Arrêtons de parler de «L'Internet», il n'existe pas

L'Internet | Alex McCabe via Flickr CC License by

L'Internet | Alex McCabe via Flickr CC License by

Dire «L'Internet» pour tout ce qui concerne le web est une généralisation qui en occulte de nombreuses structures bien différentes.

C'est une chose merveilleuse que «L'Internet». Quelqu'un filme une flaque en Angleterre et les gens qui tentent de la franchir? «L'Internet» regarde avec attention et amusement. L'acteur Oscar Isaac devient bankable? «L'Internet» tombe amoureux de lui. Cependant, le problème c'est qu'«Internet n'existe pas», selon le journal d'opinion New Republic.

Attention, ne comprenez pas là qu'internet n'est qu'une création de notre pensée et que le web n'existe pas. Cependant, lorsque les gens parlent de «L'Internet», ils n'abordent que la façade dont ils ont conscience et effectuent une généralisation de ce qu'il reste. Le magazine politique et culturel The Baffler parle même d'un «trope» linguistique, une figure de style qui utilise un mot au sens détourné. «“L'Internet” est quelque chose de facile, un point de référence pratique», écrit le magazine américain. 

Il va jusqu'à faire une comparaison entre l'internet et la «génération Y», un terme pour englober les personnes nées entre 1980 et 2000. De la même façon qu'un des «enfants du millénaire» ne se sent pas partie prenante de cette qualification, il en est de même pour les utilisateurs du web (qui n'est lui-même pas une entité, même si Slate.fr a fait une fiction dans ce sens).

Un internet très occidentalocentré

Parler de l'internet, explique New Republic, avait plus de sens avant les années 2000, quand le web n'était pas aussi mondialisé. L'internet, depuis, est surtout le reflet de notre profil. Pour des internautes occidentaux, on parlera plus des «podcasts de NPR (la radio publique américaine), Downton Abbey, Taylor Swift et ainsi de suite». Comme l'indique le journal, on parle rarement sur l'internet occidental de l'application chinoise de message WeChat, «qui regroupe 600 millions d'utilisateurs dans le monde» ou du film indien Dilwale, qui fait un carton à Bollywood.

Internet peut cependant être considéré comme une métonymie (qui est un trope, par ailleurs), qui remplace un concept par un autre avec lequel il possède un lien logique. Pour New Republic, il suffit juste de «reconnaître la vie dans sa complexité» et avoir conscience que «nous construisons nos propres coins de l'internet», sans avoir la conviction d'être «au contact de tout à tous moments»

Arrêter de parler d'internet en général peut paraître déprimant mais, en même temps, cela veut dire qu'ailleurs dans le monde des gens se passionnent pour d'autres personnes qui traversent une nouvelle flaque. Et ça, c'est merveilleux. 

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