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Pourquoi aucun bébé ne naît dans ce paradis brésilien

Praia do Cachorro | Eduardo Muruci via Wikimedia Commons License by

Praia do Cachorro | Eduardo Muruci via Wikimedia Commons License by

Dans cet archipel, la maternité a fermé en 2004.

En apparence, Fernando de Noronha, un archipel volcanique brésilien, inscrit au patrimoine mondial, ressemble à un coin de paradis. Le seul problème, raconte la BBC, c'est qu'aucun bébé ne naît à Fernando de Noronha.

Pas d'explication surnaturelle ici, la seule raison à cette anomalie est la fermeture de la dernière maternité de l'archipel, en 2004. Depuis, les femmes doivent se rendre à Recife, sur le continent, à 545 kilomètres de là pour accoucher dans une maternité.

«C'était un des services de l'hôpital San Lucas, et les autorités ont décidé de le fermer après avoir estimé que l'infrastructure coûtait trop cher pour les 40 accouchements, en moyenne, qui avaient lieu chaque année sur l'île principale de l'archipel, la seule à être habitée. Les habitants se sont indignés de cette mesure et certains se plaignent de cette "violation au droit de naître".»

Tout cela est le sujet d'un documentaire «Personne ne naît au paradis», du Brésilien Alan Schvarsberg. 

 

El Observador explique qu'une fois arrivées à leur 34e semaine, les femmes sont prises en charge par la Coordinacion de Salud et se rendent à Recife, en compagnie de leurs proches. Reste que ces moments sont difficiles à vivre, détaille la BBC:

«Toutes les femmes auxquelles a parlé notre journaliste ont évoqué le coût émotionnel d'être séparé de leur famille lors de la dernière phase de leur grossesse, le tout avec peu d'argent et sans option de loisirs.»

Alors pourquoi ne pas rouvrir la maternité? Au fond, l'état paie les billets d'avion et les chambres des femmes qui doivent accoucher, une fois arrivées à Recife:

«"Pour fonctionner, un service maternité a besoin d'une structure. Et nous n'avons que 40 accouchements par an. C'est impossible de maintenir la structure, et il n'y a pas assez de personnel", explique Fátima Souza, la coordinatrice de santé de l'île. Elle explique qu'il aurait manqué au moins 38.000 dollars par mois pour conserver le service. Selon leurs données, l'administration a dépensé 19.000 dollars en billets d'avion.»

Pour le réalisateur du documentaire, c'est un véritable problème que les femmes ne puissent pas accoucher sur l'archipel:

«Selon moi, c'est une forme d'extermination de la population locale très perverse. Les femmes peuvent dire que leurs enfants sont nés à Fernando de Noronha, (même s'ils sont nés à Recife), mais la grossesse s'est transformée en quelque chose de très traumatisant. Petit à petit, de moins en mois de femmes souhaitent tomber enceinte.»

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