,06 point dans la moyenne scolaire.

En ligne, les discriminations disparaissent

Les différences de note apparaissent particulièrement chez les étudiantes jugées peu attractives. Les chercheurs ont ainsi divisé les étudiantes en trois catégories : attractives, moyennement attractives et peu attractives. Pour les deux premières catégories, aucune différence signifiante n'est enregistrée. Mais pour la dernière catégorie, celle des filles les moins attirantes, la note moyenne est dégradée de 0,067 point (sur quatre). Soit 0,17 point sur 10.

Les deux économistes ont ensuite comparé ces résultats à ceux obtenus sur les cours en ligne de l'université. La discrimination sur l'attraction physique y est totalement absente. Ce qui laisse penser que les notes plus faibles récoltées lors des cours physiques ne peuvent pas être attribuées à d'autres facteurs qui seraient légitimes.

À en croire les deux chercheurs, deux explications seraient possibles. L'une serait que les professeur(e)s s'investiraient davantage avec des étudiantes attirantes, les aidant à apprendre mieux et à récolter de meilleures notes. L'autre consiste à penser que les professeur(e)s récompenseraient l'apparence physique des étudiantes, en dépit de performances scolaires identiques. La beauté des traits agirait comme un biais implicite chez les femmes.

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