France

8 janvier 1996, 10h55: «Mitterrand est mort»

Repéré par Robin Panfili, mis à jour le 08.01.2016 à 12 h 01

Repéré sur Making of de l'AFP, INA

Une petite histoire de l'annonce de la mort de François Mitterrand par les médias français.

Des journalistes devant le bureau de François Mitterrand, le 8 janvier 1996. REUTERS/Charles Platiau.

Des journalistes devant le bureau de François Mitterrand, le 8 janvier 1996. REUTERS/Charles Platiau.

Il y a vingt ans jour pour jour, le 8 janvier 1996, François Mitterrand décédait des suites d'un cancer longtemps tenu secret. À 79 ans, il avait établi un record de longévité dans les fonctions de président de la République: quartorze ans de règne entre 1981 à 1995. Ce matin-là, le décès de François Mitterrand a été prononcé à 8h30, mais la nouvelle n'a pas tout de suite été relayée dans la presse.

Dans un long article sur le blog Making-of de l'Agence-France Presse, Dominique Chabrol, alors adjoint du chef du service politique de l'AFP depuis un mois, se souvient de cette matinée pas comme les autres. Il raconte les coulisses d'une annonce exceptionnelle, ponctuée de rumeurs, de coups de téléphone et de spéculations tous azimuts. À 10h20, il reçoit un premier coup de fil d'une rédaction: «Il paraît que Mitterrand est mort. Vous êtes au courant?»

Ce jour-là, à l'Élysée, Jacques Chirac s'apprête à présenter ses vœux à la presse, prévus à 11h. Dans la cour de l'Élysée, la rumeur se fait plus intense parmi les journalistes:

«Cette fois, cela semble sérieux. Chacun essaie de joindre ses sources et une question commence à tourner: est-ce qu'on rentre tout de suite ou est-ce qu'on attend ce que va dire Chirac? En quelques minutes, quelque chose vient de basculer.»

Dans les locaux de l'AFP, on s'active pour tenter de vérifier l'information. En temps normal, c'est Pierre Favier, un pilier du service politique de l'agence, qui aurait dû s'en charger. Il a couvert les deux septennats de François Mitterrand pour l'AFP et lui a également servi de confident, ajoute Dominique Chabrol. Le problème, c'est qu'en ce 8 janvier, il n'est ni à l'agence, ni à l'Élysée. Il parvient tout de même à appeler le sécretariat de l'ancien président. 

C'est l'un de ses agents chargés de sa sécurité qui répond: «On va vous rappeler très vite.» À ce moment-là, Dominique Chabrol a compris: «[Cette réponse] laisse peu de doute sur la suite des événements. J'ai déjà compris que je vais vivre quelques une des minutes les plus longues de ma vie.» Pierre Favier finit par le rappeler: «Mitterrand est mort, je viens d'avoir son secrétariat, on peut l'annoncer.»

Il est 10h55 et Dominique Chabrol rédige alors le premier «flash», une dépêche de quelques mots que l'AFP publie qu'à de très rares occasions: «Mitterrand est mort, annonce son secrétariat.»

L'Agence-France Presse se targue d'être la première à avoir annoncé la mort de François Mitterrand. Une version que Christophe Barbier, le directeur de la rédaction de L'Express, nuance dans son livre Les derniers jours de Mitterrand

«France 2 est le premier média qui ose franchir le pas et annonce la mort de Mitterrand en un flash spécial, alors que la brume des premiers doutes n'est pas encore levée.»

Ce matin-là, France 2 a bien mis en place un flash spécial pour annoncer la mort de François Mitterrand. Daniel Bilalian, alors présentateur du 20 heures de la chaîne, mentionne un «télégramme laconique» venu du secrétariat de l'ancien président. 

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