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L’histoire vraie de Roland le Péteur, et comment internet a tué la pratique professionnelle de la flatulence

Les pets ont toujours été marrants –tels un fil conducteur odorant et invisible dans la riche tapisserie de la tradition comique mondiale | Drewes Zuur via Flickr CC (domaine public)

Les pets ont toujours été marrants –tels un fil conducteur odorant et invisible dans la riche tapisserie de la tradition comique mondiale | Drewes Zuur via Flickr CC (domaine public)

Même si la majeure partie de l’humour de pet repose sur son caractère inattendu et l’embarras joyeux que cela engendre, il a existé (et existe toujours) des artistes-péteurs.

Roland, ménestrel à la cour du roi Henri II au  XIIe siècle, avait sans doute de nombreux talents. Mais l’histoire n’en a retenu qu’un. On en parle comme de Rowland le Farcere, Roland le Fartere, Roland le Petour et Roland le Péteur. Roland n’avait en fait qu’une seule fonction auprès de la cour: chaque Noël, au cours d’un spectacle empreint de débauche, il exécutait une danse qui se terminait par «un saut, un sifflet et un pet», effectués simultanément.

Gravure tirée de The Image of Irelande, par John Derrick, publié en 1581. Notez les flatulistes à droite de l’image (merci à Lavatory Reader) | Photo: domaine public

Roland reçut pour cela un manoir à Hemingstone, dans le Suffolk, ainsi qu’un terrain de plus de 40 hectares. Parce qu’il pétait sur demande.

Les pets ont toujours été marrants –tels un fil conducteur odorant et invisible dans la riche tapisserie de la tradition comique mondiale. Ils sont drôles dans pratiquement toutes les cultures, toutes les langues et à toutes les époques. La blague la plus vieille du monde, selon l’Université de Wolverhampton, est une blague de pet: «Quelque chose qui n’est plus arrivé depuis la nuit des temps; une jeune femme s’est retenue de péter sur les genoux de son mari» aurait beaucoup fait rire les Sumériens en 1900 avant J.-C. Aristophane, le maître dramaturge athénien, saupoudrait ses pièces comiques de blagues de pets, tout comme le faisait Shakespeare. Geoffrey Chaucer se servait de pets bien placés pour piquer la prétention dans ses Contes de Canterbury, et au moins deux des histoires des Mille et une nuits reposent sur des pets. Une ode à un pet émis au parlement en 1607 resta populaire pendant des années après que le pet lui-même se fut dissipé; les histoires de Gargantua et de Pantagruel par François Rabelais exhalent le pet; la blague de pet de Mark Twain, une fausse inscription dans un journal intime élisabéthain intitulée «1601» ou «Conversation telle qu’elle était près de la cheminée au temps des Tudors», a longtemps été considérée comme impossible à imprimer puisque la reine Elisabeth y bredouillait: «Jamais, en vérité, n’ai-je entendu de pareil pet au cours de mes soixante-huit années.»

En 1942, le film En route pour le Maroc, avec Bing Crosby et Bob Hope, provoqua de nombreux éclats de rire grâce à une blague nécessitant un coussin péteur. Dans une interview pour le New York Times en 2007, Sarah Silverman parlait des blagues de pets comme de «la langue des signes de la comédie» et son livre, paru en 2009, est intitulé Mange, Prie, Pète. Le Championnat du monde du pet est à la mode en Finlande –ou du moins l’était en 2013. Les pets sont drôles et ils sont partout.

Néanmoins, la majeure partie de l’humour de pet repose sur son caractère inattendu et sur le choc, la honte et l’embarras joyeux que cela engendre. Alors que penser de Roland et des rares autres comme lui, les artistes-péteurs?

