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Pour Donald Trump, que Ted Cruz soit né au Canada peut être un problème

Donald Trump et Ted Cruz lors du débat républicain à Las Vegas, le 15 décembre 2015 | REUTERS/Mike Blake

Donald Trump et Ted Cruz lors du débat républicain à Las Vegas, le 15 décembre 2015 | REUTERS/Mike Blake

Donald Trump essaie de relancer le débat autour de la nationalité de Ted Cruz, son principal adversaire.

Donald Trump aime bien insulter ses adversaires. Quitte à utiliser des méthodes assez sales. Dernière victime en date: Ted Cruz, le sénateur texan et candidat à la primaire républicaine. Dans une interview accordée au Washington Post et publiée mardi 5 janvier, le milliardaire américain a expliqué que le fait que Ted Cruz –son principal adversaire dans la primaire républicaine– soit né au Canada était un problème, qui pourrait rendre le sénateur vulnérable s’il devenait le candidat républicain investi par le parti:

«Les Républicains vont devoir se poser la question: “Veut-on un candidat qui pourrait passer deux ans devant les cours de justice?” Ce serait un gros problème. Cela placerait les Républicains dans une situation très précaire parce qu’il serait candidat et que la justice peut mettre très longtemps à rendre une décision. Vous ne voulez pas être en course et avoir cette épée de Damoclès au-dessus de votre tête. [...] Je détesterais que quelque chose comme ça se mette en travers de son chemin. Mais beaucoup de gens en parlent, et je sais que certains États en ont un avis très négatif sur le fait qu’il soit né au Canada et qu’il ait eu deux passeports.»

La radio publique américaine, NPR, rappelait en mars 2015 que «la constitution américaine indique que les candidats à la présidentielle doivent être nés américains. Mais la Cour suprême n’a jamais donné de définition claire, la laissant ouverte à interprétations.»

Piques

Ce n’est pas la première fois que ce problème revient sur la table au cours des dernières années. En 2008, John McCain avait pu se présenter même s’il était né dans une base américaine dans une zone du canal de Panama. Quant à Barack Obama, le même Donald Trump avait à plusieurs reprises demandé à voir son acte de naissance, pour savoir s’il était bien né à Hawaï.

Dans le cas de Cruz, Radio Canada rappelle qu’il est «né à Calgary en 1970, d’un père cubain et d’une mère américaine. Il a toujours dit qu’il était américain de naissance, puisque sa mère est née aux États-Unis, et que quiconque né d’un parent américain l’est également. Il a d’ailleurs abandonné sa citoyenneté canadienne en 2014. [...] Les experts s’accordent pour dire que la situation de Ted Cruz ne pose pas de problème, mais l’affaire n’a jamais été testée devant les tribunaux.»

Comme le souligne le Washington Post, ces attaques arrivent alors que Cruz apparaît de plus en plus comme une vraie menace dans la course à la primaire républicaine, «spécialement dans l’Iowa, où des sondages montrent Cruz éclipser le magnat milliardaire»En septembre dernier, Trump indiquait pourtant qu’il avait «entendu dire que cela avait été vérifié par tous les avocats de toutes les façons possibles et que Ted [était] se porte bien».

Le quotidien américain souligne que Trump a déjà lancé plusieurs piques envers Ted Cruz. Par exemple, il avait dit aux électeurs «qu’il n’y avait pas trop d’évangélistes du côté de Cuba [où est né son père]», remettant en question la foi de son adversaire (qui est baptiste du Sud, soit tout aussi protestant que Trump, qui est presbytérien) en sachant très bien que l’électorat américain républicain est sensible à la foi du candidat à la présidentielle, et surtout évoquant le supposé anticléricalisme communiste de l’île des Caraïbes.

Ted Cruz a réagi à cette sortie de Trump sur son compte Twitter, en relayant un extrait de la série Happy Days.

Pour comprendre cette réponse assez piquante, il faut plonger dans la pop-culture américaine. C’est avec cet extrait que l’expression «jumping the shark» (littéralement, «sauter le requin» en français»), est née. «Sauter le requin» fait référence «à un moment dans une série télévisée où une situation devient tellement loufoque qu’elle rejaillit sur sa crédibilité, et révèle sa baisse de qualité». Un moment qui n’arrive donc que maintenant dans cette campagne présidentielle, selon Ted Cruz.

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