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Ce qui changerait si les miliciens de l'Oregon étaient noirs ou musulmans

Temps de lecture : 2 min

Si des noirs ou des musulmans occupaient des lieux avec des armes, le gouvernement enverrait probablement des tanks.

Amon Bundy, leader de la milice qui occupe le Malheur National Wildlife Refuge, près de Burns, dans l’Oregon, le 4 janvier 2016 | REUTERS/Jim Urquhart
Amon Bundy, leader de la milice qui occupe le Malheur National Wildlife Refuge, près de Burns, dans l’Oregon, le 4 janvier 2016 | REUTERS/Jim Urquhart

Depuis samedi 2 janvier, des militants antigouvernementaux armés occupent un bâtiment fédéral dans un parc naturel de l’Oregon, aux États-Unis. Ils manifestent contre l’arrestation de deux éleveurs qui ont incendié des terres fédérales et leur leader, Amon Bundy, a déclaré qu’ils avaient l’intention de rester retranchés plusieurs années pour défendre les droits des ranchers contre la «tyrannie» du gouvernement.

Bundy a déclaré qu’ils n’utiliseraient leurs armes que s’ils étaient attaqués mais qu’ils refusaient de quitter les lieux. Le FBI et les forces de l’ordre locales ont annoncé qu’ils tentaient de mettre fin à l’occupation en évitant toute explosion de violence.

Dans les médias, de nombreux chroniqueurs ont pointé que les choses se seraient probablement passées différemment si les miliciens n’étaient pas des extrémistes blancs.

Deux poids deux mesures

Dans The Guardian, l’auteur Wajahat Ali écrit que, si quinze musulmans occupaient une boutique avec des pistolets à plomb, le gouvernement enverrait probablement des tanks. Le traitement serait aussi différent si les miliciens étaient noirs, poursuit Ali:

«Si un homme noir avec un jouet en plastique en forme de pistolet se dirigeait en marchant vers un bâtiment fédéral, sans parler de 150 hommes noirs avec des fusils chargés, il serait tué par la police, sans qu’elle ne lui pose de questions.»

L’auteur fait ici référence à Tamir Rice, tué par la police à Cleveland alors qu’il marchait dans un parc avec un faux revolver. Comme le souligne le New York Times, la référence à Tamir Rice est aussi apparue sur Twitter:

«Vous vous rappelez quand le gosse noir a occupé un parc public et menacé de devenir violent? Moi non plus.»

De nombreux autres commentaires ont fait écho à cette accusation du deux poids deux mesures, notamment par rapport à l’arrestation de certains manifestants du mouvement Black Lives Matter.

«Des noirs armés de pancartes: arrêtés et battus. Des blancs avec des armes: ils occupent un bâtiment public.»

Afin de se moquer de ces terroristes «ploucs», les utilisateurs de Twitter ont créé le hashtag #YallQaeda, un jeu de mot où le «al» arabe est remplacé par «Y’all», une contraction de «you all», expression qui signifie «vous les gars» et est utilisée dans le Sud des États-Unis.

Des conservateurs se sont offusqués de ce hashtag se moquant des «rednecks» (et les comparant à al-Qaida). Certains ont souligné que, si les forces de l’ordre n’étaient pas encore intervenues, c’était pour éviter des désastres comme celui de Waco au Texas en 1993, où un raid des forces fédérales avaient fait plusieurs morts chez les agents et les membres de la secte qui tenait le siège.

Comme l’explique Jamelle Bouie dans Slate.com, la bonne question n’est probablement pas de se demander pourquoi les forces de l’ordre n’utilisent pas la violence dans ce cas mais plutôt: «Pourquoi elles ne font-elles pas plus attention avec les suspects non armés et les délinquants?»

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