«Marque de la mort»

Pour ce qui est de Roland, les données historiques sont plutôt ténues mais le fond de l’histoire est sans doute véridique. Valerie Allen, professeure de littérature à l’École de justice criminelle John-Jay, a enquêté sur l’histoire de Roland dans son livre paru en 2007, On Farting: Language and Laughter in the Middle Ages [que l’on pourrait traduire par À propos du pet: langage et rire au Moyen Âge; NDT]. Elle dit que, pour Roland, la chronologie fut difficile à établir: il est possible qu’il ait d’abord été au service du roi Henri Ier, puis d’Henri II; des registres comptables de l’époque indiquent quel paiement il a reçu et pour quoi, mais ne donnent pas de dates. Plus tard un autre roi, peut-être Henri III, estima que le talent de Roland n’était pas si drôle que cela et, au motif qu’il fournissait un service «indécent», la Cour reprit sa terre et son manoir. 

C’est toutefois une chronologie qui implique que le pauvre homme aurait pété à la cour pendant une période couvrant plus de 120 années. Allen relève que sa véritable histoire est un mystère et qu’on ignore quels Henri ont réellement pu profiter de ses talents. Mais l’histoire de Roland est malgré tout captivante; Allen insiste sur son attrait («c’est une personnage très apprécié») et historiens et chroniqueurs des 900 dernières années se sont régalés en racontant l’histoire de Roland le Péteur.

Péter était plus compliqué au Moyen Âge qu’au siècle présent. Une grande partie de l’aspect humoristique des pets tenait alors –comme c’est encore le cas aujourd’hui– à l’anxiété générée par un corps incontrôlable et au désopilant rappel que personne, pas même les plus nobles de la société féodale, ne pouvait échapper à son corps, dit Allen. Mais il y avait un aspect plus sérieux et philosophique aux pets médiévaux, qui est moins évident aujourd’hui. «Les gaz sont le produit de la décomposition; par conséquent du point de vue de la morale et de la théologie, de nombreux auteurs du Moyen Âge considéraient cela comme la marque de la mort, dit-elle. Il y avait beaucoup de moralisation autour des pets et de la merde, qui sont le rappel quotidien et vivant que nous allons mourir et que c’est tout ce que nous sommes, nous sommes mortels et nous sommes des pêcheurs.»

Péter était plus compliqué au Moyen Âge qu’au siècle présent

Voilà qui relève plus du sermon du dimanche que des réjouissances du milieu de l’hiver. Mais les agissements de Roland étaient aussi ancrés dans une tradition de divertissement très variée à la cour. Les jongleurs, les mangeurs de feu, les conteurs, les acrobates –parmi lesquels certains, hommes et femmes, se produisaient nus–, comédiens, musiciens et péteurs appartenaient tous au milieu des arts médiévaux de la scène. Des archives irlandaises du VIIIe siècle listent le «péteur» (bruigedoire) comme l’un des types de serviteurs que l’on trouvait à la cour et note que leur salaire devrait être le «gras de l’épaule» des proies de la chasse. À peu près à la même époque que celle où Roland recevait son manoir, on rapporte l’existence d’un groupe de péteurs irlandais (braigetori) qui occupaient une table dans la salle de réception du roi d’Irlande.

«Tous les péteurs qui se produisaient n’étaient pas propriétaires terriens», tempère Allen, mais il y avait, sinon une profession, du moins une spécialité établie. «Je pense que, pour les occasions festives, ce type de divertissement était central et nécessaire et qu’il devait demander un important degré de maîtrise, tout un apanage de trucs de scène, dit-elle. Ils sont pareils à des artistes de cirque.»

Anus musical

La tradition semble même remonter plus loin: Augustin d’Hippone, alors qu’il rédigeait La cité de Dieu au Ve siècle, nota que des gens pouvaient «produire sur demande de tels effets musicaux avec leur derrière (et sans aucune puanteur) qu’ils semblaient chanter depuis cette région». Et, tout comme l’humour de pet traditionnel, cela ne se limite pas à la culture occidentale. Dans son livre, Allen mentionne un manuscrit illustré basé sur «Le roi des pets», un conte japonais de l’ère de Kamakura (1185 à 1333), dans lequel figure un certain Fukutomi no Oribe, qui «exécutait des pets dansants pour l’aristocratie» et «a bien eu son voisin Toda, qui essayait d’imiter le maître péteur mais qui s’est souillé à la place».

