Une milice armée occupe un bâtiment fédéral dans l'Oregon, et prévoit d'y rester «des années»

Ammon Bundy, à Las Vega, dans le Nevada, en 2014. REUTERS/Mike Blake

Ammon Bundy, à Las Vega, dans le Nevada, en 2014. REUTERS/Mike Blake

Une manifestation s'est transformée en occupation d'un bâtiment fédéral, en ce début d'année.

C'était au départ une manifestation pacifique, avant qu'elle ne finisse en «occupation du quartier général du Malheur National Wildlife Refuge (Oregon), dans le nord-ouest des États-Unis», raconte l'agence de presse américaine AP

 

Ce samedi 2 janvier, des manifestants protestaient contre le retour en prison, de Dwight Hammond, 73 ans, et de son fils Steven Hammond, 46 ans, «après qu'un juge fédéral a estimé que les peines purgées pour incendie volontaire n'étaient pas assez longues au regard de la loi fédérale»rappelle le New York Times

Les deux hommes avaient allumé des feux en 2001 et 2006. Selon eux, c'était pour réduire l'expansion de plantes invasives et protéger leurs propriétés contre de possibles feux de forêt. Condamnés à cinq ans de prison, le père avait purgé trois mois, et le fils, un an, poursuit AP.

«Cette décision a généré une grande polémique dans une partie reculée de l'État. Ces nouvelles peines ont irrité les groupes d'extrême-droite qui rejettent l'autorité fédérale.»

Russia Today avance une autre version des faits, présentée par les manifestants:

«Les manifestants pensent que la détention des deux hommes est liée à un différend avec le gouvernement qui remonte à 1993. Depuis cette époque, la famille ne voulait pas s'acquitter de taxes revenant au gouvernement fédéral pour avoir la possibilité d’élever du bétail sur des terres que la famille avait obtenues en 1870. D’après les estimations, la dette de la famille atteindrait maintenant 300.000 dollars.»

La manifestation est allée cependant beaucoup plus loin que ce qui semblait prévu initialement. Dans une vidéo postée ensuite sur Facebook, des membres de cette milice ont appelé les patriotes du pays «à les rejoindre au refuge avec leurs armes pour rejoindre leur combat», explique Vox.

L'homme à la tête de ce mouvement est Ammon Bundy. Il a expliqué à The Oregonian qu'ils ne voulaient pas faire de mal à qui que ce soit, mais qu'ils avaient l'intention de se défendre si on venait les déloger. Ils prévoient également de rester un long moment:

«On prévoit de rester ici plusieurs années, oui. Ce n'est pas une décision que l'on a prise un peu à la dernière minute.»

 

Here it is. Please know these men will speak to people civilly. Do not go up there guns blazing. Stay safe and smart.

Posted by Sarah Dee Spurlock on Saturday, January 2, 2016

Il y aurait jusqu'à 150 personnes, selon des membres de la milice, raconte Slate.com.

Les exigences du groupe sont peu claires, estime CNN. Ammon Buddy a expliqué qu'il allait utiliser ce refuge pour accueillir des gens qui veulent aider les habitants du comté d'Harney à reprendre leurs terres et ressources, n'a pas demandé à commuer la peine des Hammond «mais indiqué que cette affaire illustre les abus des autorités».

«Il a expliqué que le refuge national de Malheur prend l'espace de 100 ranchs depuis le début du XXe siècle. "Ils continuent d'augmenter sa taille aux dépends des propriétaires de ranchs et des mineurs."»

Amon Buddy a confirmé que le groupe était bien armé, mais qu'il préférait être vu comme des citoyens inquiets que comme une milice, expliquant qu'ils n'étaient pas «des terroristes». Comme le souligne Slate, quand un journaliste du Guardian a essayé de pénétrer sur les lieux, «il en a été empêché par un homme armé d'un fusil de type AR-15, qui lui a dit que cette terre appartenait au peuple»:

«On va rester ici et profiter de la neige et de la vue.»

Impossible de savoir pour l'instant comment va se finir cette histoire. Vox rappelle qu'en 2014, un drame avait été évité dans une situation qui impliquait des personnes également présentes dans cette affaire. Mais une vidéo postée il y a quelques jours par un homme inquiète le site internet. Direct Matin indique par ailleurs que «selon certains journalistes, Ryan Bundy [le frère d'Ammon] serait prêt "à tuer et à être tué" si nécessaire pour défendre son combat contre l'État».

 

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