Science & santé

Le business utile mais un peu WTF des culottes spéciales «règles»

Aude Lorriaux, mis à jour le 07.01.2016 à 15 h 51

Voilà des dessous qui évitent aux femmes qu’on sache qu’elles ont leurs règles.

Capture écran du site Dear Kate

Capture écran du site Dear Kate

Les personnes qui n’ont pas leurs règles ne connaissent pas ces cauchemars: se réveiller un jour dans un lit ensanglanté; marcher au bureau et découvrir au sol trois traces de sang qu’on lave honteusement («Et si les collègues avaient été là?» pense-t-on effrayée); se sentir soudain fiévreuse et mal en point au beau milieu de ses courses et devoir repartir fissa du magasin parce que le compte à rebours avant le désastre visuel (et accessoirement le massacre du pantalon) a commencé. Cela peut paraître étonnant mais il n’existe pas de sous-vêtements capables d’empêcher ces ennuis. Du moins, pas de sous-vêtements connus et commercialisés partout. Parce que, depuis quelque temps, des entreprises ont pris le taureau par les cornes et ont crée des culottes capables de parer au pire, rapporte le magazine Racked.

Deux types de produits sont aujourd’hui disponibles sur commande: des culottes qui permettent aux serviettes hygiéniques de rester en place et des culottes qui absorbent les flux. Les premières ont été développées par Crystal Etienne, qui a créé la firme PantyProp, après avoir vu sa protection pour ainsi dire «prendre la fuite» une fois de plus, un soir où elle regardait tranquillement la télévision sur son sofa. Ce jour-là, elle s’est dit qu’il fallait absolument qu’elle se procure une culotte qui lui permette d’éviter ces désagréments. Mais surprise: aucune entreprise n’en produisait. Alors Crystal Etienne l’a inventée.

Culottes Panty Prop

«Je n’avais pas l’impression d’avoir mes règles»

Le deuxième type de produit intègre des microfibres qui font office de serviette hygiénique. Outre les avantages environnementaux, puisqu’on ne jette rien à la poubelle, ces culottes d’un nouveau genre ont l’avantage, par rapport aux PantyProp, de permettre d’anticiper les accidents de parcours. Elles ont séduit notre journaliste Emeline Amétis, qui s’en est vu offrir une récemment, de la marque Thinx (il en existe aussi chez Dear Kate). «Je l’ai testée le 31 décembre. Je l’ai utilisée toute la soirée, je l’ai gardée pendant la nuit et même le lendemain je n’avais pas de fuite. J’avais emmené des tampons avec moi, je n’en ai pas eu du tout besoin», raconte Emeline, bluffée (et nous avec, en entendant ce récit) par l’efficacité de ces slips anti-fuite.

Vous avez l’impression de nager en pleine publicité? Eh bien non, cet article n’a pas du tout été subventionné par aucune marque, précisons-le (et aucune de ces marques n’est au courant de sa publication). Emeline émet quand même quelques bémols. Tout d’abord, à ce stade, elle n’a testé l’engin qu’une seule fois. Elle ne sait donc pas s’il est toujours aussi efficace après plusieurs lavages. D’autre part, le produit est assez cher (34 dollars, soit 31 euros, pour le modèle qui retient l’équivalent de deux tampons, 24 dollars pour la moins chère, qui ne retient qu’un demi-tampon). Il faut ajouter la livraison, de 15 dollars (quasiment 14 euros) pour la France, soit un total de 48 euros. Autant dire qu’à ce prix-là vous avez plutôt intérêt à faire un achat groupé, et vous n’allez pas pouvoir en porter tous les jours, à moins d’y consacrer des centaines d’euros. Vous pouvez aussi dire adieu à l’assouplissant (c’est contre-indiqué) et vous aurez certainement à laver vos culottes à la main. Même si, théoriquement, elles passent à la machine, on peut imaginer que le sang contenu dedans ruinerait le reste du linge.

Tout de même, le récit d’Emeline fera réfléchir les femmes qui ont connu de gênantes mésaventures. «Je n’avais même pas l’impression d’avoir mes règles», raconte-t-elle, nous laissant totalement béate d’envie. Bilan? «Les serviettes hygiéniques, je trouve qu’on a l’impression de baigner dans le sang. Le tampon descend et me gêne quand je marche, et ce n’est pas super sain non plus. Là, j’ai trouvé ça très cool comme expérience pour l’instant, et, je me demande pourquoi personne n’y avait pensé avant.» Mais oui, pourquoi?

Aude Lorriaux
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