Ça, c’est de la fiction. Mais il a réellement existé des flatulistes qui ont travaillé au Japon dans les années 1700. Durant la période Edo, les rues de Tokyo étaient remplies de misemono, des attractions dans lesquelles se produisaient parfois le genre de gens qui peupleraient plus tard les «freak shows»; l’une des stars de misemono les plus connues était un homme nommé Kirifuri-hanasaki-otoko, ce qui signifie «l’homme en fleur sur laquelle descend la rosée», qui en 1774 démontra sa capacité à ingérer des quantités d’air et à relâcher celui-ci dans des «arias de flatulences modulées», selon feu le professeur Andrew Markus de l’Université de Washington. (Les pets étaient en quelque sorte en vogue durant la période Edo: une série de manuscrits illustrés de l’époque, réalisés par des artistes inconnus, est intitulée «He-Gassen», ou «Guerre des pets», et c’est, de façon cocasse, exactement ce à quoi le nom fait penser.)

À la suite de quoi, la plus grande célébrité de l’art du pet fut un Marseillais de la fin du XIXe siècle qui se faisait appeler «Le Pétomane» – littéralement «le péteur maniaque». Le jeune Joseph Pujol, fils de boulanger, découvrit son talent alors qu’il nageait près de chez lui sur la Côte d’Azur. Selon la revue Retro, il avait simplement pris une grande respiration afin de plonger sous les flots quand il a senti le froid remonter le long de son fessier –c’était de l’eau de mer, qu’il avait «inhalée» avec son sphincter. Pujol s’est d’abord servi de son talent pour faire jaillir de l’eau à des distances incroyables (aussi loin que cinq mètres, une fois adulte), mais il s’est vite rendu compte qu’il pouvait prendre de l’air et le relâcher comme il lui plaisait. Après une carrière militaire, où ses talents se sont naturellement épanouis, il s’est mis à se produire dans les music-hall locaux, sifflant «La Marseillaise» et «Au Clair de la Lune» et faisant de l’«imitation». Quand il partit pour Paris en 1892, il était déjà suffisamment connu pour qu’on lui commande un spectacle d’une heure et demie au légendaire Moulin Rouge.

 

Le Pétomane sur la scène du théâtre du Moulin Rouge à la fin des années 1800 | via Wikimédia Commons (domaine public)

Je ne pense pas qu’un péteur puisse maintenir une base de fans réguliers. Une fois que vous avez vu le spectacle, la principale motivation pour y retourner est d’emmener vos amis pour observer leurs réactions

Jim Dawson, journaliste musical et fartologiste autoproclamé

«Il portait un smoking et annonçait chaque son comme s’il présentait un solo musical. Évidemment, le côté incongru d’un gentleman distingué émettant des pets ne faisait qu’ajouter à l’humour», dit Jim Dawson, journaliste musical et fartologiste autoproclamé qui est l’auteur de Who cut the cheese (1999) et de Blame it on the dog (2006), dans un email. Pujol ne faisait pas que siffler des chansons et imiter la «foudre» –il pouvait aussi fumer une cigarette avec son postérieur et éteindre des bougies et même l’éclairage au gaz de la scène. Certaines femmes s’évanouissaient (la légende dit que le Moulin Rouge avait mis en place des infirmiers dans les couloirs) mais les membres du public des deux sexes riaient aux éclats.

