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Les ennemis jurés des Jedi dans «Star Wars» ont-ils les moyens de détruire une vraie planète?

Repéré par Annabelle Georgen, mis à jour le 04.01.2016 à 17 h 46

Repéré sur Der Spiegel, Journal of Special Topics, The Conversation

Plusieurs publications ont étudié de près la puissance de feu des Sith.

© D.R.

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Dans le dernier épisode de la saga Star Wars, Le Réveil de la Force, les Sith se lancent pour la troisième fois dans la construction d’une arme de destruction massive sidérale. Mais contrairement à l’Étoile noire («Death Star» dans la version originale) de l’épisode IV et à l’Étoile de la mort («Death Star II») de l’épisode VI, la base Starkiller («Starkiller Base») n’est pas une station spatiale mais une vraie planète qui a été transformée en station de combat. En captant l’énergie d’un soleil voisin, cette étoile de la mort de troisième génération est capable non seulement d’anéantir des planètes mais des systèmes solaires entiers.

Ces armes fictionnelles auraient-elles une telle force de frappe si elles existaient vraiment? C’est la question farfelue que se pose l’hebdomadaire allemand Der Spiegel, qui se livre à un petit exercice de fact-checking à partir des recherches qui ont été menées à ce sujet par différents scientifiques visiblement fans de la saga, et notamment celles qui sont parues dans la revue britannique spécialisée Journal of Special Topics:

«Le résultat est bluffant: même si d’immenses quantités d’énergie sont nécessaires pour pulvériser une planète étrangère, une étoile de la mort équipée d’un méga-laser pourrait y parvenir. Des physiciens de l’université de Leicester avaient déjà calculé en 2010 combien d’énergie est nécessaire pour détruire entièrement une planète. Leur calcul se basait sur l’hypothèse que la forte attraction qui maintient un corps céleste doit d’abord être vaincue. Pour qu’une planète vole en éclats, les fragments doivent être précipités à ce que l’on appelle la vitesse de libération. Ce n’est qu’à ce moment qu’ils sont assez rapides pour échapper à l’attraction exercée par la planète.»

Voici ce que cela donnerait par exemple si la Terre était dans le viseur d’une de ces étoiles de la mort:

«Sur la surface de la Terre, cette vitesse est de 11,2 km par seconde, soit 40.320 km/h. Pour pulvériser en quelque sorte la Terre, une énergie de deux fois 1032 joules serait nécessaire, comme David Boulderstone et ses collègues le calculent dans la revue spécialisée Journal of Special Topics. Deux fois 1032 joules représente une quantité d’énergie gigantesque. Elle est presque 400 milliards de fois plus grande que les dépenses énergétiques annuelles de l’humanité. Le soleil met six jours à produire deux fois 1032 joules, il génère près de quatre fois 1026 joules par seconde.»

Compliqué et coûteux

L’équipe de scientifiques de l’université de Leicester estime toutefois qu’il est plausible que les deux premières étoiles de la mort, celles qui sont équipés d’un laser, puissent fonctionner dans la réalité. Mais elles auraient le plus grand mal à détruire de grosses planètes telles que Jupiter ou Saturne et des étoiles, infiniment plus grandes:

«Elles devraient être exposées durant des décennies au laser avant de recevoir l’énergie destructrice nécessaire.»

La planète-arme de l’épisode VII, la base Starkiller, qui fonctionne à l’énergie solaire, pourrait également être capable d’éradiquer des planètes de petite et moyenne taille, écrit Der Spiegel:

«Il est aussi plausible que cette arme, comme on peut le voir dans le film, doive être chargé durant un long moment pour disposer d’une énergie suffisante.»

Le mathématicien Stuart Armstrong, chercheur à l’université d’Oxford, considère lui aussi comme plausible les différents concepts d’étoiles de la mort, comme il l’explique sur le site internet The Conversation, mais il estime que d’autres technologies seraient plus adaptées:

«C’est bien plus efficace d’attaquer les planètes avec de grandes masses volant rapidement.»

En détournant par exemple des astéroïdes pour les précipiter sur une planète ennemie, ou en la visant avec des radiations ionisantes qui détruiraient tout le matériel électronique et toute forme de vie. Comme l’explique Stuart Armstrong, sans perdre le sens de l’humour:

«Ce serait également bien plus bon marché pour les méchants.»

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