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En Ukraine, Google traduit le mot «Russie» par «Mordor»

© Metropolitan FilmExport

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En revanche, Poutine n’est pas traduit par Sauron.

Le géant américain Google pourrait-il participer malgré à l’aggravation des relations diplomatiques déjà désastreuses entre l’Ukraine et la Russie? Le Washington Post rapporte sur son site une histoire assez cocasse concernant une traduction erronée:

«Ceux qui ont essayé d’utiliser Google Translate pour passer de l’ukrainien au russe cette semaine ont peut-être trouvé un message inattendu dans leur document: La “Fédération russe se transformait en “Mordor», la contrée maléfique du Seigneur des Anneaux. Et ce n’est pas tout. Le mot «russe» était traduit par «occupant» et le nom du ministre russe des Affaires étrangères Sergei Lavrov devenait «petit cheval triste».

Algorithmes et occurences

Difficile de savoir si ce parallèle entre les territoires dirigés respectivement par Vladimir Poutine et Sauron est le résultat d’un piratage au sein même de Google ou en dehors, mais le problème n’a été résolu qu’après 24 heures. Le Washington Post explique par ailleurs que certains activistes pro-Ukraine utilisent le mot Mordor pour parler de leur voisin russe.

Le journal mentionne également un porte-parole de Google, cité par un média russe, qui explique que la complexité des algorithmes de traduction utilisés par leur outil entraîne parfois des erreurs puisqu’ils reposent aussi sur les occurrences de ce mot sur les pages web.

Google va devoir faire un effort, car ces mauvaises traductions régalent régulièrement les internautes. Il y a quelques semaines, le Guardian rapportait que la ville d’As Pontes en Espagne a par exemple découvert que son festival dédié au «grelo», un légume typique de la région, avait lui aussi été victime de Google Translate. Les personnes ayant tenté de traduire ce mot gallique en espagnol castillan ont découvert le mot «clitoris» à la place.

De nombreux points de tension

L'erreur faisait référence au Mordor peut paraître anecdotique, mais elle met en relief les tensions toujours très vives entre les deux pays, en froid depuis fin 2013. À l’époque, la Russie, qui veut reconstituer un bloc avec les pays de l’est, commence à faire pression sur son voisin pour qu’il renonce à l’accord qu’il était censé signer avec l’Union Européenne. La région de la Crimée va alors être occupée par l’armée russe et de violents affrontements vont éclater sur le sol ukrainien.

Si les frontières économiques se mettent en place progressivement entre les deux pays, les tensions demeurent. Sur son site, RFI explique qu’il existe de «multiples points de dissensions». Embargo commercial russe, conflit du Donbass, interruption de livraisons d’électricité à la Crimée… La guerre en les «deux frères ennemis», qu’elle se déroule sur Google translate, dans les échanges commerciaux, ou sur le terrain, est loin d’être terminée. 

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