Quand il ne se produisait pas au Moulin Rouge, Le Pétomane faisait son show, nu, chez de riches particuliers curieux qui voulaient savoir ce qui se passait sous la queue de pie de son costume. Pujol devint l’un des artistes les mieux payés de Paris, sinon du monde, et ses capacités exceptionnelles furent examinées par différents médecins; l’un d’eux publia en 1904 un rapport sur Pujol, intitulé «Un cas extraordinaire d’aspiration rectale et d’anus musical». Trois ans après sa première apparition au Moulin Rouge, Pujol fut toutefois poursuivi en justice pour «rupture de contrat» par le propriétaire du cabaret, pour s’être produit de façon impromptue dans une échoppe de pain d’épices du coin. Pujol accepta de payer un montant pour régler l’affaire et ouvrit son propre cabaret, mais la Première Guerre mondiale coupa court à son illustre carrière. Il mourut en 1945, à l’âge de 88 ans. L’histoire de sa vie a été racontée dans un court-métrage datant de 1979, avec le comédien britannique Leonard Rossiter.

Même si tout le monde ou presque adorait Le Pétomane, son humour n’était pas exactement sophistiqué. «Clairement, dans la hiérarchie de la comédie, les pets sont relégués presque tout derrière (hem), avec les jongleurs de chats et les clowns, dit Dawson. Je ne pense pas qu’un péteur puisse maintenir une base de fans réguliers. Une fois que vous avez vu le spectacle, la principale motivation pour y retourner est d’emmener vos amis pour observer leurs réactions.»

La tradition du flatuliste n’a pas péri avec Le Pétomane mais elle a du mal à survivre.

Péteur professionnel

Paul Oldfield, qui se fait appeler Mr Methane dans sa profession, se produit comme flatuliste depuis 1991. Sur sa page Facebook –qui compte près de 6.000 likes–, on trouve des vidéos de sa performance de 2009 dans l’émission «Britain’s Got Talent» [équivalent anglais de l’émission «La France a un incroyable talent»; NDT] (Oldfield n’a pas gagné, sinon il aurait dû se produire devant la reine lors du Royal Variety Show; on peut se demander comment la famille royale d’aujourd’hui aurait réagi à ses talents); sa photo de couverture montre un Oldfield qui culmine du haut de ses 2 mètres dans son costume de superhéros violet et vert, les bras autour des épaules de plusieurs jeunes femmes attrayantes. 

Photo de Mr Méthane publiée le 18 décembre sur sa page Facebook | Capture d’écran

Contacté par téléphone chez lui dans le nord de l’Angleterre, Oldfield ne peut pas s’empêcher de faire des jeux de mots péteux (pardon). Il a tendance à parler beaucoup, mais son histoire est intéressante et il a un joli accent du Nord.

Oldfield, tout comme Le Pétomane avant lui, est capable d’«inhaler» de l’air à l’intérieur de son sphincter et de l’évacuer en «trois tonalités», dit-il (et sans l’odeur, puisque l’air ne vient pas de nourriture qui est en train d’être digérée dans son estomac). Il a du mal à expliquer comment il «inhale» –c’est un mélange de relaxation et de contraction du sphincter et du diaphragme qu’il sait simplement faire. «On va à l’envers pour ainsi dire, on inhale de l’air dans le côlon et on l’emprisonne, puis on serre le muscle du sphincter. Ensuite on le fait sortir et on peut modifier le son, dit-il. Un peu comme d’éjecter des framboises avec la bouche.» C’est un travail assez physique, ce qui veut dire qu’il fait beaucoup d’exercice, en général du yoga et des étirements. «On doit péter la forme, n’est-ce pas?» lance-t-il tout sérieusement. Mais on ne peut pas rigoler, met-il en garde: «Vous utilisez votre diaphragme, une fois que le haut se met à rire de façon incontrôlable, il n’y a plus de contrôle en bas. C’est déjà suffisamment difficile quand on est sérieux.»

