Boire & manger

Nos meilleurs vœux 2016 pour le whisky

Christine Lambert, mis à jour le 07.01.2016 à 16 h 03

Pour la nouvelle année, souhaitons-nous entre amateurs de plaisirs maltés ces quelques vœux espérons-le pas pieux. Et, bien sûr, (bonne) santé!

Tchin | Michael Bentley via Flickr CC License by

Tchin | Michael Bentley via Flickr CC License by

1.Vite, le whisky anti-gueule de bois!

(Via Flickr)

Le 1er janvier au matin, quand on s’extrait du lit chiffon, les yeux plus plissés que le croupion d’un shar-peï et le crâne en vrille, on est en droit de se demander pourquoi les grands groupes de spiritueux gaspillent de colossaux budgets R&D pour imaginer des bouteilles connectées – capables de vous avertir elles-mêmes quand elles ne sont plus étanches (traduire: quand votre ado et ses potes ont fait une descente dans le bar). Au lieu de consacrer ces sommes folles à plancher sur une invention d’utilité publique: le whisky anti-gueule de bois, par exemple.

 

2.Moins de clones sans saveur et sans âme

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Trop de whiskies qui se ressemblent, trop de NAS(1) ennuyeux, sans âme et sans profondeur, aux arômes vanille-coco arrogants, au fruité exotique prétentieux (ananas is the new vanille-coco?). Trop de malts passés vite fait sous bois actif –allez hop, un petit finish en fûts de xérès-porto-whatever ou, dernière mode, en fûts tourbés, histoire de doper un jus mou du genou. À croire que les charpentiers ont remplacé ici et là les maîtres distillateurs et assembleurs. Bref, après quelques années à rejouer L’Attaque des clones, peut-on espérer en 2016 le réveil de la Force?

 

3.Un peu d’imagination pour les noms de baptême

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Tant qu’à en finir avec les NAS* trop semblables, cessons dans la foulée de leur donner le même nom. Peut-on enfin bannir les mots «Distillers», «Edition», «Founders» et «Reserve» pour baptiser les single malts? Car la multitude de Distillers’ Edition, de Distiller’s Reserve, de Founders’ Reserve finit par entretenir la confusion. Dans la foulée, je serais assez favorable à une prohibition totale du mot «rock», parce que commander à noël un Bruichladdich Rocks ou un Bowmore Black Rock et se voir offrir un Cardhu Amber Rock ou un Eddu Grey Rock, voire un Rock Oyster, franchement, ça agace. Certes, au train où coulent les NAS, les Écossais auront bientôt épuisé la géographie et copyrighté le dictionnaire du gaélique pour les identifier. Mais en 2016, un effort, que diable!

 

4.Encore plus de bons whiskies français

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2016 sonnera définitivement le réveil (la naissance?) du whisky français. Nous atteindrons cette année le chiffre de 42 distilleries de malt dans l’Hexagone (peut-être davantage), et de magnifiques eaux-de-vie commencent à apparaître, alors que de jeunes gnôles se montrent déjà pleines de promesses. Une excellente  raison de se réjouir –  et je n’ai pas fini de vous en parler dans cette rubrique. Mais soyons gourmands, demandons-en davantage.

 

5.Des single malts qui font rêver à moins de 100€

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Voici un vœu qui risque fort de se réaliser (en tout cas plus vite que le brevetage de la gnôle anti-cuite), si j’en crois certains acteurs de l’industrie, et en premier lieu La Maison du Whisky. Alors que les prix stratosphériques atteints par les bonnes bouteilles ont fini par dégoûter bon nombre de malt lovers, on nous annonce dès le premier trimestre de l’année pas mal de très jolis flacons positionnés à moins de 100€. Comptez sur moi, je suis le dossier de près.

 

6.Allons-y mollo sur les japonais


Sérieusement, amis lecteurs, 2015 était la pire année pour s’offrir et boire du whisky japonais. Et 2016 ne s’annonce pas meilleure. C’est le plus beau compliment que l’on pouvait adresser aux malts nippons puisque, victimes de leur succès, les stocks ont littéralement fondu dans les chais, absorbés par une avide demande mondiale. On ne trouve plus aucun compte d’âge de 10 à 21 ans chez les géants Suntory et Nikka, ni en single malts (Yamazaki et Hakushu, Yoichi et Miyagikyo), ni en blended malts (Taketsuru), pas même en blends (Hibiki). 

Les Mars ou Chichibu n’ont pas le temps de prendre un grain de poussière chez les cavistes, et les vieux whiskies ou embouteillages de distilleries fermées (Hanyu, Karuizawa) sont devenus intouchables pour le commun des mortel non doté de cette excroissance plate à la main droite connue sous le nom de carte Platinium. Les single malts sans compte d’âge, malheureusement, ne sont pas (à ce jour) à la hauteur. Restent les blends, qui heureusement sortent souvent du lot. Alors, en 2016, concentrons-nous sur eux, et patientons un peu, juste un peu, le temps de laisser les stocks se reconstituer.

 

7.Un peu de transparence sur les étiquettes

L’«affaire» Compass Box (à lire ici, je ne vous refais pas le topo), et surtout la vague de soutiens massifs qu’elle a valu à l’embouteilleur indépendant, ont définitivement acté une évidence: l’amateur de whisky en a ras la casquette d’être pris pour une truffe. La demande de traçabilité accrue qui s’exprime dans l’agro-alimentaire arrive enfin dans nos verres, et on ne saurait s’en plaindre.

D’autant que le malt a décidé ces quinze dernières années de jouer la carte du premium, de monter en prix jusqu’à en devenir un produit de luxe: il ne peut s’étonner que les consommateurs lui réclament aujourd’hui des comptes. Après tout, on se fiche bien (encore que…) de savoir d’où vient le burger coincé entre deux buns de pain mou au McTruc, mais dans un resto un peu chic on s’attend à connaître sa provenance –et à la carte d’un étoilé, on exige le nom de l’éleveur, voire celui de la vache. En 2016, espérons que les étiquettes des flacons de whisky se montreront plus bavardes sur les maturations et la nature des assemblages, sous peine de nous voir déçus de leur nationalité.

1 — Un NAS (pour no age statement) est un whisky dont l’âge n’est pas indiqué sur la bouteille (la plupart du temps – mais pas toujours – parce que le producteur s’imagine qu’il est trop jeune à votre goût). Rappelons que cet âge, légalement, ne peut en aucun cas être inférieur à 3 ans. Retourner à l'article

Christine Lambert
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Journaliste
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