Monde

Arabie saoudite et Iran, une rivalité au long cours

Repéré par Fatma-Pia Hotait, mis à jour le 04.01.2016 à 13 h 34

Repéré sur ABC News

Riyad a rompu ses liens diplomatiques avec Téhéran. Un nouvel épisode dans une longue histoire de crises entre les deux pays.

Le chef de la police Hossein Sajedinia demande l'arrêt des protestations devant l'ambassade saoudienne de Téhéran, le 3 janvier 2016. (ATTA KENARE / AFP)

Le chef de la police Hossein Sajedinia demande l'arrêt des protestations devant l'ambassade saoudienne de Téhéran, le 3 janvier 2016. (ATTA KENARE / AFP)

Sevices sexuels subis par deux Iraniens en avril dernier de la part de policiers saoudiens à l'aéroport de Djeddah, bousculade mortelle en septembre à La Mecque causant la mort de 464 Iraniens et exécution du cheikh Al-Nimr, soupçonné d'être un agent de Téhéran… Depuis plusieurs mois, la tension entre l'Iran et l'Arabie saoudite monte d'un cran. Au point que, ce dimanche 3 janvier, Riyad a décidé de rompre ses relations diplomatiques avec Téhéran après l'incendie de son ambassade et une manifestation violente devant l'un de ses consulats.

La rivalité entre l'Iran à large majorité chiite et l'Arabie saoudite à 97% sunnite n'est pas nouvelle, comme le rappelle ABC News. La révolution iranienne de 1979 a notamment accru les tensions. Sous le pouvoir du shah Pahlavi, les relations entre les deux pays sont mitigées mais s’assouplissent vers la fin du règne. Ce sera l’évincement du Shah par l’Ayatollah Khomeini et la prise de contrôle de l’ambassade américaine de Téhéran qui marquera le virage entre les deux puissances. Très vite, l’Arabie saoudite devient le premier allié régional des États-Unis, nouvel ennemi de Téhéran.

Lors de la guerre qui oppose l’Iran à l’Irak entre 1980 et 1988, l’Arabie saoudite soutient Saddam Hussein, un sunnite à la tête d'un pays à la tête d'une courte majorité chiite. Le royaume verse 25 milliards de dollars au dictateur et encourage les pays du Golfe à en faire de même.

Multiples incidents lors du pèlerinage

En 1987, la Garde nationale saoudienne viole la trêve qui devait s’appliquer lors du pèlerinage et tire sur près de 50.000 pèlerins iraniens qui manifestaient contre les États-Unis et Israël à La Mecque. L’affrontement fera officiellement plus de 400 morts, dont 275 Iraniens. Toutefois, Téhéran affirme que 600 de ses ressortissants ont été tués. Cet évènement mènera l'Iran à boycotter le Hajj en 1988 et 1989. Cette année-là, Riyad décapite 16 Iraniens qu’il tient responsables du double attentat à La Mecque du 9 juillet 1989. Les relations diplomatiques ne reprendront qu’en 1991.

En 1997, l'accession au pouvoir en Iran du modéré Mohammad Khatami permet de pacifier les tensions existantes, celui-ci se rendant même en Arabie saoudite en mai 1999. Un apaisement qui prend fin en 2005 avec la présidence de Mahmoud Ahmadinejad. Pro-Bachar el-Assad en Syrie, l'Iran a marqué des points en 2015 en signant un accord historique sur le nucléaire. Un retour en force dans les relations internationales vu d'un mauvais œil par l'Arabie saoudite qui craint de perdre son influence dans la région. En plus de devoir subir une baisse des cours du pétrole.

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