Science & santé

L'accouchement est un sport d'endurance

Repéré par Fatma-Pia Hotait, mis à jour le 06.01.2016 à 15 h 15

Repéré sur Michigan News

Fractures, déchirures musculaires et douleurs… Un groupe de chercheurs de l'université du Michigan a remarqué une forte ressemblance entre les blessures post-accouchement et celles des athlètes

L'accouchement peut provoquer des blessures qui peuvent mettrent jusqu'à plus de 8 mois pour guérir  | J.K. Califf via Flickr CC License by Emery Co Photos

L'accouchement peut provoquer des blessures qui peuvent mettrent jusqu'à plus de 8 mois pour guérir | J.K. Califf via Flickr CC License by Emery Co Photos

«15% des femmes ont des blessures pelviennes qui ne guérissent pas.» Le site Michigan News rapporte qu’un groupe de chercheurs de l’université du Michigan a utilisé l’imagerie par résonnance magnétique (IRM) pour analyser le processus de l’accouchement. Une technique généralement réservée à la médecine sportive. «Si un athlète subissait de telles blessures sur le terrain, il passerait immédiatement un IRM», explique Janis Miller, la professeure associée à l’U-M School of Nursing.

Les chercheurs ont établi que les blessures pelviennes dues à l’accouchement peuvent prendre jusqu’à plus de huit mois pour guérir. En outre, la plupart des femmes se voient recommander les exercices de Kegel, connus pour renforcer le périnée et le plancher pelvien. Un entraînement souvent inutile, selon les chercheurs. «Il y a cette habitude de dire aux femmes: “Vous êtes à six semaines postpartum, il n’y a plus besoin de nous voir!” Mais non, toutes les femmes ne se sentent pas bien après six semaines, ni ne sont en mesure de reprendre le travail», soutient Janis Miller.

De ces blessures au niveau du plancher pelvien peuvent découler d’autres désagréments. «Si les muscles pelviens ne fonctionnent pas correctement, une femme peut rencontrer des problèmes vésicaux ou même un prolapsus (ou descente d’organe, ndlr)», explique la professeure.

Des blessures semblables à celles des sportifs

Un groupe de femmes à risque de déchirure musculaire au niveau du plancher pelvien a été suivi. Les chercheurs ont utilisé l’IRM pour établir un diagnostic de la blessure et voir le temps nécessaire à sa guérison. Ils ont découvert que les blessures pelviennes ne viennent pas d’un problème nerf-muscle, comme les experts le pensaient. C’est le lien os-muscle qui est affecté. 

«Les images montrent qu’un quart des femmes avait un excès de fluide dans les os et des fractures semblables à des fractures post-entraînement, explique le site Michigan News. Deux tiers des femmes présentent également un excès de fluide dans les muscles, similaires à celui d’une entorse grave». Enfin, «41% présentaient un déchirement au niveau des muscles pelviens, avec le muscle partiellement ou totalement détaché de l’os pubien».

Bien qu’ils soient les plus prescrits, les exercices de Kegel ne permettent pas d’inverser cette situation. «Je ne dis pas que chaque femme qui accouche doit faire un IRM, ni que les femmes ne doivent pas faire les exercices de Kegel, explique Miller. Mais si une femme sent qu’elle tarde à se reprendre, ou qu’elle n’arrive plus à faire ces exercices, elle doit voir un spécialiste.» L’accouchement et ses risques sont donc bien comparables à ceux des sports d’endurance.

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