Zidane a-t-il acquis ce «quelque chose» qui lui manquait pour entraîner le Real?

Zinedine Zidane, le 26 mars 2015. REUTERS/Charles Platiau.

Zinedine Zidane, le 26 mars 2015. REUTERS/Charles Platiau.

Il y a quelques semaines encore l'entraîneur de l'équipe réserve du club madrilène estimait qu'il n'était pas prêt à coacher en Liga.

Le nouvel entraîneur du Real Madrid s'appelle Zinédine Zidane: le club madrilène a officialisé, lundi 4 janvier au soir, la nouvelle de l'éviction au profit du champion du monde 1998 de Rafael Benitez, que son président Florentino Perez avait pourtant confirmé à son poste il y a moins de trois semaines. Le Real est seulement troisième de la Liga, à 4 points du leader, l'Atletico Madrid, et a potentiellement 5 de son rival le FC Barcelone, qui compte un match en moins.

Fin novembre, alors que montaient déjà les rumeurs autour d'un remplacement de Benitez, la presse espagnole avait posé franchement la question à Zidane, qui y avait répondu avec sa prudence légendaire, comme le rapportait à l'époque El Pais:

«On parle de toi comme successeur de Benitez. Cela te gêne? Tu vois cela dans un futur proche ou lointain?
– Je suis entraîneur de la Castilla
[l'équipe réserve, ndlr] et Benitez du Real Madrid, les choses sont bien comme cela pour le moment.»

«Une entraîneur n'est jamais préparé»

Puis, relancé par les journalistes, il s'était montré encore plus modeste, rappelant les résultats décevants de la Castilla la saison précédente (sixième seulement de son groupe), mais sans fermer totalement la porte à une promotion-éclair:

«À la fin de la saison passée, j'avais un peu la sensation qu'il me manquait quelque chose, et qu'il me manquait également quelque chose pour entraîner une équipe première. Je suis têtu, quand je n'arrive pas à quelque chose, il faut que je le retente une autre fois et c'est pourquoi je suis resté à la Castilla.
–Qu'est-ce qui te manque? Quand auras-tu le niveau pour une équipe première ou pour le Real Madrid?
–Il me manque beaucoup, mais en même temps, je me dis qu'un entraîneur n'est jamais préparé. Ce que je fais ici, c'est aller pas à pas, je ne vais pas à toute vitesse. Je suis content de ce que je fais jour après jour, je ne regarde pas le futur ni le passé.»

Préparation yoga

L'ancien numéro dix des Bleus et du Real songeait pourtant déjà depuis un moment à cette évolution puisque, en juin dernier, il avait expliqué à France Football que si Florentino Perez lui avait proposé le poste lors du départ du précédent entraîneur, l'Italien Carlo Ancelotti, il l'aurait accepté, «par défi». Ce à quoi l'hebdomadaire sportif ajoutait, sceptique:

«Sa première année plus que mitigée à la tête de l’équipe réserve, en troisième division espagnole, a interpellé suffisamment les décideurs du Real pour leur démontrer ce qui semblait pourtant évident: aussi grand ait-il été sur un terrain, Zizou n’est encore qu’un débutant sur le banc. Il lui faut du temps et un vécu qu’il doit acquérir au fur et à mesure des expériences, pas forcément au Real Madrid, d’ailleurs.»

Pas sûr qu'il l'ait acquis en six mois, et encore moins en huit semaines depuis ses déclarations prudentes de novembre. En tout cas, celui qui était célèbre pour son comportement parfois sanguin sur un terrain –il est un des deux seuls joueurs à avoir été expulsé deux fois en Coupe du monde et sans doute le seul à avoir été expulsé à la fin d'un film à sa gloire– a travaillé sa préparation mentale: toujours selon Marca, il a passé une partie de ses vacances de Noël à faire du yoga.

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