Partager cet article

Quand l'Iran compare l'Arabie saoudite à Daech

Khamenei.ir

Khamenei.ir

Sur le site du Guide suprême iranien on trouve un dessin qui compare l'Arabie saoudite au à l'organisation terroriste.

L'exécution par l'Arabie Saoudite du cheikh Al-Nimr a suscité la colère de l'Iran. Le Monde raconte qu'au «moins deux représentations diplomatiques saoudiennes ont été attaquées, à Téhéran et Machhad» —des actes condamnés par le président, Hassan Rouhani.

«Les autorités iraniennes avaient dénoncé avec virulence l’exécution du cheikh Al-Nimr, considéré comme une figure de la contestation en Arabie saoudite. "Sans aucun doute, le sang de ce martyr versé injustement portera ses fruits et la main divine le vengera des dirigeants saoudiens", a affirmé le Guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei. Téhéran a également accusé Riyad de "soutenir" le terrorisme.»

Le Guide suprême iranien ne s'est visiblement pas arrêté là. Sur son site personnel, raconte The Independent, on peut voir une image comparant l'Arabie saoudite à Daech

À droite, un homme qui ressemble à un bourreau de Daech tient un couteau au-dessus d'un otage en combinaison orange. À gauche, «un bourreau saoudien brandit un sabre. Devant lui se trouve un prisonnier agenouillé dans une combinaison grise». Au-dessus, une question: «Des différences?»

Ali Khamenei n'est pas le seul à faire cette comparaison. Sur les réseaux sociaux, de nombreuses personnes comparent l'Arabie saoudite à l'organisation terroriste. 

Sur le site du Daily Beast, au lendemain de ces 47 exécutions, on parle d'une justice similaire à celle de Daech

Il y a quelques semaines, c'est l'écrivain Kamel Daoud, sur le site du Temps, qui avançait que l'Arabie saoudite était «un Daech qui a réussi»:

«Daech noir, Daech blanc. Le premier égorge, tue, lapide, coupe les mains, détruit le patrimoine de l’humanité, et déteste l’archéologie, la femme et l’étranger non-musulman. Le second est mieux habillé et plus propre, mais il fait la même chose. L’État islamique et l’Arabie saoudite. [...]

 

Daech a une mère: l’invasion de l’Irak. Mais il a aussi un père: l’Arabie saoudite et son industrie idéologique. Si l’intervention occidentale a donné des raisons aux désespérés dans le monde arabe, le royaume saoudien leur a donné croyances et convictions.»

Les Saoudiens se sont déjà plaint d'être comparé à l'organisation terroriste, comme nous le racontions en novembre dernier:

«Un porte-parole du ministère de l’Intérieur Mansour al-Turki déclarait à NBC en février 2015 que «Daech n'a aucun moyen légitime de décider de tuer des gens». Il avait ajouté qu’entre l’Arabie saoudite et Daech «la différence [était] claire». [...] L’Arabie saoudite est exaspérée du lien qui est fait entre elle et l’État islamique, rapporte le Washington Post. On y apprend que, pour faire taire les critiques, Riyad songerait à faire appel à la justice.»

Pas vraiment de quoi effrayer certains critiques comme Maajid Nawaz, l'auteur de l'article du Daily Beast, qui le termine par un défiant: «Allez-y, poursuivez-moi.»

Vous devez être membre de Slate+ et connecté pour pouvoir commenter.
Pour devenir membre ou vous connecter, rendez-vous sur Slate+.
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte