Tech & internet

Le dogspotting, ou l'art complexe de photographier les chiens

Repéré par Jean-Laurent Cassely, mis à jour le 04.01.2016 à 13 h 42

Repéré sur The Guardian, Mashable

Initiez-vous aux règles impitoyables de cette riche sous-culture internet.

lisa-the-dog / Roman Schurte via Flickr CC License By

lisa-the-dog / Roman Schurte via Flickr CC License By

Un hobby pour le moins étrange s’est développé sur internet au point de fédérer près de 90.000 membres sur une page Facebook. Il s’agit du dogspotting, activité qui consiste à observer des chiens et à les prendre en photo pour les soumettre au jugement de la communauté.

Une journaliste du Guardian s’est immergée dans cette sous-culture des dogspotters, dont les administrateurs ne plaisantent pas avec les règles, supprimant impitoyablement du groupe Facebook les membres qui s’en écartent. Car le dogspotting est une pratique d’extérieur, un loisir mais c’est avant tout un jeu avec des règles à respecter, des points à cumuler et un gagnant chaque année.

La première règle à respecter est de repérer des chiens au hasard, ce qui exclut toute photo d’un animal que l’on connaît ou dont on est le propriétaire. Les points s’obtiennent en multipliant les critères de réussite du dogspotting: prendre une photo de loin ou depuis un point d’observation difficile d’accès; photographier le chien en action ou en train de manger un objet insolite; etc. Des points sont par ailleurs retranchés au score final si le chien «spot» lui-même le photographe, c’est-à-dire s’il l’a repéré.

Il est évidemment strictement interdit de se rendre dans un événement canin pour dogspotter en rafales puisque comme le précisent les organisateurs sur la (longue) page consacrée aux règles du Dogspotting, «il n’y aucun challenge dans le fait de repérer [un chien] dans un lieu où vous savez qu’il y aura des chiens». Bien au contraire, les administrateurs incitent les membres à «sortir et chasser des spots! Le caractère inattendu d’une rencontre au hasard est fondamental dans le sport et le style de vie» du dogspotting.

L'une des (nombreuses) pages de présentation des règles du dogspotting.

Une tradition «old school»

«Style de vie», oui: c'est ainsi que certains membres du groupe définissent leur passion méconnue, gourmande en temps et exigeante en aptitudes. L’aspect obsessionnel n’est pas sans rappeler le «trainspotting», pratiqué en Grande-Bretagne par des passionnés collectionneurs, dont le but est d’avoir vu passer au cours de leur vie tous les trains qui circulent sur le territoire (il s’agit des numéros de lignes, non du matériel ferroviaire lui-même).

Conséquences de cette rigidité –de ce fanatisme, selon les critiques– le dogspotting privilégie la performance sur l’esthétique et la qualité visuelle de la photo. Déjà en 2014, le site Mashable se penchait sur ce nouveau sport populaire sur le web mais accusé de «tyrannie». À l'époque, une véritable «guerre» faisait rage au sein de la communauté, qui se déchirait à propos de deux systèmes concurrents de notation des photos de chien...

Les amateurs de simples belles photos de chien se sont déportés vers des groupes plus classiques, alors que les dogspotters orthodoxes continuent de pratiquer un dogspotting «old school», relate le Guardian. Un groupe «d’élite» qui se distingue des sites de partage et d’échange de photos de chiens et de chats qui font partie intégrante du folklore internet.

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