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Internet raille le «bras de distance» entre femmes et hommes conseillé par la maire de Cologne

Des femmes tenant des pancartes où l’on peut lire «Madame Merkel: où êtes-vous? que dites-vous? Nous sommes inquiètes!» et «Merci Reker!! Pauvre Cologne» lors d’une manifestation face à la cathédrale de la ville, le 5 janvier 2016 | REUTERS/Wolfgang Rattay

Des femmes tenant des pancartes où l’on peut lire «Madame Merkel: où êtes-vous? que dites-vous? Nous sommes inquiètes!» et «Merci Reker!! Pauvre Cologne» lors d’une manifestation face à la cathédrale de la ville, le 5 janvier 2016 | REUTERS/Wolfgang Rattay

Henriette Reker n’a pas su trouver les mots apaisants qu’attendaient ses concitoyennes et a eu des propos maladroits.

Après la nuit mouvementée dont Cologne a été le théâtre lors de la nuit du Réveillon, durant laquelle des dizaines de femmes ont été agressées sexuellement par de grands groupes d’hommes, la maire de la capitale rhénane, Henriette Reker (sans étiquette), n’a pas su trouver les mots apaisants qu’attendaient ses concitoyennes.

Interrogée mardi 12 lors d’une conférence de presse au sujet de la sécurité des femmes dans les rues de Cologne lors du grand carnaval que la ville accueille chaque année au mois de février, Henriette Reker a déclaré qu’il y a «toujours la possibilité de garder une certaine distance de plus de la longueur d’un bras», comme le rapporte l’hebdomadaire Der Spiegel.

En donnant l’impression que c’était aux femmes et non aux agresseurs de modifier leur comportement, la maire de Cologne a déclenché une vague d’indignation sur les réseaux sociaux, en particulier sur Twitter, où des centaines de commentaires ont été rassemblés sous le hashtag #einearmlaenge («un bras de distance»).

«J’ai des bras courts: cela me sera reproché?»

Le quotidien Der Tagesspiegel met en ligne un palmarès de ces tweets moqueurs, à l’instar de celui d’une internaute allemande, Birgit Haase, qui demande: «J’ai des bras courts; est-ce que cela pourrait m’être reproché au cas où?»

De nombreuses photos de Henriette Reker ont également été détournées. On l’y voit affublée de protections en plastique comme celles que certains cyclistes arborent du côté gauche de leur vélo pour rappeler aux automobilistes la distance de sécurité à respecter. Certains internautes ont également présenté ce «bras de distance» comme un salut nazi...

Le blog satirique du Spiegel, SPAM, prétend, lui, que des «millions de femmes veulent se faire agrandir les bras», interviewant un chirurgien imaginaire qui assure pouvoir «agrandir le bras féminin jusqu’à 500%», ce qui permettrait de disposer d’une «distance de protection allant jusqu’à dix mètres».

Plusieurs responsables politiques ont également fait part de leur indignation face à ces propos maladroits sur Twitter ou via la presse allemande, à l’instar de la ministre des Femmes Manuela Schwesig, dont le quotidien Die Welt rapporte la réaction:

«Il est important que nous ne lancions pas un débat pour déterminer si les femmes doivent changer leur comportement, mais c’est aux hommes qui commettent des actes de violence de changer leur comportement et avant tout de rendre des comptes. L’époque où nous les femmes nous ne pouvions circuler librement, où nous les femmes nous ne devions pas porter de minijupes est révolue.»

Cette recommandation du «bras de distance» n’est pas une invention d’Henriette Reker, souligne le quotidien: en mai 2014, elle apparaissait déjà dans un communiqué de presse de la police de Cologne qui conseillait aux habitants de se tenir «à un bras de distance» des pickpockets qui font mine de danser avec les passants pour mieux leur dérober leur portefeuille et leur smartphone.

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