Bombe H: le communiqué nord-coréen a des tournures... étonnantes

Un drapeau nord-coréen flotte sur l'ambassade à Beijing, alors que le régime a annoncé avoir fait exploser une bombe à hydrogène, le 6 janvier 2016. REUTERS/Kim Kyung-Hoon

Un drapeau nord-coréen flotte sur l'ambassade à Beijing, alors que le régime a annoncé avoir fait exploser une bombe à hydrogène, le 6 janvier 2016. REUTERS/Kim Kyung-Hoon

La Corée du Nord a annoncé le succès de son premier lancement de bombe à hydrogène, via l'agence centrale de presse nord-coréenne. Cette dernière est connue pour ses communiqués loufoques.

La République populaire démocratique de Corée du Nord a annoncé qu'elle avait fait exploser une bombe à hydrogène, le 6 janvier 2016. Une bombe «miniaturisée» selon les dires du communiqué publié par l'agence centrale de presse nord-coréenne (KCNA). Outre le fait que cette maîtrise soit avérée ou non, le communiqué est intéressant par ses tournures verbales (et sa mauvaise traduction anglaise). Il n'y a qu'à voir les premières lignes, publiées par Vox:

«Il s'est passé un événement surprenant dans le monde qui doit être spécialement noté dans l'histoire nationale couvrant une période excitante de 5.000 ans alors que le personnel et le peuple de la République populaire démocratique de Corée du Nord ont fait un pas-de-géant, réussissant des miracles et des exploits jours après jours dans ce qui va amener au plus tôt la victoire finale de la cause révolutionnaire du Juche (l'idéologie autocratique de la Corée du Nord, ndlr).»

Le communiqué continue en parlant d'un test nucléaire qui n'a fait «aucun impact sur l'environnement» et qui n'est rien d'autre qu'une mesure de légitime défense, notamment contre les États-Unis, que la KCNA qualifie de «gangs de voleurs cruels». Avec sa «bombe H de la justice», la Corée du Nord a atteint une étape que personne «ne peut calomnier». Car selon le communiqué de la KCNA, la paix et la sécurité «ne peuvent être atteintes par des sollicitations humiliantes ou des compromis à la table des négociations»:

«Rien n'est plus fou que de lâcher un fusil de chasse devant un troupeau de loups féroces», renchérit l'agence.

L'oncle de Kim Jong-un traité de «racaille méprisable» 

Néanmoins, la République populaire démocratique de Corée du Nord reste «un véritable État épris de paix qui a fait tous les efforts pour protéger la paix sur la péninsule coréenne». Rappelons juste que la Corée du Nord a bombardé une île sud-coréenne en 2010 et possède un passé d'attentats aériens contre son voisin.

Ce n'est pas la première fois que l'agence centrale de presse nord-coréenne publie des communiqués comme celui-ci. Lors de l'exécution en décembre 2013 de l'oncle de Kim Jong-un, Jang Song Thaek, ce dernier avait été qualifié de «racaille méprisable […] pire qu'un chien» pour avoir trahi la confiance du dirigeant de la Corée du Nord. La KCNA avait écrit après son exécution que Jang Song Thaek s'était comporté de manière arrogante et insolente lors de l'élection de son neveu, «se levant sans volonté de son siège et applaudissant mollement».

Après le piratage de Sony par des hackers, la Corée du Nord avait publié une autre déclaration, allant jusqu'à citer un dicton: «Tout péché apporte son châtiment», ajoutant qu'il est «préférable pour le coupable de se repentir pour ses mauvaises actions et d'en tirer une leçon». 

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