Oldfield dit avoir découvert son talent quand il était ado et qu’il était en train de faire du yoga –«dans la position du lotus», précise-t-il– et il s’est mis à faire des blagues à l’école pendant la pause de midi «pour gagner de l’argent de poche». Après une brève carrière en tant que conducteur de train, il a eu une révélation: «Pourquoi pas après tout, ce serait vraiment bien, je vais voir si je peux gagner ma vie en tant que péteur professionnel.»


Oldfield a adopté un personnage de superhéros, Mr Methane, avec tout l’accoutrement ad hoc: cape et masque verts. Il a truffé son jargon de jeux de mots et s’est mis à se produire dans des fêtes d’amis, de fin de semestre universitaires et à des événements corporate. L’un de ses premiers grands shows était au Screaming Beaver, à Macclesfield, dans le Cheshire, un club qui avait vu passer des gens comme Steve Coogan. «Bizarrement ils n’arrêtaient pas d’avoir ces différentes performances avant-gardistes, et ils pensaient que je serais l’une de ces performances avant-gardistes, mais il s’est avéré je n’étais qu’une performance à vent-gardiste», dit-il.

On inhale de l’air dans le côlon et on l’emprisonne, puis on serre le muscle du sphincter. Ensuite on le fait sortir et on peut modifier le son

Mr Methane

Ses spectacles ont mené à d’autres spectacles, et Mr Methane s’est retrouvé à la télé, à faire le circuit des talk-shows de fin de soirée partout en Europe. Tout comme d’autres péteurs professionnels, il était très apprécié des animateurs radio adeptes de provoc comme Howard Stern à la fin des années 1990 et au début des années 2000. Il a fait des émissions télé partout dans le monde, a tourné des pubs pour le chocolat Cadbury et a fait des apparitions dans des sitcoms, s’est produit au Festival de Reading et au Fringe d’Édimbourg; il a même sorti un album de Noël. Sinead O’Connor était apparemment fan et a commandé vingt copies de son album mrmethane.com et autant de copies de ses DVD Merry Methane et Let’s Rip.

Mais, à différents égards, c’est un artiste d’une ère depuis longtemps révolue, celle où prospéraient les émissions de variété et le cabaret, où le jazz se faisait en trio et où bars et clubs osaient parier sur des artistes aux talents outranciers. «J’aurais probablement eu bien plus de travail sur scène dans les années 1960 et 1970, et peut-être dans les années 1980, peut-être que je suis arrivé trop tard», admet-il. Et désormais, même si on l’invite encore de temps en temps à faire une télé, la majorité de son gagne-pain s’est évaporé –notamment, selon lui, à cause de YouTube.

Le show d’Oldfield est presque du sur-mesure pour le partage en ligne, et pourtant la nouvelle ère d’internet ne lui a pas profité. Le flux constant de vidéos invraisemblables, disponibles en streaming, a éliminé le besoin pour les clubs de le faire venir. «Pendant que nous discutons, il y a tous ces gens qui sont en train de regarder des vidéos de moi et c’est ce qui est fou avec internet –on est vu beaucoup plus qu’on n’aurait pu l’être par le passé, observe-t-il. Maintenant on est vu mais on ne gagne pas d’argent. Ce n’est même pas être exploité, c’est être consommé et on ne gagne pas d’argent pour ça. C’est étrange.»

Ce qu’il va faire après, il ne le sait pas. À court terme, on lui a au moins demandé de péter sur la «Macarena» pour une vidéo, une demande qui cumule les couches de mauvais goût. À long terme, il se pourrait qu’il raccroche son masque vert et son short violet. «J’ai 49 ans, j’aurai 50 ans l’année prochaine, peut-être qu’il est temps pour un nouveau Mini-Methane, qui pourrait s’adapter à cette nouvelle ère, réfléchit-il à haute voix. En gros je raconte toujours la même blague et d’une manière ou d’une autre j’ai réussi à le faire sur scène pendant quasiment vingt-cinq ans. Je pense que je ne m’en suis pas trop mal sorti.»

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