Pour le New York Times, la France a tort de modifier sa constitution sur l’état d’urgence

François Hollande à l'Élysée, le 23 décembre 2015 | AFP/STEPHANE DE SAKUTIN

François Hollande à l'Élysée, le 23 décembre 2015 | AFP/STEPHANE DE SAKUTIN

Dans un édito, le célèbre journal américain explique que le gouvernement s’apprête à faire des mesures inutiles et dangereuses.

Depuis les attaques du 13 novembre à Paris, l’état d’urgence a été déclaré sur le territoire par François Hollande. Cela permet notamment au gouvernement de mener des perquisitions sans mandat du juge, de jour comme de nuit, d’interdire les rassemblements pouvant provoquer le désordre, d’interdire la circulation des personnes à des horaires précis ou encore de les assigner à résidence.

Près de 3.000 perquisitions ont été menées depuis le soir des attentats et 391 personnes ont été assignées à résidence, comme le rapportait le Parisien le 29 décembre 2015. Mais, pour l’instant, il n’y a eu que 62 condamnations et 300 procédures sont encore au stade de l’enquête.

Le Défenseur des droits Jacques Toubon avait dénoncé  le 22 décembre «un certain nombre de dérives ou plutôt d’approximations», comme le rappelle le journal: «Au fur et à mesure, on va s’apercevoir qu’il y a un certain nombre de cas dans lesquels les mesures qui ont été prises ont été excessives.»

Ces mesures exceptionnelles n’ont pas provoqué des remous qu’en France. Dans un édito daté du 4 janvier (et repéré par Reader), le journal américain The New York Times s’est fendu d’une violente critique des conditions dans lesquelles se déroule cet état d’urgence en estimant que cela «diminue les libertés».

Profilage

Il explique notamment que la majorité des opérations effectuées par la police ont visé des «maisons, des entreprises des mosquées et de salles de prières de musulmans». «Le profilage des minorités en France par la police condamné comme discriminatoire par la cour d’appel de Paris en juin est revenu se venger, et les crimes contre les musulmans ont augmenté», rappelle le journal.

Mais sa critique la plus violente concerne les changements que veut apporter François Hollande à la Constitution, notamment en ce qui concerne la déchéance de nationalité:

«Le Parlement devrait rejeter ces changements constitutionnels qui ne sont pas nécessaires et qui entraînent la discorde. L’effort mené pour diminuer les libertés civiles et mettre fin à la surveillance judiciaire ne fera que magnifier le potentiel de l’abus de pouvoir, sans que cela mettre le public plus en sécurité.»

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