Histoire

Au XIXe siècle, de petites cartes secrètes faisaient office de Tinder

Temps de lecture : 2 min

En pleine époque victorienne, les jeunes Américains avaient trouvé le moyen de ne pas perdre de temps avec les formalités d'usage.

Deux femmes de l'époque victorienne | Simpleinsomnia via Flickr CC License by
Deux femmes de l'époque victorienne | Simpleinsomnia via Flickr CC License by

«L’amour romantique est complètement mort Vous avez peut-être déjà entendu ce genre de phrases à propos de Tinder, Happn ou Bumble. Ces applications sont accusées de ne privilégier que l’aspect physique de la rencontre: on accepte ou non de discuter avec une personne en ne se basant quasiment que sur des photos.

Pourtant, le «match» –le consentement mutuel à se parler– fondé sur la simple attirance physique existe depuis longtemps. Un article de National Geographic évoque un procédé similaire en pleine époque victorienne aux États-Unis.

Les fringuants jeunes hommes ne pouvaient pas risquer leur réputation et adresser la parole, en société, à une dame du monde. Ils n’avaient pas toujours sous le coude de connaissance commune pour servir d’entremetteuse. Sans parler du regard méfiant du chaperon qui surveillait les filles de près. Alors ils ont trouvé un subterfuge pour s’éviter tout embarras.

Les cartes de connaissance, d’escorte ou de flirt, sont le moyen de contourner les règles rigides qui gouvernent les interactions sociales entre jeunes gens du XIXe siècle. Elles permettent aussi de passer outre les formalités d’usage.

Dans un gant ou un éventail

Le séducteur n’a qu’à glisser subrepticement une de ces fameuses cartes auprès de la belle convoitée, par exemple en la dissimulant dans un gant ou dans un éventail. La carte comporte de courts messages abrégés, qui demandent généralement de pouvoir raccompagner la femme chez elle. Ce à quoi la femme peut répondre elle aussi par une carte.

On ne sait pas à quel point ces cartes étaient prises au sérieux. Ni si elles permettaient efficacement d’atteindre le but recherché par les entreprenants. Le collectionneur Alan Mays pense que la plupart «servaient principalement à engager la conversation, briser la glace ou flirter innocemment».

Les cartes d’escorte pastichaient les cartes de visite, une pratique très à la mode dans la haute société américaine au XIXe siècle. Malgré cet aspect humoristique, elles ne faisaient pas rire tout le monde. À commencer par les parents des intéressé(e)s, «très inquietés par ce mode de communication secret», selon Alan Mays.

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